L'AVARICE ET L'ENVIE
Disait, en se tordant la bouche :
« Elle en a trop , car j'en ai moins. »
Chacune , à sa façon , méditait sur ce coffi*e.
Désir soudain à leurs yeux s'offre, Désir, ce dieu galant qui seul peut exaucer Tous les souhaits qu'on lui veut adresser.
Désir dit aux deux sœurs : « Mesdames,
Je suis galant, vous êtes femmes.
Choisissez donc tout ce qui vous plaira.
Trésors, honneurs, et cœiera.
Surtout, expliquons-nous sans trouble :
La première qui parlera
Vura tout ce qu'elle voudra ,
La seconde en aura le double. «
Vous jugez dans quel embarras
Ce discours mit nos deux luronnes; Avares, envieux, que faire en un tel cas?
Chacune des deux sœure en murmura tout bas :
te Que me font, ô Désir! tes trésore, tes couronnes? Que m'importent ces biens que m'accorde ta loi?
Une autre en aura plus que moi! »
Et chacune, à ce mot funeste.
D'hésiter sans savoir pourquoi.
Le'Désir, dieu léger et leste ,
Les donne au diable, jure, peste
Et s'indigne de rester coi.
L'Envie enfin, toujours implacable et cruelle.
Regarde sa sœur en grondant.
Puis, tout à coup, se décidant :
« Que l'on m'arrache un œil! » dit-elle.
Je continue à regarder dans u l'œuf ». J'y vois cette traduction d'Ausone :
Infelic IHdo nulli bme nupta marito, Hoc pereunte, fugU; hoc fiigiente^ pnis,
DidoD, de les époux victime infortunée,
Tu fuis, quand Siché meurt ; tu meurs, quand fuit Énée.
Et puis des choses moins sérieuses. Une explication bizarre du miracle des noces de Cana :
La Nymphe de ces eaux aperçut Jésus -Christ, £t son pudique front do rougeur se couvrit.
Des épigrammes dont voici un échantillon :