‹ Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie (volume 2)Chapitre 22 sur 65 · IDYLLE LE VIEILLARD · texte numérisé non relu

IDYLLE LE VIEILLARD

O mon fils, où cours-tu ?

LE JEUNE HOMME

Vers les bosquets de Gnide J'ose en secret suivre les pas D'une vierge aimable et timide ; Par pitié, ne me retiens pas.

LE VIEILLARD

Jeune homme, crains Vénus ; son sourire est perfide. Minerve par ma voix t'offre ici son égide Contre ses dangereux appas.

LE JEUNE HOMME

Qu'importe la sagesse à mon âme enivrée! La ceinture de Cythérée Vaut bien l'écharpe de Pallas.

LE VIEILLARD

Viens briguer des héros la palme triomphale ; Imite dans sa course, aux monstres si fatale, Le vaillant fils d'Amphitryon.

LE JEUNE HOMME

On vit filer aux pieds d'Omphale Celui qui dompta Géryon.

LE VIEILLARD

Suis Diane au regard austère.

LE JEUNE HOMME

Faut-il jusqu'au sein du mystère La suivre auprès d'Endymion ?

LE VIEILLARD

Toi que de dons trompeurs la nature décore, Écoute, la raison inspire mes discours ;

Hippolyte, dès son aurore,

Fuyait le culte des amours.

LE JEUNE HOMME

Anacréon, dans ses vieux jours, Sur son luth les chantait encore.

LE VIEILLARD

Crains qu'une ingrate....

LE JEUNE HOMME

Oh ! tu ne vis jamais Un cœur si pur, une vierge si belle !

LE VIEILLARD

Tu n'as point vu la beauté que j'aimais. Car, ô mon fils, jurant d'être fidèle,

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