‹ Victor HugoChapitre 2 sur 30 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

sa formation. Nous avons tenu à voir tout ce qu'il écrivit à celte époque : essais précoces, articles de critique, odes, romans, lettres, nous avons tout fouillé, nous osons le dire, tout analysé. Grâce à M. Gustave Simon, qui, par sa bienveillance libérale, nous a rendu de grands services, nous avons pu voir la plupart des manuscrits des odes, connaître les variantes inédites dont il a enrichi l'édition des Odes et Ballades de l'Imprimerie Nationale. Victor Hugo, on le sait, a très souvent remanié ses vers ; c'est en consultant les textes primitifs, en les confrontant avec les réimpressions successives, que l'on peut se rendre un compte exact des variations de sa pensée. De ce labeur pénible nous avons été amplement récompensé. Nous avons pu aussi reconstituer des articles de critique qu'il n'a pas réédités, en trouver quelques-uns dont le souvenir était perdu. De telles recherches permettent seules de constater à travers cette œuvre variée les résultats de l'éducation intellectuelle et morale de Victor Hugo.

Notre attention s'est portée avant tout sur ce qui avait rapport à l'état de ses idées religieuses. Ses parents lui en ont-ils légué ? En avait-il aux débuts de sa carrière ? Ses œuvres de jeunesse en renferment-elles ? Par quel canal sont-elles venues jusqu'à lui, quels courants les ont agitées à la surface de son âme, sans les déposer au plus intime de son être? Ce sont là des questions intéressantes auxquelles nous avons essayé de répondre. C'était là le vif du sujet.

Nous nous sommes arrêté à l'année 1825 et cette date n'est pas arbitraire. Nous ne voulons pas dire qu'après cette époque Victor Hugo ait cessé d'étudier la Bible et la religion. Il l'a fait toute sa vie, croyons-nous. Mais, à ce moment, au mouvement, qui depuis deux ou trois ans semblait le porter vers le catholicisme, il a résisté. Vers 1830 seulement, ses contemporains apercevront cette espèce de volte-face, mais c'est dès 1824 que les premières hésitations, le premier recul sont appréciables pour l'observateur attentif. Soit par amour

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