‹ Victor Hugo raconté par témoin de sa vieChapitre 23 sur 33 · II · texte numérisé non relu

II

« Je n'avais jamais considéré jusqu'ici, et les divers ministères de la restauration auxquels j'ai été opposé partageaient probablement cet avis, je n'avais jamais considéré cette pension que comme une reconnaissance un peu exagérée , si vous voulez, de quelques titres littéraires fort contestables, comme une indemnité légitime pour les nombreuses taxes exceptionnelles qui grèvent en France ma profession, et peut-être même, depuis trois ans, comme le maigre intérêt d'un capital de quarante-sept mille francs que les deux ouvrages qu'il m'a été permis de donner au théâtre ont versé jusqu'à présent au budget, sous la forme d'impôt des hospices.

(( Mais aujourd'hui que le gouvernement parait croire que ce qu'on appelle les pensions littéraires vient de lui et non du pays, et que cette sorte d'allocation engage l'indépendance de l'écrivain ; aujourd'hui que cette étrange prétention du gouvernement sert de base à la polémique assez honteuse de certains journaux, dont il est malheureux pour vous qu'on vous attribue, à tort sans doute, la direction ; comme il m'importe de maintenir mon débat avec le gouvernement dans une région plus haute que celle où s'agite cette polémique; sans examiner si vos prétentions relativement à l'indemnité en question sont le moins du monde fondées , je m'em-

presse de vous déclarer que j*y renonce entièrement.

« Soyez tranquille d'ailleurs. II va sans dire que cet incident, si peu important en soi, est à mes yeux une raison pour que ma réclamation contre Tacte arbitraire qui a supprimé le Bài s'amuse conserve plus que jamais son caractère de dignité, de réserve et de modération.

tt Recevez, monsieur le ministre, l'assurance de ma considération distinguée.

« Paris, 23 décembre 1832. »

M. d'Argout répondit que la pension était une dette du pays et qu'elle serait conservée à M. Victor Hugo malgré sa lettre. Il va sans dire que M. Victor Hugo n'alla jamais en toucher un sou. Deux ans après, une pauvre jeune fille poète, mademoiselle Élisa Mercœur, étant sans ressources, il demanda au ministre de l'intérieur, qui était alors M. Thiers, s'il ne serait pas possible de reporter sur mademoiselle Mercœur cette pension sans emploi. M. Thiers lui répondit que la pension avait été employée et qu'il regrettait de ne rien pouvoir pour mademoiselle Mercœur.

Dans les lettres que M. Victor Hugo reçut à

Toccasion de son drame et de son procès, je remarque celle-ci :

« Londres, 3 janvier 1833.

« Monsieur,

« J'ai reçu deux exemplaires du Roi s'amuse; nous en avons fait la lecture le dernier jour de Tannée passée; hier dans Taprès-dlnée, il a fallu en donner une nouvelle représentation. Nous n'avons pas conçu pourquoi la représentation en a été défendue à Paris ; la malveillance peut se prendre à tout, et nous avons jugé que les Parisiens ont raison de trouver mauvais qu'on veuille les empêcher de s'amuser du Hoi s'amv-se, qui nous a beaucoup intéressés. Notre société ne se composait pas de plus de dix-huit personnes, mais je puis vous assurer que vous avez eu un succès très-complet, au point que je me suis vanté de votre amitié pour moi ; aujourd'hui je me crois dans l'obligation de vous en faire l'aveu pour être relevé par vous de ma petite vanité. — Recevez surtout mon compliment, cet ouvrage m'a plus intéressé qu'aucun autre que j'aie lu depuis longtemps : nul des personnages, à la vérité, n'excite cette vive et parfaite admiration qui nous subjugue dans les héros des œuvres classiques, il n'y a pas ici des perfections absolues; mais dans ce corps de plomb de Triboulet,

que d'or natif!!! Que de vérité, de nature, de fécondité dans cette malédiction paternelle de Saint-Vallier! C'est la voix du Dieu vivant qui poursuit le puissant dégradé ! Je m'arrête, je n'ai ni le temps, ni le talent, ni l'intention de juger votre pièce, je vous répète ce que disait la servante de Molière : cela m'amuse, lisez encore. — Votre préface est d'un homme de cœur, d'un vrai citoyen; l'estime de tout ce qui sent vivement et patriotiquement vous est acquise, je regrette que votre père, que mon ami Hugo, ne soit pas témoin de vos efforts et de vos succès qui suivront tant d(; traverses.

