‹ Victor Hugo raconté par témoin de sa vieChapitre 8 sur 33 · II · texte numérisé non relu

II

Le lendemain matin, les hôtes de ractrice, en habit à la française, l'épée au côté, un peu gênés dans leurs costumes de marquis, se présentèrent à la porte de la cathédrale. Un contrôleur, qui était un garde du corps, leur demanda leurs billets d'invitation et leur indiqua leur loge. La décoration recouvrait de carton peint la sévère architecture et découpait des ogives de papier sur trois rangs de galeries regorgeant de foule. Du haut en bas de la vaste nef, c'était un fourmillement d'hommes parés et de femmes éclatantes de dentelles et de pierreries. Malgré le carton et les enluminures, la cérémonie eut de la grandeur. Le trône, au bas duquel étaient les princes, puis les ambassadeurs, avait à sa gauche la chambre des députés et à sa droite la chambre des pairs. Les députés, vêtus gravement d'un habit de drap boutonné jusqu'au haut et qui avait pour unique ornement une broderie de soie verte au revers, contrastaient avec les pairs tout chamarrés, en habit de velours bleu ciel brodé, en manteau de velours bleu ciel semé de fleurs de lys, en gilet de satin bleu, en bas de soie blancs, en souliers de velours noir à talons et à bouflettes, en chapeau à la Henri IV garni de plumes blanches et dont la coiffe était enroulée d'une torsade d'or.

En revenant de l'église, M. Victor Hugo parlait

de ses impressions. Excepté le décor de la cathédrale, il avait trouvé la chose imposante. Un seul détail Tavait choqué : c'était quand le roi s'était couché de son long aux pieds de l'archevêque.

— Que dites-vous donc là? interrompit M. Nodier. Où diable avez-vous vu rien de pareil?

Il s'ensuivit une contestation, M. Charles Nodier soutenant que le fait n'avait pas eu lieu et M. Victor Hugo affirmant qu'il l'avait vu.

M. Victor Hugo laissa M. Nodier pour aller chez M. de Chateaubriand. H le trouva rentrant et furieux de la cathédrale et de la cérémonie.

— J'aurais compris, dit-il, le sacre tout autrement. L'église nue, le roi h cheval, deux livres ouverts, la Charte et l'Évangile, la religion rattachée à la liberté. Au lieu de cela, nous avons eu des tréteaux et une parade.

Il continua, trouvant que tout avait été mesquin et misérable :

— On ne sait même plus dépenser d'argent. Savez-vous ce qui est arrivé? Il y a eu une guerre d'écurie entre le roi de France et l'ambassadeur d'Angleterre, et c'est le roi qui a été vaincu. Oui, l'ambassadeur est venu ici avec une voiture tellement splendide que tout le monde a été la voir, même moi, qui ne suis pas curieux. On a senti qu'à côté de cette voiture, celle du roi au-

rait l'air d'un fiacre, et l'on en a parlé à l'ambassadeur qui a daigné se servir d'un carrosse plus modeste, par pitié pour le roi de France.

M. Victor Hugo raconta sa discussion avec M. Charles Nodier.

— Tenez, lui dit M. de Chateaubriand, montrez-lui cela.

Il prit sur sa table le formulaire du cérémonial, où il y avait en toutes lettres qu'à un certain moment le roi devait se coucher aux pieds de l'archevêque.

— Eh bien? dit M. Victor Hugo à M. Nodier en lui faisant lire le passage.

— Ma foi, répondit M. Nodier, j'avais pourtant bien regardé, et mes yeux ne sont pas plus mauvais que les autres. Voilà comme on voit les choses qu'on a sous les yeux en plein jour. J'aurais été en justice, que j'aurais juré, de la meilleure foi du monde, le contraire de la vérité.

— Et, dit M. Victor Hugo, il suffit souvent d'un témoignage pour faire tomber une tête.

