William Shakespeare, 2° partie, II, 4et
sent en réelle profondeur la portée d’esprit de la plupart des lecteurs, ou qu’il ne soit que trop facile & tous de les ridiculiser, aucun n’a contribué au mauvais accueil qui fut fait a cet ouvrage (1864), et & Vopinion presque méprisante qui en est restée, que le ton d’enthousiasme et d’extréme illusion, avec des formes déclamatoires, d'une sorte de philosophie utopique de histoire que Tauteur y professe. Il en met le principe dans Vaction exercée sur l’humanité par les génies, — spécialement les génies poétiques ; —il ne réfléchit pas au caractere plutét esthétique que moral, et généralement tres peu populaire, des grandes ceuvres littéraires; de la sicnne propre autant ou plus gue d’aucune autre; il confond instruction et moralisation; il loue la « canaille », quwil appelle faussement le « commencement douloureux du peuple » et la « victime des ténebres »; il demande que l’on constrwise le peuple, qu’on Je « construise dans la lumiere », « par le progres », « par la littérature, qui sécréte la civilisation ». « Versez, dit-il, dans l’4me humaine, versez tous les esprits depuis KEsope jusqu’a Moliére , toutes les intelligences depuis Platon jusqu’a Newton, toutes les encyclopédies depuis Aristote jusqu’a Voltaire. Dela sorte, en guérissant la maladie momentanée, vous établires a
jamais la santé de Vesprit humain. Vous guérirez la bourgeoisie et vous fonderez le peuple...
« Quel but! faire le peuple! Les principes combinés avec la science, toute la quantité possible @’absolu introduite par degrés dans le fait, ’wtopie traitée successivement par tous les modes de réalisation, par l'économie politique, parla philosophie, par la physique, par la chimie, par la dynamique, par la logique, par l'art; Vunion remplagant peu & peu l’anlagonisme et l’unité remplacant Punion; pour religion Dieu, pour prétre le pere, pour priére la vertu, pour champ la terre, pour langue le Verbe, pour loi le droit, pour moteur le devoir, pour hygiene le travail, pour économie la paix, pour canevas la vie, pour but le progres, pour autorilé la liberté, pour peuple homme, telle est la simplification.
« Et au sommet lidéal. — L’idéal, type immobile du progrés marchant '. »
Le siécle qui a inspiré ces incommensurables bétises, — car le poete ne les a pas trouvées tout seul, — ne devrait pas enrire; il en a, cinquante ans durant, produit et applaudi les équivalents ; mais il est tout surpris et choqué, lorsqu’aprés s’y étre habitué comme & une monnaie courante,