‹ Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie (volume 2)Chapitre 14 sur 65 · LE VIEILLARD DU GALÈSE · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD DU GALÈSE

Atque equidem, extremo ni jam sub fine labonim Vêla traham, et terris festinem advertere proram. Gèorgiques, liv. IV.

Si mon vaisseau déjà, prêt à toucher les bords,

Vers le but désiré ne tournait ses efforts,

Poëte des jardins, je chanterais peut-être

La culture des fleurs et la rose champêtre.

Je décrirais l'acanthe arrondie en berceaux,

L'endive, se gonflant du suc des clairs ruisseaux,

Le myrte, amant des eaux qu'il couvre de son ombre,

Les contours tortueux de l'énorme concombre,

Le narcisse tardif, le persil frais et vert,

Et le lierre rampant dont le chêne est couvert.

Aux plaines du Galèse, où, noire et sablonneuse, Roule en des champs dorés son onde limoneuse, Sous les tours d'^Ebalie, il fut, je m'en souviens, Un paisible vieillard, riche de peu de biens.

C'était un lieu désert, aride pâturage, Funeste aux jeunes ceps, rebelle au labourage, Le vieux sage semait, dans ces prés buissonneux, Des légumes parmi les chardons épineux, Et croyait, cultivant le lys et la verveine, Être l'égal des rois dans son humble domaine.

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