« L'n jeune Patriote a imprimé une biographie qui avait paru il y a quelques années, à l'occasion d'un écrit d'un de vos frères, M. Abel Hugo; j'ai cru devoir répondre à l'envoi qu'il m'en a fait par une lettre dont vous trouverez ci-joint copie ; j'ai profité de cette occasion pour manifester mes sentiments et mes opinions; j'avoue que les dernières lignes m'ont été dictées par le désir de convaincre des hommes de bonne foi comme vous.

« Ce que vous dites de Napoléon dans votre réponse au tribunal m'a paru exiger que j'énonce aujourd'hui ce que je croisv^ouvoir prouver un jour : son despotisme ne fut qu'une dictature née de la guerre; elle eût cessé avec elle. Pitt seul

;i voulu perpétuellement la guerre, et révénement de la Restauration a prouvé que, comme chef des intérêts de Toligarchie et de l'absolutisme des maisons régnantes de TEurope, Pitt avait raison. — Toute la question entre Napoléon et Pitt est dans ceci : — Qui a voulu la guerre ?

» J*ai assez de documents pour prouver que Napoléon a toujours voulu la paix, et que Pitt a toujours voulu la guerre. L'un et l'autre avaient raison, comme chefs des intérêts qu'ils représentaient : ceux de la vieille et de la nouvelle Europe. — La civilisation dont vous parlez si bien dans votre préface était celle que voulait Napoléon ; il fallait arriver pour cela à la paix maritime et être bien consolidé. Non lo connobbe il mondo mentre Vebbe — connobb' il 'io !

« Si l'ouverture prochaine du Parlement pouvait vous engager à venir passer ici quelques jours, combien je serais heureux de causer longuement et à cœur ouvert avec vous ! combien il pourrait être utile à la connaissance d'un des plus grands caractères de l'histoire que je pusse déposer entre vos mains des données positives , qui, en le représentant sous son véritable jour, le feraient aimer des Français autant qu'il l'est par moi - même ! Le sabre dont l'arme sans cesse M, de Chateaubriand n'a jamais été à Tintérieur <|u'une main de justice, et à l'extérieur un bou-

clier pour la défense de son pays ; il dut attaquer pour se défendre.

« J'ai, avant ce moment et depuis la mort de mon neveu, chargé plusieurs personnes de vous voir de ma part. Aucune que je sache ne s'est encore acquittée de la commission que je lui avais donnée. — Je n'ai pas le temps de faire copier ma lettre. — Agréez ma profonde estime et ma vive sympathie pour le fils du général Hugo, mon ami.

u JOSBPH. »

Les violences qui accueillaient décidément toutes les pièces de M. Victor Hugo avaient découragé les directeurs de théâtre ; personne ne venait lui demander le Souper à Ferrare. Son succès de parole au tribunal prouva qu'il était encore vivant. A la fin de décembre, on lui annonça M. Harel, alors directeur de la Porte- Saint-Martin. Les yeux, les cheveux blancs et les breloques de M. Harel rayonnaient.

— Je viens de lire le Roi s'amtise^ s*écria-t-il avant de s*asseoir. C'est superbe! Il a fallu le Théâtre - Français pour faire tomber cela ! Je viens vous demander le Souper à Ferrare.

