‹ Victor Hugo, le poèteChapitre 80 sur 84 · L’Ane, p · texte numérisé non relu

L’Ane, p

comparant a l’idée trop haute qu'il a prise de lui-méme, en négligeant chez lui le génie, qui est absolument hors de pair en un point, et les grandes pensées dont la méditation, méme ignorante, a pu lenfler si extraordinairement. Méme dans le cas ot: il serait vrai de dire que le plan de sa vie a consisté & poser successivement, en chaque chose, pour le premier de son siécle, il resterait encore 4 trouver le fondement psychologique de son ambition, en vérité peu commune, a définir son titre de supériorité, & le voir ot | il faut, et & se rendre compte de son illusion | comme penseur. Or ce titre est assez visible dans le don merveilleux et d’imagination et de poésie formelle en quoi nulle comparaison avec lui n’est permise depuis que s’écrit en langage francais la parole rythmée. Quant a son illusion on peut dire qu’elle a été favorisée par le ‘manque de toute haute philosophie en France dans le siécle de Victor Hugo, particulierement a Vépoque ot son ame se forma. Tout ce qui, a dater de ce moment, lui vint 4 lesprit d’idées générales sur l'homme, la destinée et le bien, il tle crut sorti de son propre fond, et cela était resque vrai, tant il était peu instruit des pensées de V’antiquité et des grands philosophes. Ajous que le cercle intime de purs lillérateurs ou

artistes, et en tout temps, de flatteurs, qui a été le sien, était composé d’hommes d’une telle ignorance et d’une telle frivolité, que Victor Hugo dut croire & sa propre supériorité immense, lui qui roulait dans sa téte tant de pensées profondes et méditait incessamment sur la destinée! De la cet orgueil qu'il étalait parfois d’une fagon tres naive.

Il était orgueilleux, il croyait sincerement quil était un de ces étres providentiels dont il a parlé, qui ont mission de conduire et d’éduquer les peuples. Son ignorance, d’autre part, qui était grande, suffit & expliquer les enchantements de sa pensée. Mais si ce sont la des défauts, ils ne doivent pas nous laisser perdre de vue les qualités du poete, si nombreuses, si éclatantes. I] faut passer condamnation et regarder d'un autre cété, vers les grandeurs.

Il faut se dire encore que sans lignorance, peut-étre, et sans la parfaite spontanéité, cette forte et libre imagination qui a produit un poete mythologue tel que le monde n’en avait vu depuis des siécles, aurait été génée dans son élan, et songer que la poésie n’est point la logique, n’est. point la raison et leur est méme contraire en ses procédés.

Le procédé intellectuel dont dépend Ja production de Vidée poétique, et la formation de la

‘phrase qui exprime celte idée sont deux points, essentiels l'un et l'autre 4 esprit de ’homme naturel, mais qui, tous deux aussi, sont condamnés a perdre leur liberté et & ne se déployer que sous une sévere surveillance, chez ’homme de réflexion étudiée qui a recu l’entitre éducation de la raison. Ce procédé intellectuel est l’association des idées par pures images (ressemblance contiguilé de licu ou de temps, contraste), sous Vempire de limpression présente, ou de la mémoire, ou de lhabitude, et indépendamment des liaisons que peut admettre ou rejeter un jugement fondé sur les régles de l’entendement et sur l’expérience. Or la poésie, celle qui partout est la mieux nommée, non seulement suit cette méthode irrationnelle, ou, si elle en prend une autre pour guide au fond, a soin d’en effacer les traces et de n’en laisser rien paraitre; mais encore aux associations communes elle en ajoute qui lui sont particulitres, et de plus en plus étrangtres a toute connexion rationnelle, et qui -prennent pour elle une importance de premier ordre: ce sont celles qui dépendent du nombre, du rythme, de l’accent, de la quantité, de Ja rime, des uns.ou des autres de ces éléments de la parole, selon la forme adoptée en chaque langue. Et ‘mous avons vu que la révolution poétique dont

