LES DEUX ÂGES
J'ai comme toi jadis connu l'amour, Et son bandeau m'avait caché ses ailes. Pourquoi, grands dieux, a-t-il fui sans retour, Ce temps si court des ardeurs éternelles ?
LE JEUNE HOMME
Tu le vois, ô vieillard, ton cœur songe toujours A ce dieu qu'aujourd'hui j'adore ; On n'est pas loin d'aimer encore Lorsqu'on regrette les amours.
LE VIEILLARD
Non, je suis sage, hélas ! va, crois-en ma tristesse. Sur les plaisirs de ta jeunesse Bientôt tu verseras des pleurs.
Quelque jour viendront les douleurs...
LE JEUNE HOMME
Quelque jour viendra la sagesse.