‹ Victor Hugo, le poèteChapitre 37 sur 84 · Les Contemplations, V · texte numérisé non relu

Les Contemplations, V

et puissants. Les mémes qualités, cependant avec un ton d’éloquence descriptive, se retrouvent

dans la piéce dont le titre : Unité, rend bien la pensée profonde, mais qu’on pourrait aussi appeler fable et intituler : Le soleil et la pdquerette :

Par-dessus Vhorizon aux collines brunies, °

; Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,

Se penchait sur la terre 4 l’heure du couchant;

| Une humble marguerite, éclose au bord d’un champ, Sur un mur gris, croulant parmi l’avoine folle,

Blanche, épanouissait sa candide auréole;

Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,

Regardait fixement, dans l’éternel azur,

Le grand astre épanchant sa lumiére immortelle.

: Et moi, j’ai des rayons aussi! lui disait-elle 1.

Il y a dans les poésies légeres de Victor Hugo, — légéres et quelquefois vraiment tres légeres, — un certain nombre de pieces courtes, et d’un dessin clair et net, ou la perfection du genre anthologique est atteinte. D’autres, plus longues, surtout dans les Chansons des rues et des bois, ou la liberté de imagination et les jeux de la rime se donnent carriére, arrivent, malgré de trop longs fe pements, a des effets. originaux, charmants ou amusants, qui n’ont rien 4 craindre de la critique. Je ne parle plus ici de ce qui est moins bien trouvé, ou d’une inspiration déréglée

Page 1