11 s'assit, ouvrit sa tabatière et prisa bruyam-

LUCRÈCK BORGIA. 30:^

ment. Il offrit M. Frederick Lemattre, mademoiselle Georges , et une prime. M. Victor Hugo savait que le théâtre était dirigé surtout par mademoiselle Georges ; il ne voulut rien conclure avant de lui avoir lu la pièce. M. Harel, qui était très -pressé, demanda que la lecture se fît le soir même. Elle se fit chez l'actrice. Mademoiselle Georges fut ravie du rôle, et M. Harel témoigna une admiration sans bornes. Dès le premier acte, il applaudissait, se mouchait, prisait à poignées, criait. Le drame le charmait de tous les côtés à la fois : d'abord il y voyait u» beau rôle pour mademoiselle Georges, ensuite une bonne affaire pour son théâtre. En outre, il était fort intelligent et fort enthousiaste, et le lettré fut aussi content que le directeur.

— C'est trop beau, s'écria-t-il, pour s'appeler le souper à Ferrare. Le titre n'est pas assez grave ni assez grand. A votre place, j'appellerais cela simplement et gravement Lucrèce Borgia.

M. Victor Hugo vit bien la vraie raison du directeur, qui était de plaire à mademoiselle Georges en donnant à la pièce le nom de son rôle; le conseil était intéressé, mais il était bon. et l'auteur le suivit.

Le lendemain, après la lecture aux acteurs ^ M. Victor Hugo donna le choix à M. Frederick Lemaltre entre Alphonse d'Esté et Gennaro^

391 VICTOR HUCrO RACONTÉ.

M. Frederick répondit qu'Alplionse d^Este était un rôle éclatant et sûr, que tous ses effets concentrés dans un acte porteraient Tacteur, que tout le monde y réussirait, que Gennaro était, au contraire, un rôle difficile, que la dernière scène était dangereuse, qu'il y avait un mot terrible : Ah! vous êtes via tante, et qu'en conséquence il choisissait Gennaro.

M. Victor Hugo voulait pour Gubetta M. Serres, qui avait été un très-bon TAngely. Le directeur le lui déconseilla et obtint Gubetta pour M. Provost.

A une répétition, le directeur vint à l'auteur d'un air embarrassé et tenant contre son nez une prise qu'il n'aspirait pas.

— Monsieur Hugo, il y a une chose que j'hésite à vous demander. Vous avez l'habitude de donner l'orchestre des musiciens à vos jeunes gens. Moi, je les mettrais ailleurs, et savez-vous qui je mettrais dans l'orchestre des musiciens? Les musiciens.

— Je veux bien, dit l'auteur.

— Vrai ? vous voulez bien qu'il y ait de la musique par-ci par-là ? Vous me permettez d'en mettre a^ix entrées et aux sorties et aux situa-

• tions où il en faudra ?

— Je vous le demande.

— Bravo ! cria le directeur en aspirant enfin

sa prise. Voilà un homme ! Imaginez -vous que Casimir Delavigne n*a jamais voulu de musique A Marino Faliero; il a dit que c'était bon pour les mélodrames, et que cela ne se faisait pas au Théâtre- Français. Sa tragédie aurait été compromise si on l'avait trouvée avec un violon. Vous, au moins, votre littérature n'est pas une bégueule !

MM. Meyerbeer et Berlioz s'étaient amicalement proposés pour faire la musique de la chanson chantée au souper de la princesse Negroni.

. — Ah bien, oui! dit M. Uarel. Des grands musiciens qui vont nous faire de la musique qu'on écoutera, et qui distraira du drame! Je veux un air qui soit à plat ventre sous les paroles. Laissez faire Piccini.

M. Piccini était le chef d'orchestre du théâtre. II trouva pour les couplets une mélodie excellente, mais ne trouva pour le refrain rien qui le satisfit. Il dit son embarras à l'auteur.

— Rien n'est plus simple pourtant, répondit M. Victor Hugo. Vous n'avez qu'à suivre les paroles. Tenez.

Et il se mit à dire les vers en les accentuant d'une sorte de chant informe. N'ayant jamais pu chanter de sa vie une note juste, il frappait sur la table du souffleur.

