‹ Victor Hugo, le poèteChapitre 68 sur 84 · Consolation a du Perrier · texte numérisé non relu

Consolation a du Perrier

un relief suffisant 4 marquer un rythme. Cet effet de laccentuation, et non point les repos proprement dits de la voix, ou les suspensions du sens, ainsi qu’on le disait, est ce qui donne a la mesure de stz syllabes le caractére auquel on peut reconnaitre wn hémistiche. Seulement, la condition est tellement facile & remplir, qu’elle se trouve l’étre dans la prose la plus unie, & tous moments; et d’autre part il se rencontre, dans les vers, tels hémistiches qui ne se peuvent éviter, dans lesquels il entre trop de syllabes sans accent fort (quelquefois cing, la sixieme seule en ayant un) pour que le sentiment du nombre ressorte de la récitation, sice n’est au moyen d'un certain appui de la voix, ou accentuation factice, apte & introduire une division dans le nombre que Joreille ne saurait saisir en bloc. Cette division est naturellement celle de six en trois et trois, ou deuax et quatre, ou quatre et deux, ou enfin wn et cing ou cing et un. Mais, dans ces deux derniers cas, il nest pas douteux que le nombre cing, pour devenir appréciable a J’oreille, exige Juieméme une décomposition plus ou moins inconsciente qui se fait par trots et deux, ou deux et trois, et qui doit étre autant que possible facililée par des accents toniques quoique sans valeur rythmique bien accusée.

Troisitmement, si l’on considére le fait, et si on se livre au moindre examen de la nature du vers alexandrin, chez Ronsard et chez tous ceux de son école, chez Régnier et Malherbe, chez Boileau, Racine, La Fontaine, Molitre, Voltaire, on verra de suite que la division quaternaire de ce vers est, dans la majorité des cas, tout aussi saillante que la division binaire qui en est le composé, et que cst a elle qu’est du tout ce quwil peut admettre de cadences variées chez ces poetes.

Les auteurs de traités de prosodie, venus tardivement, qui ont consenti a s’occuper de l’accent dans le vers francais, n'ont pu que simplement constater ce fait de la division quaternaire, et noter ce quelle exige (comme si la régle avait précédé Vusage), et aussi ce qu'elle laisse libre, quand ils ont dit que le vers alexandrin avait deux accents nécessaires, celui de Vhémistiche et celui de la rime, et deux autres dont la place varie. Vouloir ensuite, comme l'un de ces auteurs, que ce vers ne puisse avoir ni plus de quatre accents, ni deux qui se suivent immédiatement *, cest légiférer fort arbitrairement et condamner des vers sans nombre de tous les poetes classiques, particuliérement dans la poésie dramatique, et partout

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