INTRODUCTION IX
— des chansons pittoresques : celles des ReUres et des Aventuriers de la mer ; — une adorable romance, celle que chante Joss dans Éviraduus, Mais on rattache à la poésie épique lEdda Scandinave, où se trouvent bien des chants lyriques, et le Romancero du Cid^ dont les petites pièces ont été si heureusement imitées dans la Légende même. Et n*est-ce pas aussi une sorte de rythme lyrique que les tercets de la Divine comédie ? Le poème de Dante est pourtant rattaché d'ordinaire à Tépopée.
Si Ton dit que le lyrisme n*est pas seulement consli- , tué par le rythme, mais par le ton, alors que celui-ci
prend plus d'élan et de vivacité, quand il est plus enthousiaste ou au contraire plus plaintif ; — si Ton veut, par exemple, que, sur un fond narratif, le lyrisme I se détache en notes émues et qui partent du cœur de
* Fauteur, en passages où le poète prend ouvertement la
parole, alors, il est vrai aussi que le lyrisme abonde dans la Légende de Hugo. II éclate dans les plaintes mélancoliques sur la destinée humaine que contiennent Petit Paul ou les Pauvres gens ; dans Thymne à la bonté qui termine le Crapaud ; dans les digressions d e Ratbert et de Masferrer où le poète oppose Tagitatiou perverse des hommes à la sérénité de la nature ; dans les cris de pitié que lui arrache le péril de la douce Mahaud d'Éviradnus ou celui du noble enfant Angus de r Aigle du Casque, Mais de pareils effets sont-ils inconnus de Tépopée la plus authentique ? Virgile craint'il de paraître trop lyrique quand il promet Timmortalité que donne la Muse à Théroïque amitié île Nisus et d'Euryale ? Et Homère hésite-t-il à s'écrier, alors que succombe Iphidamas : « Infortuné, il avait quitté sa femme pour porter secours aux Troyens, sa