‹ Victor Hugo, le poèteChapitre 73 sur 84 · wes quatre vents de Vesprit, I · texte numérisé non relu

wes quatre vents de Vesprit, I

nombre. Et la cadence cachée signific la méme chose : c’est-a-dire l’absence de toute forme nombreuse et périodique de la phrase, quoique chaque phrase se marque nécessairement par quelque cadence qui la distingue de celle qui la suit, et la rend plus ou moins vive ef tranchante, d’accord avec le sens.

La forme de poésie la plus opposée a la prose, sous le rapport de la cadence, est un genre de strophe, le plus beau de tous, et qui avait déja fourni 4 Malherbe des effets auxquels on peut eroire qu ila di une grande part de sa réputation. Nous voulons parler de cette allernance réguliére, avec des rimes croisées, d'un ou de plusieurs grands vers avec un yers de six ou de huit syllabes, ce dernier formant une chute attendue ou le mouvement de la parole et celui de la pensée s'unissent et s’arrétent sur une image. C'est a celte strophe, et non a telles autres de celles que le dilettantisme des povtes de la pléiade-a pu singénier 4 créer ef a varier, que Victor Hugo pensait, et c’est d’elle qu'il exprimait le caracitre en beaux vers enthousiastes dans les Fewziles @automne :

., Sima téte, fournaise ot mon esprit s’allume,

; Jette le vers d’airain qui bouillonne et qui fume Dans le rythme profond, moule mystérieux D’oul sort la strophe ouvrant ses ailes dans les ciecuxs

286 VICTOR HUGO C'est que amour, la tombe, et la gloire, et la vie, L’onde qui fuit, par Ponde incessamment suivie

Tout souffle, tout rayon ou propice ou fatal,

Fait reluire et vibrer mon dme de cristal,

Mon ame aux mille voix, que le Dieu que j’adore Mit au centre de tout comme un écho sonore t.

Le vers d’airain est le vers d’un seul jet, dont le rythme intéricur n’admet aucune forte césure; et lastrophe qui sort du moule et prend son vol est le produit de ces élans et de ces retombées des grands et des petits vers entre lesquels se placent les plus forts accents, Il y a la un effet continu et régulier qui fait éclaler périodiquement une image, et se préte & symboliser la force ou le sublime. La versification tout unie ne permet rien de semblable qu’au moyen des rejets, mais alors accidentels, auxquels ne se joint pas Veffet de la répétition et de l’attente, et qui deviendraient fatigants sjils étaient & la fois fréquents et irrégulierement distribués. Aussi, tandis que Victor Hugo a tendu de bonne heure, au moins en dehors des Chansons ou de ce qui y ressemble, 4 abandonner la recherche des strophes variées ou compliquées, et des rythmes nouveaux obtenus par la combinaison de vers de différentes mesures, ila continué a témoigner sa prédilection pour des strophes de la forme de celles dont nous parlons, jusque dans

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