Les quatre compagnons de voyage restèrent à Reims pour la réception des chevaliers du Saint- Esprit qui eut lieu le surlendemain du sacre. M. Victor Hugo employa le jour d'entr'acte à visiter la ville, ce qui lui servit plus tard pour l'histoire de la Chantefleurie dans Notre-Dame de Paris.

La réception des chevaliers se fit dans la ca-

thédrale comme le sacre. Charles X lit son entrée, couronne en tête, suivi des princes du sang, qui prirent rang sur les marches du trône. L'abside n'admit que la famille royale et les chevaliers.

Un des incidents qui excitèrent le plus vivement l'attention fut le rapprochement de M. de Chateaubriand et du ministre Villèle. Ils étaient mortellement ennemis; M. de Chateaubriand, chassé du ministère par M. de Villèle, se vengeait par des articles sanglants dans le Journal des Débats. Le piquant était que les deux adversaires étaient les deux derniers venus dans la promotion et par conséquent placés l'un à côté de l'autre. Ils attendirent ainsi leur tour de réception, et le public eut tout le temps de les examiner.

Celui des deux qui sembla supporter la rencontre le plus fièrement fut M. de Villèle. D'abord le costume, très-beau en lui-même, n'allait pas à M. de Chateaubriand. C'était le même que l'avant-veille, à la couleur près. Au manteau de velours bleu avait succédé un manteau de velours noir, dont la doublure était de moire feu, ainsi que la culotte, le gilet et les bouffettes des souliers. Le chapeau avait conservé ses plumes, mais la torsade d'or était remplacée par un galon couleur feu, dont les agréments figuraient des flam-

mes et des colombes. Cet habillement fastueux

écrasait la chétiveté de la taille, et le chapeau empanaché dissimulait la tête, qui était la beauté de M. de Chateaubriand. Il parut maussade, el impatient que le téte-à-téte finit.

M. de Yillèle, au contraire, triomphant, président du conseil, eut Fair parfaitement à Taise. On n'eût pas dit qu*il connaissait son voisin; il le regardait sans le voir, avec l'indifférence profonde et le dédain bien naturel d'un homme qui a un portefeuille pour un homme qui n'a que du génie.

M. de Lamartine aussi était venu au sacre.

Quatre ans auparavant , lorsque les Méditations poétiques avaient paru, M. Victor Hugo avait salué le poète nouveau. Il s'était écrié dans le Conservateur littéraire :

« Voici donc enfin des poèmes d'un poète, des poésies qui sont de la poésie !

« Je lus en entier ce livre singulier; je le relus encore, et, malgré les négligences, le néologisme, les répétitions et l'obscurité que je pus quelquefois y remarquer, je fus tenté de dire à l'auteur: — Courage, jeune homme! Vous êtes

de ceux que Platon voulait combler d*hoimeurs et bannir de sa république. Vous devez aussi vous attendre à vous voir bannir de notre terre d'anarchie et d'ignorance , et il manquera à votre exil le triomphe que Platon accordait du moins au poète, les palmes , la fanfare et la couronne de fleurs. »

Quelque temps après, le duc de Rohan avait amené chez M. Victor Hugo un jeune^ homme, grand, à la tournure noble et cavalière: c'était M. de Lamartine. Ainsi s*était nouée entre les deux poètes une amitié que l'absebce même ne relâchait pas.

