Les Cortemplations, VI, 19 : Voyage de nuit
ot le poéte oppose a Pentrainement des combats son oisive réverie :
Tout me fait songer, lair, les prés, Jes monts, les bois....
et apres l’énumération : /’aime, jaime....
Jaime ces chariots lourds et noirs, qui, la nuit, Passant devant le seuil des fermes avec bruit, Font aboyer les chiens dans l’ombre.
Un trait analogue, avec une opposition mieux faite pour s’adapter au gotit général, nous frappe beaucoup moins, quand le poéte, apres avoir peit les épouvantements d’une forét pleine de monstres, passe brusquement a un effet prémédité, plus vulgaire :
Eh bien! seul et nu sur la mousse, Dans ce bois-la je serais mieux Que devant Nourmahal la Rousse, Qui parle avec une voix douce,
Et regarde avec de doux yeux 1.
C’est cependant toujours le méme procédé, et effet prend un caractére sublime, en d’autres cas, selon la nature des idées évoquées. Apres Yénumération des présents fantastiques offerts & Yimagination de lorphelin mélancolique, assis sur les ruines de Chio :
Ami, dit ’enfant grec, dit ’enfant aux yeux bleus, Je veux de la poudre et des balles;