LE CORRECTIF
au sujet dune église du faubourg Saint- Antoine , rue de Charonne, restaurée par M. Louis
« Si vous n’avez pas lu la description fastueuse qui se trouve » dans une des dernières feuilles de V Année littéraire, au sujet de » la restauration de l’église de Bon-Secours, rue de Charonne,
a e oseph de La Porte, critique et littérateur français; naquit ; Eleifort en i7.3, et mourut à Paris le ,3 décembre 1770.
2 L Observateur littéraire, de l’abbé de La Porte, 1761, t. V,p.65à72
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» fauxbourg Saint-Antoine, lisez-la, Monsieur, et allez voir » ensuite cette bagatelle, pour juger du goût de ces journalistes » et du mauvais service qu’ils ont rendu au jeune architecte » (M. Louis) qui a présidé à cette restauration. En louant ce » travail avec tant d’emphase, ils ont engagé quelques connois- » seurs, gens de mérite, à se transporter sur les lieux, et tous ont » été étonnés, ainsi que moi, de la puérilité de cette décoration, » de son irrégularité, des pénétrations qui s’y remarquent, du » peu de rapport qu’ont les parties entre elles, du défaut d’assor- » timent qui se trouve entre l’ancien et le moderne et de l’oubli » général de presque toutes les règles de perspective. Que » M. Louis eût fait cette réparation et qu’on se fût tû, on ne » s’éleveroit point contre son- travail; tous les jours des considé- » rations particulières, des raisons d’économie, la volonté des » propriétaires, forcent les jeunes artistes à se plier à leur goût, » et ceux-ci, privés de faire l’essai de leurs talens, cherchent à » acquérir incognito la pratique qui leur manque. Mais que, » sans respect pour le public, sans égard pour soi-même, on » recherche ou souffre même des applaudissemens qui déshono- » rent à la fois et l’écrivain qui les donne et l’artiste qui les » reçoit, c’est ce qui paroît impardonnable, tant du côté de «l’architecte que de la part des journalistes. Ces derniers, » Monsieur, pour relever la gloire de leur protégé, ne craignent » point d’avilir tout ce que nous avons de plus grands maîtres » en architecture. Ils semblent même se repentir des éloges » qu’ils ont donné plus d’une fois au mérite réel de quelques » artistes actuellement en place et dont les leçons, les ouvrages » et les écrits ont inspiré ce genre précieux, que ces périodistes » affectent aujourd’hui de méconnoître. Ne croyez pas, Monsieur, » que j’exagère ; les maîtres de l’art, autrefois si vantés de l'Année » littéraire, n’y paroissent plus que pour servir, par une compa- » raison indécente, au triomphe de leurs élèves. Ceux-ci, disent » les journalistes, sont résolus de s’opposer de toutes leurs forces » aux licences et au petit goût de ce siècle, malheureusement » trop fertile en ornemens déplacés, découpés et posés de biais, » fruit d’un génie plagiaire et stérile, incapable de rien concevoir » de grand. Ces mêmes jeunes gens, plus habiles que leurs » maîtres, ramèneront dans leurs ouvrages les sages proportions, » avec cette harmonie et cette noble simplicité si chère aux vrais » connoisseurs, par l’économie de leurs beaux choix, puisés dans » ce qui nous reste d'excellent aux édifices grecs et romains,
» avant leur décadence et au temps de leur bel âge. Enfin, ces «jeunes élèves, plus éclairés que ceux dont ils ont reçu des » leçons, ressusciteront ce grand goût qui a immortalisé le siècle » de Louis XIV, que leurs maîtres avoient laissé perdre.
» Que pensez-vous, Monsieur, de cette scandaleuse incartade? » Pour en sentir l’indécence, ou pour mieux dire tout le ridicule, » il faudroit voir vous-même cette espèce de colifichet que l’on » préfère à tous les ouvrages qui s’élèvent de nos jours, dans » la capitale et dans la province. Il faut voir surtout ce petit » porche ou vestibule qui, au gré de nos journalistes, a surpris » l’admiration des connoisseurs, par la façon ingénieuse dont » son intérieur est décoré. Croiriez-vous, Monsieur, que ce porche » si admirable n’est qu’un petit réduit de quatre pieds de large » sur sept de long; et que cette décoration si ingénieuse ne » consiste qu’en deux niches de quatre pieds de diamètre, placées » de côté et d’autre, contenant chacune un bénitier dans lesquels, » en étendant les bras, on a le rare avantage de pouvoir prendre, » à la fois, de l’eau bénite des deux mains?