Victor Hugo a été chez nous Vauteur a pour premier caractére une substitution trés prononcée de image au jugement raisonné, et des associations par le mot et la rime @ celles qui naissent du plan du discours et des fins de la pensée. Le fil conducteur des vers étant ainsi choisi, la force et l’éclat des mots et l’énergie des images, principalement par contraste (l’antithése), sont les moyens d’expression du sentiment que Vobjet du pote est de susciter dans lame. Seul, le sentiment posstde une fonction directrice capable de subordonner, en un tel mode de poésie, et de faire converger vers un but les produits de limagination qui prend son essor d’image en image. Quant & la formation de la phrase, second point que nous considérons dans Vesprit de Uhomme naturel, avant la réflexion étudiée et la raison exercée, elle ne difftre pas essentiellement, pour la composition poétique, de ce quelle est dans le plus simple jugement et dans les propositions de tous genre. La comme ici, & peine

davantage, la substantiation du sujet gramma-—

tical est la cheville ouvrivre des relations diverses que la phrase essaie de peindre. Le sujet figure quelque chose de fixe, ou comme donné et existant par soi-méme, a quois’attachent toutes sortes de qualités variables, que l'emploi du verbe actif

transitif éléve jusqu’aux attributs d’un étre vivant; car l’étre vivant seul est capable de vouloir, et il n’y a que la volonté quiréponde a une idée claire de laction que le langage préte aux objets naturels, selon que les modifications des uns se présentent comme les antécédents constants de certaines modifications déterminées des autres. Mais la poésie se plait spécialement 4 ces personnifications; pour elle, celte condition du langage devient le jeu favori de imagination, et de la son étroite affinité avec la mythologie des vieilles religions, qui personnifiaient pour les diviniser les éléments, les forces naturelles, les vertus et les vices.

Le don de poésie est done celui de l’esprit a Vétat naturel, avant la culture; il ne faut pas dire avant la raison, ou du moins il faut alors dissiper une équivoque a laquelle ce mot razson est sujet. Ce mot désigne, en effet, la fonction généralisatrice qui érige en concepts les idées et les ordonne en extension et compréhension, de manitre & tirer des conclusions. L’opération par laquelle se forment ainsi dans l’esprit des classes d’objets, et s’instituent des noms de genre, bien ou mal trouvés, et se font des inférences, des raisonnements qui n’ont pas besoin d’étre énoncés et formulés pour étre bien réels, cette opération caractéristique de homme Jui appartient des le

bas age et dans son état social le plus rudimentaire. La raison qui ne lui vient qu’avec les années, comme individu, et avec la culture, autant que la société lui transmet par l’éducation un acquis collectif, c'est celle qui soumet au contréle de l’expérience et aux conditions d’une coordination logique de leur ensemble, les liaisons didées venues de lVimagination et de la mémoire, enracinées par l’habitude. Il y a antagonisme entre la poésie et la raison prise en ce dernier sens. On pourrait croire d’aprés cela que la question, qui a été souvent soulevée, du mérite de la poésie, et de son avenir dans une société progressive ou s’accroit empire de la raison, doit étre résolue en faveur du savant et du philosophe méthodique et rationnel, contre le povte. Mais le cas n’est pas si simple.

L’émotion désintéressée et le yew, non la démonstration et la contemplation des faits comme réels, sont le but de la poésie. Or l’émotion ne se joint pas & une liaison didées méthodique, logique, démonstrative, non plus qu’elle ne fait aux réalités elles-mémes, & moins que ce ne soit cette émotion sérieuse qui est relative aux intéréts de la vie, aux affections et aux passions qui troublent les personnes et ne sauraient des lors étre matitre d’art pour elles. Les liaisons didées

