A LYDIE
Lydia, die, per omnes.
Horace, liv. I, ode vin.
Au nom des Dieux dont tu te ris, Lydie, en ta folle tendresse, Veux-tu donc perdre Sybaris ?
Dans les liens où tu l'as pris Va-t-il consumer sa jeunesse?
D'où vient que, prenant en mépris Le champ de Mars et sa poussière, Il ne vient plus dans la carrière Guider ses coursiers aguerris ?
Sur son corps, jadis souple et libre, Pourquoi craint-il l'onde du Tibre, Et d'oindre ses membres flétris Du suc généreux de l'olive ; Et, dans sa nonchalance oisive, De fatiguer ses bras meurtris Au poids de l'armure falisque ?
Pourquoi de la flèche et du disque Laisse-t-il à d'autres le prix ?
Telle, à l'inquiétude en proie, Thétis, autrefois, à Scyrcs, Loin des funestes tours de Troie, Dérobait le naissant héros Qui, jusqu'au pied de leurs murailles, Sur les troyens anéantis Devait semer les funérailles.
Es-tu donc une autre Thétis ?