INTRODUCTION XV
mond et Ladîslas : il transforme ces personnages en abstractions farouches, leur fait accomplir toutes sortes d'actes imaginaires, et, lorsqu'il cite un fait authentique, la défaite de Tordre Teutonique» son insouciance de rhistoire vraie est telle, qu'il l'attribue à Tempereur Sigismond, allié des chevaliers teutoniques, au lieu de Taltribuer au roi Ladîslas, qui réellement les vainquit à Tannenberg en 1410.
On comprend ce que la géographie et Thisloire peuvent souffrir d'une fantaisie ainsi déchaînée ; mais elles ont aussi à subir la tyrannie de la rime riche. Si Tad-> mirable pièce de Booz endormi a, selon Texpression de M. Stapfer, « enrichi la géographie biblique de la Palestine de la ville entièrement inconnue aux hébraïsants de Jérimadeth », c'est que Jérimadeth fournit à se demandait la plus originale des rimes. Si Mahaud a pour ancêtres SwantiboreeiBorivorus^ c'est parce qu'il faut rimer avec apparus et avec arbore. L'harmonie n'a pas moins de puissance créatrice que la rime, et les manuscrits montrent le poêle toujours prêt, pour satisfaire Toreille, à substituer Samo à Sibo, Nazamustus à Etienne, Héraclius le Chauve à Pierre le Vénérable. Tsilla, d'après la Bible, était la mère de Tubalcaïn, et ne pouvait donc être bien jeune quand « le père des forgerons » construisait une « ville énorme et surhumaine » ; mais un nom aussi gracieux que celui de Tsilla éveillait invinciblement Tidée d'un jeune et frais visage ; et voilà pourquoi, dans la Consciençe^ Caïn est interrogé d'une voix tremblante par
Tsilla, Tenfant blond, La fille de ses fils, douce comme Taurore .
Le neuvième sphinx de Zim-Zizimi nous révèle Tamour,