spontanées, au contraire, celles quine suscitent que des faits d’imagination, avec des sentiments d’une application fictive, sont seules capables de produire le sentiment du beau et l’espece d’émotion 4 laquelle vise l’art. Celles-la, quand le poete les manie, peuvent s’écarter dans une trés forte mesure et de l’expérience et de la logique, pourvu que le jew s’y sente toujours, c’est-a-dire que le lecteur ou spectateur de l’ceuvre ne soit pas mis par le poete lui-rméme en situation de s’attendre & des vérités de l’ordre de son milieu et de ses habitudes d’esprit. C’est dire que tout le passé des conceptions humaines, religions, mythes, métamorphoses, et les plus étranges images qui procédent de cette méthode, entrent de plein droit dans le domaine poétique, et doivent y étre jugés aleur place par toute critique assez large, assez élevée pour ne répudier aucun des instruments de l’émotion propre de l'art, et ne vouloir pas renfermer tous les mouvements de [esprit dans les limites de Vobservation et du raisonnement, ou de ce qu’au temps présent on entend par le bon sens.

Seulement il faut bien avouer que le poéte le plus merveilleusement doué de ces dons irrationnels, et du génie de la personnification qui en est le trait le plus saillant, ce pote, si surtout

les accidents de son éducation joints 4 lexclusivisme de ses gotits lont condamné a rester étranger a la culture scientifique et philosophique de son siecle, n’est point celui sur lequel il faudra compter ni pour produire une ceuvre véritablement populaire, a la portée de tous, ni pour instruire et moraliser les masses autant que le peut faire la création du beau quand elle reste en tout conforme aux idées régnantes, aux sentiments dominants, et ne demande point aux imaginations un exercice hors de la portée du commun. Il est vrai que toute la poésie. et presque tout Vart moderne sont, a cet égard, placés dans des conditions singulierement moins favorables que Vétaient art et la poésie de la belle antiquité © classique, puisqu il n’est pas donné 4 l’artiste de nos jours de mettre en ceuvre une matitre de croyances, ou tout au moins de traditions encore vivantes, comme étaient celles de la Gréce au temps des guerres médiques ‘. La séparation sociale des classes cultivées et de la masse du peuple industriel et agricole est & peu pres com-

4. On se souvient que Victor Hugo crut un moment, c’était vers 1824, a la possibilité de retrouver, grace au retour de la société aux temps passés, dont on se flattait autour de lui, une source de poésie religieuse et nationale qui n’avait d’ailleurs que bien pauvrement coulé pendant le moyen age. (Voir la premitre préface des Odes ef Ballades.)

plete, et Vartiste ne travaille que pour les premieres. C’est une vérité qu'il est vain de se dissimuler. Mais tout en s’avouant cet obstacle a léducation populaire par Tart, et ne considérant Vinfluence de la poésie que 1a ot elle est effective, on doit admettre qu’& une époque telle que la notre, tres échauffée par imagination, sans doute, et tres lancée 4 la poursuite des émotions, mais utilitaire et positive en toutes ses méthodes, la raison publique n’ayait nul profit 4 tirer d'une poésie a grandes images, a personnifications continuelles et & métamorphoses, qui demande ses effets a des fictions étranges, et prétend tirer Vémotion d'un idéal en bien ou en mal dont le spectacle cause a l’esprit de froids étonnements. Cest pour cela que le « réalisme » a été la forme de la réaction contre le « romantisme », a la suite d’un petit effort manqué, auquel le génie a fait défaut pour fonder une école du « bon sens ». La littérature de 1830 était frappée d’un certain cachet d’égarement, c’est incontestable; les bons esprits d’alors et les vieux républicains de 1832 ont protesté contre elle. La littérature du temps présent, réellement forte en plus d’un point, pousse ses tableaux au noir systématiquement, vise, en le laissant trop voir, au psychologique, et manque de la sérénité qui convient