L'hiver, ils se voyaient fréquemment; quand l'été emmenait M. de Lamartine à Saint-Point, ils s'écrivaient; ils se tenaient au courant de leur travail; ils discutaient les questions d'art; ils différaient d'avis sur la correction, que M. de Lamartine dédaignait : a La grammaire écrase la poésie. La grammaire n'est pas faite pour nous. Nous ne devons pas savoir de langues par principes. Nous devons parler comme la parole nous vient sur les lèvres. »

Je lis dans une autre lettre de M. de Lamartine :

a J'espère que vos maux ne sont que des rîmes

et que votre première lettre me dira que tout va bien dans votre petite retraite de la rue de Vaugirard. De mon côté, cela va mieux, sans aller bien. Mais depuis quelques jours je fais des vers, cela me console. Je vous en enverrai incessamment quelques centaines. C'est un badinage sérieux. Cependant, quel plaisir de se croire en verve et de s'y livrer ! L'ode vous sera dédiée ; ainsi, dédiez -moi la vôtre quand elle sera faite. Que nos noms confondus apprennent à l'avenir, si nous allons si loin, qu'il y a des poètes qui se sont aimés!... »

Une autre fois, c'était une invitation à venir voir Saint-Point; pour que l'invitation fût irrésistible , elle était en vers :

Oiseau chantant parmi les hommes, Ah ! reviens à Tombre des bois ; Il n*est qu'au désert où nous sommes Des échos dignes de ta voixl...

Non loin de la rive embellie Où la Saône aux flots assoupis Retrouve sa pente et Toublie Pour caresser les verts tapis Où son cours cent fois se replie...

Au sommet d'un léger coteau, Qui seul interrompt ces vallées, S'élèvent deux tours accouplées ,

Par la teinte des ans voilées , Seul yestige d'un vieux château Dont les ruines mutilées Jettent de loin sur le hameau Quelques ombres démantelées; Elles n'ont plus d'autres vassaux Que les nids des joyeux oiseaux , L'hirondelle et les passereaux Qui peuplent leurs nefs dépeuplées; Le lierre au lieu des vieux drapeaux Fait sur leurs cimes crénelées Flotter ses touffes déroulées, Et tapisse de veiis manteaux Les longues ogives moulées.

Où les vautours et les corbeaux, Abattant leurs noires volées, Couvrent seuls les sombres créneaux De leurs sentinelles ailées.

Ce n'est plus qu'un débris des jours.

Une ombre, hélas! qui s'évapore.

En vain à ces nobles séjours.

Comme le lierre aux vieilles tours , Le souvenir s'attache encore ; Miné par la vague des ans , Sur le cours orageux du temps Leur puissance s'en est allée; Ils font sourire les passants , Et n'ont plus d'autres courtisans Que les pauvres de la vallée.

Autour de l'antique manoir.

Tu n'entendras d'autre murmure Que les soupirs du vent du soir

Glissant à travers la verdure, Les airs des mstiques pipeaux.

Ou la clochette des troupeaux Regagnant leur étable obscure , Et quelquefois les doux concerts D'une harpe mélancolique, Dont une brise ossianique Vient par moments ravir les airs A travere l'ogive gothique, A l'écho de ces murs déserts.

C'est là que l'amitié t'appelle...

M. Victor Hugo promit d*y aller. A Reims, M. de Lamartine lui rappela sa promesse. M. Nodier était présent, M. de Lamartine Tinvita aussi.

— Non seulement nous irons, dit M. Nodier, que son voyage à Reims avait mis en goût de locomotion, mais nous vous conduirons nos femmes et nos filles. Et j'ai un moyen pour que ça ne nous coûte rien.

— Quel moyen ? demanda M. Victor Hugo.

— C'est de profiter de l'occasion pour voir les Alpes.

— Et puis ?

— Et puis, nous racopterons ce que nous aurons vu. Si ça vous ennuie, je m'en charge; vous me donnerez seulement quelques vers; Lamartine aussi, s'il veut en être. Nous trouverons bien quelqu'un pour nous faire (des dessins. Et ce

sera Testimable éditeur Urbain Ganel qui payera notre voyage.