— J'y suis, dit le chef d'orchestre, qui démêla

un air dans les coups de poing et qui les nota sur le champ.

On s'occupa des décorations. Le jour où Ton posa celle du souper, le directeur, voyant arriver Fauteur, courut à lui :

— Voulez -vous voir le Cadran- Bleu ?

Il le conduisit à l'orchestre. La décoration était, en effet, manquée. Des buffets séparés par des fenêtres et supportant des candélabres et des pyramides de fruits réalisaient Fidéal d'un restaurant à la mode là où Tauteur avait rêvé une salle éblouissante et sinistre, quelque chose comme un tombeau rayonnant. Pour que sa pensée fût comprise , il se fît décorateur comme il s'était fait musicien, et il dessina lui-même la salle qu'il voulait.

Les répétitions allèrent vite. M. Harel ne souffrit pas qu'on répétât deux fois avec le rôle. Mademoiselle Georges, heureuse de sa part, montra tout l'empressement possible ; elle n'avait , du reste , aucune des susceptibilités ni des prétentions de mademoiselle Mars, et ne donnait pas de leçons de littérature à M. Victor Hugo. M. Frederick Lemaître, qui avait moins besoin de conseils que personne , était le plus docile à ceux de l'auteur. Son rôle secondaire ne le désintéressait pas de la pièce, il s'y mettait de tout cœur. 11 aidait ses camarades, disait : — Ce n'est

pas ç<i. tiens, dis plutôt de cette façon, — et donnait l'intonation précise. Quelquefois, pour leur montrer, il jouait leur scène et faisait regretter qu'il ne pût pas être tous les personnages.

Jusque-là, tous les drames de M. Victor Hugo «étaient en vers. Les jeunes gens se demandèrent s'ils devaient « donner » pour de la prose. Il y eut hésitation; une députation, dont était M. Théophile Gautier, vint prier l'auteur de lire quelques scènes de Lucrèce Borgia, sans lui dire pourquoi. La lecture satisfit les députés, qui déclarèrent que cette prose -là valait des vers et qu'on pouvait s'enrôler sans déchéance.

Les journaux hostiles dénoncèrent d'avance la pièce comme étant le comble de l'obscénité ; il y avait une orgie effroyable; Lucrèce Borgia aurait le même sort que le Roi s'amuse; elle n'aurait qu'une représentation, etc.. Tout Paris voulut assister à cette représentation unique, et l'auteur reçut plus de lettres que pour Ilemani. J'en prends une dans le tas :

« Il y a bien longtemps que je n'ai eu le plaisir de voir M. Victor Hugo; j'avais cependant à le féliciter de sa belle défense théâtrale. Un de nos amis devait aussi s'informer s'il était possible d'avoir une loge pour la première représentation de sa nouvelle pièce. La princesse

de Belgiojoso avait déjà tâché d'en retenir une ^ mais il n'était plus temps, et on lui a répondu qu'il n'y avait plus que la protection de l'auteur qui pût l'obtenir. M. Victor Hugo me permettra de m'adresser directement à lui, en même temps que je profite de cette occasion pour lui renouveler l'assurance de mon bien sincère attachement,

« Lafaiktte.

« 29 janvier 1833. »»

Lucrèce Borgia, ne durant pas trois heures, ne suffisait pas à l'appétit du public des boulevards ; M. Harel la fit précéder, le premier soir, d'un vaudeville, fin Souper chez Louis XV. L'auteur arriva au théâtre au moment où l'on commençait le vaudeville. Il alla dans la loge de mademoiselle Georges qui s'habillait en causant avec MM. Alexandre Dumas, Jules Janin, Frédéric Soulié, etc.

— J'ai le temps, n'est-ce pas? dit-elle à M. Harel qui sortait.

— Trois grands quarts d'heure. La petite pièce commence à peine.

Elle ne se hâta pas; elle éclatait de beauté et de confiance; tout à coup, on entendit un effroyable vacarme ; M. Harel revint effaré:

— Vite ! habillez-vous vite ! il faut que vous soyez en scène dans dix minutes !

