‹ Victor Hugo, poète épiqueChapitre 38 sur 64 · INVENTAIRE SOMMAIRE DE L*(£UVRE ÉPIQUE · texte numérisé non relu

INVENTAIRE SOMMAIRE DE L*(£UVRE ÉPIQUE

« Il lisait les bulletins de la grande armée, ces strophes héroïques écrites sur le champ de bataille ; il y voyait par intervalles le nom de son père, toujours le nom de l'empereur ; tout le grand empire lui apparaissait; il sentait comme une marée qui se gonflait en lui et qui montait ; il lui semblait par moments que son père passait près de lui comme un souffle, et lui paillait à Toreille ; il devenait peu à peu étrange ; il croyait entendre les tambours, le canon, les trompettes, le pas mesuré des bataillons, le galop sourd et lointain des cavalei^es ; de temps en temps ses yeux se levaient vers le ciel et regardaient luire dans les profondeurs sans fond les constellations colossales, puis ils retombaient sur le livre et ils y voyaient d'autres choses colossales remuer confusément. Il avait le cœur serré. Il était transporté, tremblant, haletant ; tout à coup, sans savoir luimême ce qui était en lui et à quoi il obéissait, il s% dressa, étendit ses deux bras hors de la fenêtre, regarda fixement l'ombre, le silence, l'infini ténébreux, l'immensité éternelle, et cria : vive l'empereur I »

Pour Marius Pontmercy TËmpire était devenu une épopée.

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