CHŒUR DES BARDES
« Un jour tu gémiras sur tes vaines chimères, Prince ; un jour tes larmes amères
Baigneront à leur tour tes lauriers odieux ;
Pour la dernière fois nos harpes retentissent,
Pour la dernière fois nos harpes te maudissent, Reçois nos terribles adieux. »
Ils ont chanté ; la foudre gronde.
Du sommet des rochers dans les gouffres ouverts Us s'élancent... Le bruit de leur chute profonde
Roule et s'accroît dans les déserts.
Leurs restes des torrents souillent l'onde irritée ; La harpe, au haut des monts, par les vents agitée,
A leurs derniers soupirs répond en soupirant ; Leurs corps défigurés tombent de cime en cime,
Et leur sang au loin dans l'abîme
Rejaillit sur le conquérant.