Journal des Goncourl (t. II, p. 14, année 18G
expressions, va nous permettre d'analyser le sens particulier qu'elle révèle. « S'il y a quelques objets dont le poète tire plus souvent ou plus volontiers ses métaphores ou ses comparaisons, s'il y en a quelques-uns qui semblent s'attirer ou s'appeler l'un l'autre dans ses vers, il sera permis de les compter, et de la fréquence de certaines images on pourra conclure à la nature même de son imagination ' . » Ajoutons qu'à cette nomenclature devrait succéder un travail plus délicat : toutes les métaphores n'ont pas la même valeur dans l'œuvre de V. Hugo; certaines sont conventionnelles et vides d'impression, d'autres sont amenées par des associations de mots et des analogies morales. Il faudrait les ouvrir toutes, pour voir ce qu'elles récèlent de sensation vraie, évoquée directement ou par allusion. Mais une étude de ce genre, systématiquement conduite et poussée jusqu'au détail, serait infinie; on doit se borner ici à résumer les caractères distinctifs des objets qui mettent le plus souvent en branle l'appareil optique et cérébral du poète, au temps de la pleine maturité de son génie. L'œil de V. Hugo ne s'émeut que des formes précises, définies, détachées, qui s'accusent par des oppositions de plans et de clartés. M. Paul Bourget assure que l'idée de « relief » est le dernier élément que l'analyse découvre au fond de la sensibilité comme de l'intelligence du Maître. Complétons la