‹ Victor Hugo raconté par témoin de sa vie (volume 2)Chapitre 47 sur 50 · A M. FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU · texte numérisé non relu

A M. FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU

Ce vieillard qui du goût nous montre le sentier, Voltaire, chargé d'ans, mais imposant encore. Des feux de son couchant embellit ton aurore ;

Il te nomma son héritier, Et c'est en toi qu'il revit tout entier.

Il te légua sa poétique audace.

Son génie et son enjouement;

11 te légua cet art charmant,

Cet art qu'il emprunta d'Horace,

D'unir les ris au sentiment.

De mêler la force à la grâce ,

De traiter un rien gravement

Et de juger légèrement

Nos grands intérêts d'un moment.

Oui , Neufchàteau , sur le Parnasse ,

Qui voit en toi son ornement.

Tu nous reproduis dignement

Le vieux dieu dont tu tiens la place.

Ah 1 joins l'indulgence aux talents ,

Accueille une naissante muse

Qui vole à toi sans autre excuse

^Que sa faiblesse et ses quinze ans; Permets qu'elle ose , en ses rimes légères ,

De la jeunesse et du printemps

Marier les fleurs passagères A l'immortel laurier qui ceint tes cheveux blancs.

C'est peu : souffre encor qu'elle espère En celui qui jadis fut l'espoir de Voltaire.

Dans ton jeune Apollon il vit le digne appui

De son nom et de sa vieillesse ; Vieux à ton tour, illustre comme lui ,

Neufchàteau , daigne aujourd'hui

Être l'appui de ma jeunesse.

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