On était venu pour Lucrèce Borgia, et l'on n'avait pas voulu du Soupei- chez Louis XV. Il avait fallu baisser le rideau dès la première scène, et le public impatient criait : Lucrèce Borgia ! Lucrèce Borgia!

Le directeur se précipita hors de la loge en criant : Frappez les trois coups !

La décoration du premier acte était charmante. Dans la première scène, quand Gubetta dit que les deux frères aimaient la même femme et que cette femme était leur sœur, un violent coup de sifflet retentit.

— Comment! on siffle? dit M. Harel, complètement démonté. Qu'est-ce que ça signifie?

— Ça signifie, répondit M. Victor Hugo, que la pièce est bien de moi.

Mais, dans sa scène avec Gennaro, mademoiselle Georges lut la lettre d'un accent si douloureux et si tendre que toute la salle fut émue. L'insulte des jeunes seigneurs, venant là-dessus, fut d'un effet irrésistible ; à chaque nom jeté à la figure de l'empoisonneuse, l'émotion croissait, et ce fut à la fin une incomparable furie d'applaudissements.

L'auteur, voulant aller dans la loge de sa femme, demanda qu'on lui ouvrît la porte de communication avec la salle.

— Voici ma clef, dit le directeur. Je ne m'en

dessaisis jamais. Mais à présent c'est vous qui êtes le maître ici.

Quand, au commencement de la seconde partie du premier acte, Gennaro apprend que son écharpe lui vient de Lucrèce Borgia et la rejette avec horreur, l'écharpe s'engagea dans l'épée et dans une résille que M. Frederick avait cru devoir se mettre sur la tête, et il y eut des ricanements. Tout est occasion de triomphe aux grands artistes. M. Frederick tira Fépée, arracha l'écharpe et la résille et les écrasa à terre, d'un geste si Hautain et si irrité qu'il fut applaudi de partout.

Dans l'entr'acte, M. Alexandre Dumas vint voir madame Hugo ; il était transporté d'admiration et de bonheur; ce grand succès lui faisait autant de plaisir que les siens ; il serra les mains de madame Hugo en pleurant de joie.

L'auteur n'avait pas vu le décor du second acte. Lorsqu'on le posa, il s'aperçut que la porte dérobée par où Lucrèce Borgia allait faire évader Gennaro était splendide.

— Cette porte est absurde, dit-il.

— C'est vrai, dit le directeur. On leur demande une porte dérobée, et ils vous font une porte qui crève les yeux.

— M. Séchan est-il au théâtre?

On chercha M. Séchan qu'on ne trouva pas.

Les minutes s'écoulaient, et Tentr'acte avait déjà trop duré.

— Y a-t-il de la couleur? demanda M. Victor Hugo.

— Oui, les peintres ont travaillé ici toute la journée et n'ont rien emporté.

— Allez me chercher les pots et les brosses. On apporta ce qu'il fallait, et l'auteur se mit

à repeindre lui-même sa décoration. La tenture de la salle était rouge à filets d'or ; il recouvrit de rouge les sculptures de la porte, sur laquelle il continua les raies d'or, de sorte qu'elle se confondit avec le reste de la tenture.

L'acte du duc d'Esté réussit d'un bout à l'autre. Il fut joué très -convenablement par M. Delafosse, très-admirablèment par M. Frederick Lemattre, simple et grand, et par mademoiselle Georges, dont le talent puissant et dur révéla des qualités de souplesse féline qu'on ne lui connaissait pas.

Le public était empoigné. Il n'y eut pas d'entr'acte entre les deux parties du second acte; quelques spectateurs, qui avaient cru avoir le temps de sortir, s'aperçurent qu'on relevait la toile, rentrèrent précipitamment et troublèrent la première scène : le public, n'en voulant pas perdre un mot, la fit recommencer.

Le souper alla très-bien. Les jeunes seigneurs

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