‹ Victor HugoChapitre 13 sur 27 · M. Francisque Sarcey · texte numérisé non relu

M. Francisque Sarcey

nier jour, son génie n'a fait que se développer de la façon la plus logique et la plus rigoureuse.

Encore ne faut-il pas considérer ce génie comme un principe transcendant, une essence simple et irréductible, dont l'étude serait du ressort d'une espèce de psychologie métaphysique. Toute personnalité, littéraire ou non, est une idée générale, une formule synthétique qui ne peut se définir que par la décomposition de ses divers éléments : le « génie de V. Hugo », c'est l'ensemble des origines et des conditions de la faculté créatrice, très complexe, qu'il a portée dans le domaine de l'imagination poétique, et un tel ensemble ne répugne point à l'analyse.

L'application de cette méthode à la critique littéraire n'a rien de paradoxal, et Sainte-Beuve l'a amplement justifiée. Elle a sans doute quelque chose de mécanique qui paraît plutôt convenir aux procédés de la science qu'à ceux de l'esthétique : les délicats trouveront que c'est « matérialiser » le génie que de le traiter comme une résultante de causes déterminées. Mais c'est apparemment le seul moyen de sortir du mystère : la poésie n'est en somme que l'expression des états d'âme du poète, et le secret de l'œuvre ne peut être cherché ailleurs que dans les sources profondes d'où dérive le caractère original de l'écrivain.

M. Taine a exprimé un jour le regret que les peintres, les poètes, les romanciers ne trouvent pas plus souvent un ami psychologue pour les observer

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