‹ Victor Hugo, poète épiqueChapitre 24 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les préliminaires de Tœnvre épicioe.

On a dit à plusieurs reprises que Victor Hugo devait à Leconte de Lisle l'idée et l'inspiration même de la Légende des siècles ^ t Nous ne saurions nous le dissimuler, a écrit un historien de la littérature française, ce sont bien les Poèmes antiques et les Poèmes barbares que Victor Hugo a imités, comme il pouvait et comme il savait imiter, mais enfin qu'il a imités dans sa Légende des siècles. » En ce qui concerne les Poèmes bar»

1. On a dit aussi que la conception de la Légende avait été « évidemment suggérée par ia Bible de VHwnanité ôe Michelet». Mais la Bible de VHumanité, dont le plan et Tinspiration diffèrent singulièrement du plan et de Tinspiration de la Légende^ n*a été publiée et écrite qu'en 1864.

VICTOR HUGO. i

bareSy Tassertion est séduisante, ces Poèmes ayant beaucoup de "points communs avec la Légende ; mais elle est insoutenable, et quelques indications précises sur la formation des recueils de Leconte de Lisle le montreront assez aisément. Sous leur forme définitive, constituée seulement en 1871, les Poèmes barbares se composent de quatre- vingt-une pièces : vingt-neuf sont d'une date très tardive, et notamment la plus belle et la plus caractéristique de* toutes, Qaïn, parue en 1869 ; — trente-deux n'ont été publiées, sous le titre de Poésies Barbares^ qu'çn 1862, trois ans après la Légende des siècles ; — cinq figuraient en 1858 dans les Poésies nouvelles^ quatorze en 1855 dans les Poèmes et poésies (dont trois publiées par la Revue des deux ' Mondes en février de la même année, et une publiée par la Revue de Paris en août 1854, le Runoïa) ; une enfin, la Fontaine aux lianes, faisait déjà partie des Poèmes antiques en 1852. Cette dernière étant mise à part, comme il convient, restent dix-neuf pièces que Victor Hugo a pu connaître avant de publier sa Légende. Mais elles étaient perdues dans des recueils aux titres nullement expressifs ; elles n'avaient (sauf quatre ou cinq) aucun caractère historique ou épique, et elles paraissaient au moment où — nous le verrons bientôt *- le dessin de son œuvre épique était déjà arrêté dans Tesprit'de Victor Hugo. Quant aux Poèmes antiques, ils ont bien paru en 1852 ; mais ils ne comprenaient alors que trente pièces, non disposées dans un ordre historique, et où Çurya et Bhagavat, tout à la fin du volume, représentaient seuls la religion et la civilisation hindoues. Est-ce un poète épique curieux de l'histoire de l'humanité tout entière ? n'est-ce pas plutôt un diligent disciple d'André Ghénier qu'annonçait un

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