— Accepté, dirent les deux poètes*

M. Urbain Canel accepta avec le même empressement. Un traité fut signé dès le retour à Paris, d'après lequel MM. de Lamartine, Victor Hugo, Charles Nodier et Taylor se réunissaient pour publier un ouvrage intitulé provisoirement : Voyage poétique et pittoresque au Mont-Blanc et à la vallée de Chamonix. M. de Lamartine avait deux mille francs pour quatre méditations, M. Victor Hugo deux mille pour quatre odes, M. Taylor deux mille francs pour huit dessins qu'il se chargea, non de faire, mais de fournir, et M. Charles Nodier deux mille deux cent cinquante francs pour tout le texte.

Le livre était vendu en toute propriété. M. Victor Hugo voulut se réserver le droit de reprendre ses quatre odes pour les mettre dans son prochain recueil. L'éditeur consentit, à condition qu'il donnerait en plus deux ou trois feuilles de prose qui appartiendraient au Voyage à perpétuité.

MM. Charles Nodier et Victor Hugo reçurent immédiatement un à-compte chacun de dix-sept cent cinquante francs ; il n'y eut plus qu'à apprêter le départ. On fit comme pour le sacre, sinon qu'au lieu d'une voiture on en loua deux. M. No-

dier prit une calèche , où il donna une place au dessinateur des vues, M. Gué; M. Victor Hugo, qui, à cause de sa petite fille, emmenait un berceau et une servante, s'arrangea d'une berline.

Les deux voitures se rencontrèrent à la barrière de Fontainebleau, où était leur rendez-vous. Elles se mirent de front, et Ton partit en causant d'une portière à l'autre.

A l'entrée d'Essonne, M. Nodier fit arrêter devant la première auberge à droite.

— Déjeunons ici, dit- il, cette auberge aura sa place dans notre livre. C'est ici qu'on a pris Lesurques.

L'assassinat du courrier de la malle de' Lyon fut donc le sujet de la conversation du déjeuner. M. Nodier, qui avait connu Lesurques, parla de cette victime de la faillibilité des juges avec une émotion qui fit vei)ir les larmes aux yeux des femmes. Il vit qu'il avait attristé le déjeuner et voulut que le rire revînt.

-^ Çà, reprit- il, cette auberge n'a pas que des souvenirs lugubres. C'est une chose assez généralement reconnue qu'on n'est pas toujours certain d'être le père de ses enfants ; eh bien, je dis, moi, qu'on n'est pas toujours sûre d'en être la mère.

— Où avez -vous vu cela? demanda toute la table.

— Sur ce billard.

Il y avait un billard dans la salle voisine.

On le somma de s'expliquer, et il raconta que, deux ans auparavant, une voiturée de nourrices, revenant de prendre des enfants à Paris et les emportant en Bourgogne, avait déjeuné dans Tauberge. Pour manger à Taise, les nourrices avaient déposé les maillots sur le billard. Pendant qu'elles étaient dans la salle à manger, des rouliers étaient A'enus pour faire leur partie, avaient enlcA'é les enfants et les avaient couchés pêle-mêle sur les banquettes. Les nourrices, en rentrant, avaient été fort embarrassées : comment reconnaître leurs nourrissons? Tous les nouveau- nés se ressemblent. Elles avaient dit: ma foi, tant pis! aA*aient pris dans le tas au hasard, en tenant compte seulement du sexe, et il y avait dans ce moment une vingtaine de mères qui disaient tendrement : mon fils ! ou : ma fille ! à Tenfant d'une autre.

— Allons donc ! objecta madame Nodier, estce que les langes n'étaient pas marqués ?

— Ah bien! lui répondit son mari, si vous cherchez la vraisemblance, aous ne trouverez jamais la vérité.

M. Nodier était un causeur exquis. Son esprit vif et coloré contrastait avec son accent endormi et traînard. Il avait cette faculté exceptionnelle

d'allier les larges vues du philosophe à la grâce naïve du croyant. Les histoires qu'il racontait plus souvent avec son imagination qu'avec sa mémoire avaient dans le faux la sincérité de- la réalité et dans le vrai le charme de l'impossible.