» Toute l’architecture de ce passage est peinte en grisaille, et » il n'y a pas jusqu’à la porte intérieure, c’est-à-dire le cham- » branle, le couronnement et le ventail qui ne soient peints » en pierre, quoique toutes ces parties soient exécutées en » menuiseries. D’ailleurs, figurez-vous que cette porte (comme » l’a fort bien observé une femme de goût qui se trouva là lorsque » j’y étois) a plutôt l’air d’une porte d’appartement que de celle » d’un temple; cependant, il faut convenir que son ordonnance » est tout ce qu’il y a de meilleur dans cette réparation. 11 n’étoit » pourtant pas bien difficile de donner plus d’étendue à ce » vestibule, car c’est toujours par une suite de ce puéril enthou- » siasme que les journalistes prétendent que ce passage n’est si » petit que pour le rendre relatif à la grandeur de l’église. Nos » journalistes connoisseurs auroient bien dû consulter leur » protégé avant que de porter leur jugement sur ce qui regarde » l’autel. M. Louis est trop éclairé (car on ne peut lui refuser du » talent) pour convenir, avec eux, que l’ancien autel, refait à » neuf depuis peu, est d'un dessin médiocre et trivial. Si cette » critique ne tombe que sur le tabernacle, à la bonne heure, car » pour le retable, il est d’un assez bon genre et n’est rien moins «que trivial. D’ailleurs, le tabernacle est ancien et il n’y a » personne qui ne s’aperçoive que ce morceau n’a rien de » commun avec l’ensemble du dessin que l’on condamne ici sans
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» discernement et sans goût. Sans être un chef-d’œuvre, il seroit » à souhaiter que la nouvelle décoration lui pût être comparée.
« Les auteurs de l’Année littéraire disent encore que, sans être » effrayé de la difformité de cette église, M. Louis, par son génie » vif et d'une rare étendue, a trouvé facilement les moyens d'en » faire disparoître les irrégularités. Il s’agissoît, Monsieur, de » quelques ouvertures faites anciennement, selon la fantaisie des » religieuses, dans un des murs de l’église, pour éclairer les » tribunes au dedans de la maison. Il étoit question de rendre » moins difformes ces ouvertures placées au hasard et par fantaisie ; » et c’est ce que M. Louis a rectifié avec succès, ajoutent nos « périodistes, en feignant des arcades pareilles à celles de » l’ouverture du chœur des dames. Vous remarquerez, Monsieur, » que dans ce morceau rectifié avec tant de succès, l’artiste ne » s’est pas seulement donné la peine d’observer, par la magie de » la peinture, la proportion des arcades (car vous vous ressou- » viendrez que cette réparation n’est qu’en peinture). Toutes ces » ouvertures réelles ou feintes sont par elles-mêmes très difformes, » ainsi que les têtes des chérubins qui les couronnent et leur » servent de claveaux i. Ces têtes et les nuages qui les accompa- » gnent sont d’une ridicule dimension. Les médaillons dont » on vante l’excellence ne sont ni suspendus, ni attachés avec » vraisemblance, ni même en rapport avec tout le reste. Ce ciel » lumineux, qu’on exalte avec tant d’emphase, n’est autre chose » qu’un plafond en plâtre, peint de quelques nuages d’un coloris » assez foible; et enfin les deux arcades feintes qui viennent se » pénétrer maladroitement dans l’ancienne menuiserie de la » tribune qui porte le buffet d’orgues, rendent cette décoration » mal assortie, chétive, puérile, etc., etc.
«Voilà pourtant ce que les auteurs de l’Année littéraire ne » craignent point de nous annoncer comme un monument digne » des beaux siècles d’Athènes et de Rome. Sans le ton plus que » sérieux qui règne dans toute leur description, on la prendroit » pour un de ces la^i de Polichinelle, qui, après avoir promis » des choses merveilleuses, finit par une pétarade.
» Je suis, etc.
