‹ Victor Hugo, poète épiqueChapitre 7 sur 64 · XVI VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

XVI VICTOR HUGO

que Plutarque a îgQoré, de Sapor et d'Éphractœus pour Cléopâlre : c'est qu'à cAté du nom, authentique mais un peu bien sourd, d'Ântofne, ceux d'Éphractœus et de Sapor se distinguent par leur sonorité et par leur éclat. Étranges procédés assurément! mais qui nous dit ' qu'un bon nombre des héros d'Homère ou de Virgile ne doivent pas leurs qualités ou leur existence poétique à des raisons du même ordre ? ou plutôt comment hésiterait-on à affirmer que les besoins de l'harmonie ont eu des effets analogues dans la poésie d'Homère et dans celle de Victor Hugo, et que le jeu des dactyles et des spondées a enfanté des villes aussi bien que la rime ? Toutes les épopées sont pleines, comme la Légende, d'erreurs et d'anachronismes ; toutes ont donné à leurs héros un caractère conventionnel. Quelle valeur historique peut-on attribuer aux figures d'Achille, d*Agamemnon ou d'Ulysse? Que sont devenus Sigebert et Attila dans les Niebelangen? Que dire de la géographie de la Chanson de Roland et de ces Sarrasins qui jurent par Apollin et par Tervagant aussi bien que par Mahomet? Dans les épopées françaises postérieures, un même Charlemagne, toujours aussi peu historique, ajoute à ses hauts faits ceux d'un Hugues Capet ou d'un Philippe-Auguste, et tous les exploits fantastiques que l'imagination des auteurs s'évertue à concevoir. Quel est l'essentiel en pareille matière ? C'est que l'épopée n'en soit pas moins caractéristique d'un temps lointain et que l'altération même des faits y soit sincère et spontanée. Or, quand Hugo a imité la Bible, il l'a fait avec une poésie digne d'elle ; quand il a « détaché un feuillet de la colossale épopée du moyen âge », il lui a laissé sa couleur ; quand il y en a ajouté de nouveaux,

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