M. Victor Hugo avait oublié son passe-port à Paris; son oubli faillit lui valoir une aventure désagréable. Il venait de mettre pied à terre pour monter la côte de Vermanton et courait en éclaireur sur un escarpement; il était blond et mince; son vêtement de coutil gris rajeunissait encore ses vingt ans et lui donnait l'air d'un écolier en vacances. Des gendarmes qu'il rencontra lui demandèrent ce que voulait dire le ruban qu'il avait à sa boutonnière. Sur la réponse qu'il voulait dire légion d'honneur, ils répliquèrent qu'on ne donnait pas la croix aux enfants^ et réclamèrent l'exhibition du passe-port où le droit au ruban devait être constaté. Le manque de passeport confirma leur soupçon, et ils arrêtèrent cet usurpateur d'insignes. Heureusement que M. Nodier avait quarante ans; il accourut et dit aux gendarmes :

— Monsieur est le célèbre A'ictor Hugo.

Les gendarmes, à qui ce nom ne disait probablement rien du tout, ne voulurent pas avoir l'air d'ignorants et lâchèrent leur prisonnier eu lui faisant des excuses. — Le passe-port, envoyé

de Paris, rejoignit le voyageur à Verdun, et M. Victor Hugo put être jeune sans danger.

Inutile de dire que tout ce qu'il y avait sur la route d'églises, de ruines, de tours, d'ogives, de vitraux, fut visité en détail. On parvint ainsi à Màcon, où l'on devait trouver M. de Lamartine dans une auberge qu'il avait indiquée. M. Nodier le demanda en descendant de voiture.

— M. de Lamartine?... dit l'hôtellier. Vous voulez dire M. Alphonse?

On ne s'était pas encore habitué à Màcon au nouveau nom du poète, qui ne le portait que depuis les Méditations et on le connaissait mieux sous son nom de baptême.

M. de Lamartine était à Màcon, mais il ne logeait pas à l'auberge, il avait une maison où il descendait lorsqu'il venait à la ville. M. Nodier y courut et le ramena.

— Je vous emmène tout de suite à Saint- Point, dit gracieusement le grand poète.

— Demain, dit M. Nodier. Nos femmes ont à se remettre de la poussière, et nous avons, nous, à voir la ville.

On dîna ensemble. Après le dîner, on alla au théâtre, pu il y avait représentation d'une actrice de Paris, mademoiselle Léontine Fay. Les Maçonnais, disait M. de Lamartine, ne lui auraient pas pardonné de ne pas leur montrer Victor

VÏSJTE A M. DE LAMARTINE. 113

Hugo et Charles Nodier. Le préfet avait envoyé sa loge. Les femmes tirèrent des malles leur unique robe de soie et les hommes leur unique habit. M. de Lamartine, plus familier avec les Maçonnais, garda son habit de chasse, son pantalon blanc qui avait couru les routes et son chapeau de paille crevé à plusieurs endroits.

On jouait un opéra-comique et des vaudevilles, dont un fait exprès pour la « petite Fay, » la Petite soeur. La petite sœur avait grandi, nx^demoiselle Léontine Fay avait alors de seize à dix-sept ans, et se cachait mal dans une corbeille de mariage démesurée. Elle eut un succès de beauté ; sa maigreur trop brune disparaissait dans réclat de deux granaa yeux superbes.

Le lendemain matin, les deux voitures prirent le chemin de Saint -Point et, après une heure de marche, arrivèrent à 1* habitation du poète. M. de Lamartine avait devancé ses invités, et les reçut, avec sa femme, dans la cour d'entrée. Sans sa présence, M. Victor Hugo aurait cru à une méprise des conducteurs : les « cimes crénelées » auxquelles l'avaient invité les vers de son hôte étaient des toits fermés; du « lierre touffu » pas une feuille; la « teinte des ans » était un badigeon jaunâtre.

— Où donc est le château de vos vers? demanda M. Victor Hugo.

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