au grand art. L’ceuvre de la maturité et de la vieillesse de Victor Hugo, qui couvre de son éclat tout Vintervalle de ces deux phases littéraires, n’a pas, si l'on excepte l’aclion considérable mais toute spéciale du livre des Chdtiments, exercé sur la nation la haute influence moralisatrice que le poele prétendait; elle n’a pas non plus obtenu tout le succes que sa puissance et son originalité réclament devant la postérité. Enfin, il faut bien le dire, une des grandes raisons de la renommée populaire de Victor Hugo, autre part que chez les lecteurs de ses poemes et de ses romans, est encore moins & chercher dans sa superbe attitude vis-a-vis de usurpation impériale que dans sa tendresse pour l’utopie et son systeme de flagorneries a l’adresse du peuple et de la ville de Paris. Tout bien examiné, et sans rien diminuer de la gloire supérieure du poéete, on est obligé de reconnaitre qu’il n’a nullement rempli aupres de notre peuple la fonction éducatrice de la raison qui, chez la nation allemande, peut, semble-t-il, étre justement reconnue a un homme tel que Goethe, dont le grand art serein est accompagné de réflexion et de savoir dans un esprit éminemment pondéré *.

4. Il n’avait pourtant pas, quoi qu’on ait voulu dire, la téte correctement scientifique; sa « théorie des couleurs » en est

C’est la seconde fois qu’il nait en France, a deux sivcles d'intervalle (1606 et 1802) un poate aux dons éminemment mythologiques, porté aux grandissements, a I’énorme aussi bien qu’au sublime, et aux fictions sans vraisemblance, et ne reculant pas devant l’absurde pour atteindre plus strement des effets de passion ou d’émotion intenses, que, pour cette raison méme, il lui arrive de manquer. C’est & Corneille que nous faisons allusion ici. Mais pas plus une fois que Vautre lVesprit francais n’a suivi, en littérature, Vimpulsion ainsi donnée par un génie au vol extraordinaire. Certes la différence est grande entre le caracttre esthétique, net et franc, de la période littéraire illustrée par Racine et Moliére, et qui fut si fortement marquée du génie de la raison et de la regle, et la marche incohérente et désordonnée de l’ceuvre poétique de la période actuelle (vers, thédtre et romans); mais la premitre fut certainement une réaction contre l’esprit cornélien, et, dans la seconde, en dépit de Vadmiration que tout véritable artiste éprouve pour le puissant génie de [fugo, nous voyons dominer des inspirations et des manitres de sentir opposées aux siennes. Victor Hugo occu-

la preuve, et les idées & prétention de profondeur de son Faust sont d’une philosophie bien confuse.

‘et

pera, comme Corneille, dans histoire de notre littérature, la place d’une éclatante coméete, et non celle dun astre aux mouyements réglés, liés a ceux de tout un systeme de corps. Mais ou nous nous trompons bien, ou la gloire la plus grande appartiendra au povte créateur de rythmes nouveaux, 2 celui dont Vceuvre, si variée dans la forme et dans le fond, offre des parties ou ce qu'il peut étre donné a V’arliste de lettres d’atteindre de parfait dans l’expression du gracieux et du beau non moins que du sublime est atteint.

On a souvent remarqué l’analogie du vice cornélien, dans la rhétorique du langage, et du vice hugotique, comme aussi la tendance commune au sublime, chez les deux poetes; mais on n’a peut-étre pas assez spécifié la comparaison sur deux points, quisont l'imagination mythologique, la personnification & outrance, et une certaine complaisance pour l'invraisemblable et l’absurde On ne lit guere de Corneille que cing ou six pisces, on n’affronte pas le profond ennui des autres, surtout de plusieurs de celles dont il a pris le sujet en Orient ou dans le Bas-Empire, afin d'y pouvoir mieux accumuler les complications d’intrigue et les énormités de passion et de langage. On se croit done & peu pres quitte des reproches a faire au style de ce grand clas-

sique, quand on a passé condamnation sur tels ou tels passages « de mauvais gout », comme celui-ci, dans le Cid méme :

Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau, La moitié de ma vie a mis l’autre au tombeau, Et m’oblige 4 venger, aprés ce coup funeste, Celle que je n’ai plus sur celle qui me reste.

