William Shakespeare, 2° partie, I
an
bannie d’entre les dons du poete, le jugement sur Veeuvre interdit? Et encore ne suffit-il pas qu’on s’abstienne de juger : « Quant & moi qui parle ici, conclut Victor Hugo, j’admire tout comme une brute. C’est pourquoi j’ai écrit ce livre. Admirer. Etre enthousiaste. Il m’a paru que, dans notre siecle, cet exemple de bétise était bon a donner *. » Mais ils avaient pris déja les devants, ceux qui réclamaient pour le quinziéme génie Vadmiration béte de celui-ci pour le guatorziéme. Les gens spirituels, privés d’enthousiasme — et non pas les plus mal disposés d’entre eux, — reportaient la bétise de l’admirateur sur l’admiré, et disaient de Hugo : « Il est béte comme |’Himalaya », ou bien: « Il a trop de génie pour avoir du talent. » Tous ces jugements sont également déraisonnables; ils naissent de la passion d’élever ou d’abaisser des idoles littéraires, et de ce gout simpliste qui prétend qualifier esthétiquement, par un terme unique, l’artiste admirable en ce quil a produit de sublime et de beau, et pitoyable dans les absurdités qui l’ont séduit.
Mettons maintenant, en regard de l’admiration fanatique et sans choix, la justesse et la profondeur de l’admiration motivée. Victor Hugo a dit