Les quatre vents de Vesprit, III
L’horizon a Ventour n’est qu’une solitude;
L’hiver est éternel sur ce faite apre et rude,
Et j’y trouve, 6 Seigneur, des traces de pieds nus, Qui prouvent qu’avant moi d’autres y sont venus. On y voit des carcans et des fers, comme au bagne. J’étais en bas, les yeux fixés sur la montagne.
Deux étres ont passé pendant que j’étais 1a;
Et leurs regards brillaient, si bien qu’il me sembla Que ces deux inconnus, rayonnant sous leurs voiles, Pour en faire leurs yeux avaient pris des étoiles. Lun avait Vair candide et l’autre lair altier.
Ils marchaient tous les deux dans le méme sentier; Et ’un murmurait : Crois, et l’autre disait : Pense. Et sur le front de Pun on lisait : Conscience,
Et sur le front de l’autre on lisait : Vériteé.
Moi, je les regardais, ému de leur beaute.
Alors ces deux passants séyéres m’ont fait signe De me lever; c’était l’aigle a cété du cygne;
Et je les ai suivis, et ce sont eux qui m’ont Conduit et laissé seul sur le haut de ce mont.
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a aes