Ce sont la des figures dont le monologue de Charles-Quint n’atteint pas tout a fait le ridicule, en ce passage éminemment cornélien :

Charlemagne est ici! comment, sépulcre sombre, Peux-tu sans éclater contenir si grande ombre? Es-tu bien la, géant d’un monde créateur,

Et t’y peux-tu coucher de toute ta hauteur?

Les plus belles tragédies de Corneille abondent, cela est assez connu, en mauvaises images et en idées peu sensées, sans parler de l’obscurité des phrases et de l’entortillement des pensées, qui va souvent jusqu’a les rendre au premier abord insaisissables. En outre, une grande partie des pieces qu'on a l’habitude de passer au compte de la vieillesse de lauteur, et qui sont réellement de sa maturité, pechent par la conception et non pas seulement par le style: l’intrigue et les caractéres y sont poussés a l’extréme complication et a la violence. Mais si l’on veut prendre une idée juste

de ce que le génie de ce poete était naturellement, avant que son initiation a la littérature espagnole, et puis le choix heureux de quelques sujets empruntés a I’histoire romaine eussent fourni, pour un temps, une heureuse matiére a son culte de prédilection pour les sentiments héroiques, il faut lire sa premiere tragédie, Clitandre, écrite cing ans avant le Czd. Combien la fable et les péripéties en sont absurdes ou ridicules, laissons le lecteur qui ne l’aurait pas lue s’en assurer luiméme; mais un échantillon de style sera a sa place ici pour confirmer ce que nous avons remarqué de la tendance commune aux plus élranges personnifications chez les deux poétes qu'on a fant de raison de comparer.

La scéne est rare : c’est Dorise, ’héroine, qui vient, armée de son aiguille de téte, de crever un ceil & Pymante, amant insolent qui tentait de lui faire violence. Le héros éborgné, laissé & sa douleur, se livre & un monologue de soixante-dix vers, rempli de prosopopées variées, & son sang, & ses sens, a sa rage, a laiguille, a la nature, aux destins, etc., le tout avec nombre de traits de faux esprit, et, a la fin, ’accompagnement mélodramatique de la tempéte, du tonnerre et des éclairs :

La tigresse m’échappe, et telle qu’un éclair En me frappant les yeux elle se perd en V’air;

Ou plutét, l'un perdu, Vautre m’est inutile,

L’un s’offusque du sang qui de l’autre distille.

Coule, coule, mon sang, en de si grands malheurs

Tu dois avec raison me tenir lieu de pleurs...

263008 0 OSes Destins, si votre envie,

Si votre haine encor s’obstine 4 mes tourments,

Jusqu’a me réserver a d’autres chaliments,

Faites que je mérite, en trouvant l’inhumaine,

Par un nouveau forfait une nouvelle peine,

Et ne me traitez pas avec tant de rigueur

Que mon feu ni mon fer ne touche point son cceur... (Une tempéte survient.)

Mes menaces déja font trembler tout le monde,

Le vent fuit d’épouvante et le tonnerre en gronde,

L’eil du ciel s’en retire, et par un voile noir,

N’y pouvant résister, se défend d’en rien voir;

Cent nuages épais, se distillant en larmes,

A force de pilié veulent m’éter les armes;

La Nature étonnée embrasse mon courroux,

Et veut m’offrir Dorise ou devancer mes coups;

Tout est de mon parti, le ciel méme n’envoie

Tant d’éclairs redoublés qu’afin que je la voie...

Destins, soyez enfin de mon intelligence,

Et vengez mon affront, ou souffrez ma vengeance 1.

A lexception de la facture des vers, qui sont

d'une fiere tournure classique, et aussi bons qu'il y en ait dans Horace ou dans Polyeucte, il serait difficile de trouver un couplet & tous égards plus mauvais que celui-la, dans une piece de théatre; mais il n’en est pas non plus de meilleur pour servir de spécimen a la rhétorique des personnifications, poussée méme jusqu’aux mythes et aux métamorphoses, puisque les éléments y sont mis

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