X VICTOR HUGO
jeune et chère femme dont il ne devait plus voir la beauté !»
Oui, Homère à l'occasion est lyrique, — comme il est tragique, comme il est comique, comme il est romanesque, comme il est oratoire ; tous les genres littéraires sont sortis de son épopée, ainsi que, d'après lui, les fleuves et les fontaines ont tous pris leur source dans lOcéan. Mais TOcéanne laisse-t-il pas revenir dans son sein les fontaines et les fleuves ? Un autre Homère ne peut-il pas emprunter, pour enrichir Tépopée, au lyrisme, au drame, au roman, à l'art oratoire, dont cette épopée a fourni autrefois les germes ? Si Plein ciel est une ode, Welf castellan éOshor est un drame avec son dialogue et sa mise en scène, Éviradnus est un roman avec son intérêt de curiosité et ses péripéties, le Régiment du baron Madruce est un débat où se répondent trois éclatants discours. Qu'importe, si ce débat oratoire, ce roman, ce drame et celte ode, d'ailleurs employés exceptionnellement, ont encore une couleur épique, et si c'est une impression nettement épique qui se dégage de l'ensemble I
Seulement, cela ne se peut que si le poète traite ses sujets pour eux-mêmes, si c'est pour elles-mêmes qu'il s'intéresse aux choses du passé, pour eux-mêmes aux hommes de l'histoire ou de la légende. L'habitude de ne s'intéresser qu'à soi est incompatible avec Tépopéé, et plus encore la prétention de ne solliciter la sympathie des lecteurs que pour ses idées, ses sentiments, ses aspirations propres. Or, s'il faut en croire certains critiques, la grande majorité des pièces de la Légende ne sont consacrées qu'à exalter Hugo, à servir ses haines politiques ou religieuses, à continuer ses Châtiments, L'œil éternellement fixé sur Caïn, ce n'est pas