‹ Victor Hugo raconté par un témoin de sa vieChapitre 33 sur 49 · AMY ROBSART · texte numérisé non relu

AMY ROBSART

Six ans auparavant, à dix-neuf ans, au moment où, sa mère morte, son père à Blois, seul au monde, son mariage empêché par sa pauvreté, M. Victor Hugo cherchait partout cet argent qui le rapprocherait du bonheur, M. Soumet lui avait proposé d'extraire à eux deux une pièce d'un roman de Walter Scott, le Château de Kenilworth. M. Soumet ferait le plan, M. Victor Hugo écrirait les trois premiers actes et M. Soumet les deux derniers. M. Victor Hugo avait fait sa part ; mais lorsqu'il avait lu ses trois actes, M. Soumet n'en avait été content qu'à moitié ; il n'admettait pas le mélange du tragique et du comique, et il voulait effacer tout ce qui n'était pas grave et sérieux. M. Victor Hugo avait objecté l'exemple de Shakespeare ; mais alors les acteurs anglais ne l'avaient pas encore fait applaudir à Paris, et M. Soumet avait répondu que Shakespeare, bon à lire, ne supporterait pas la représentation ; que Hamlet et Othello étaient d'ailleurs plutôt des essais sublimes et de belles monstruosités que des chefs-d'œuvre ; qu'il fallait qu'une pièce choisit de faire rire ou de faire pleurer. Les deux collaborateurs, ne s'entendant pas, s'étaient séparés à l'aimable ; chacun avait repris ses actes et son indépendance, et complété sa

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