‹ Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie (volume 2)Chapitre 21 sur 65 · A LYDIE · texte numérisé non relu

A LYDIE

Lydia, die, per omnes.

Horace, liv. I, ode vin.

Au nom des Dieux dont tu te ris, Lydie, en ta folle tendresse, Veux-tu donc perdre Sybaris ?

Dans les liens où tu l'as pris Va-t-il consumer sa jeunesse?

D'où vient que, prenant en mépris Le champ de Mars et sa poussière, Il ne vient plus dans la carrière Guider ses coursiers aguerris ?

Sur son corps, jadis souple et libre, Pourquoi craint-il l'onde du Tibre, Et d'oindre ses membres flétris Du suc généreux de l'olive ; Et, dans sa nonchalance oisive, De fatiguer ses bras meurtris Au poids de l'armure falisque ?

Pourquoi de la flèche et du disque Laisse-t-il à d'autres le prix ?

Telle, à l'inquiétude en proie, Thétis, autrefois, à Scyrcs, Loin des funestes tours de Troie, Dérobait le naissant héros Qui, jusqu'au pied de leurs murailles, Sur les troyens anéantis Devait semer les funérailles.

Es-tu donc une autre Thétis ?

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