» A Paris, ce 3o octobre 1761. »
1 Parmi les dessins et plans de Louis, en possession de M. Legrix de Tustal à Bordeaux, se trouve un projet de chapelle pour l'abbaye de Bon-Secours, qui nous paraît se rapporter à cette description.
Étrange controverse, dont tout le jeu ne valait pas la chandelle, et pour laquelle il fut dépensé plus d’encre et de paroles qu’on ne l’a fait à l’égard d’autres travaux de Louis, d’une véritable importance, et qui malgré cela n’ont jamais été l’objet d’une simple mention dans les journaux ou dans les revues d’architecture.
Suivant les notes déjà citées de M. Vaudoyer père *, « Louis, arrivé à Rome, fit des études brillantes; familier avec tous les beaux-arts, il s’y livra un peu à la belle musique de ce pays; il y peignit du paysage et même des décorations. » Il n’est donc pas surprenant de voir tout d'abord le jeune artiste faire l’application de son talent de peintre d’architecture, soit à l’embellissement des églises, soit à la décoration de quelques pièces théâtrales. Les nouvellistes du siècle dernier fournissent des détails qui confirment l’exactitude des notes de M. Vaudoyer.
En 1763, à propos du traité de paix signé à Paris le 10 février, après la désastreuse guerre de Sept Ans, « paix devenue si nécessaire à la France, dit Voltaire, qu’elle regarda ceux qui la conclurent comme les bienfaiteurs de la Patrie », Favart1 2 fut chargé par le gouvernement de composer une pièce de théâtre en sorte
1 Vaudoyer (Antoine-Laurent Thomas), architecte et archéologue, né à Paris en 1756, mort dans la même ville le 27 mai 1846; il obtint le grand prix de Rome en 1783; son envoi le plus remarquable fut un projet de restauration du théâtre de Marcellus. Vaudoyer fut élu membre de l’Institut en 1823 et remplit les fonctions de secrétaire archiviste de la section d’Architecture; il entreprit de rédiger la nécrologie des architectes célèbres, ouvrage resté en manuscrit. En 1860, par l’intermédiaire de M. Achille Joyau, pensionnaire de l’ Académie de France à Rome, nous obtînmes de M. Duvivier, secrétaire de l’École des Beaux-Arts, les notes qui concernent l’architecte Louis.
2 Favart (Charles-Simon), auteur dramatique français, né à Paris' le i3 novembre 1710, mort à Belleville, près de Paris, le 12 mai 1792.
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de réjouissance officielle. Les mémoires de Bachaumont donnent beaucoup de détails sur cette composition qui, lors de son apparition, le 4 juillet, n’eut pas un très grand succès, si l’on en juge par ce compte-rendu :
« Les Fêtes de la paix données aujourd’hui aux Italiens sont dé.estables; c’est un drame à scènes à tiroir. Le théâtre s’ouvre par deux hayes de soldats repoussant la foule qui voudroit déborder de la place; survient le roi-d’armes et les héraults. Le premier publie la paix en chantant; il finit par ordonner à la garde de laisser entrer tout le monde... C’est une galerie continuelle de personnes de tous états, disant des chansons fort plattes et fort ennuyeuses. On ne peut, en un mot, rien voirde plus misérable; nulle saillie, nulle gaîté. On ne fera point à Favart le tort d’imputer cette pièce-ci à l’abbé de Voisenon '.
» Le 7 juillet 1763. Malgré la proscription générale, les Fêtes de la Paix ont reparu aujourd’hui. Favart a fait entendre qu’il n’avait donné que son brouillon ; c’est à présent la pièce au net. . . Au moyen de beaucoup de retranchements et de quelques inversions, cette pièce est ressuscitée et la Thalie du sieur Favart se tient aujourd’hui sur ses deux brodequins2 3. »
Laissons les gens de lettres aux prises sur le véritable auteur de cette composition, que Favart lui-même, dans sa correspondance, ne considère qu’à titre de « divertissement national ayant plus de rapport avec l’érection de la statue du roi qu’à l’événement de la paix, » pour ne nous occuper que des artistes. « C’est Philidor J qui en
1 Voisenon (Claude-Henri de Fuzée, abbé de), littérateur français, né le 8 juillet 1708, au château de Voisenon, près de Melun, mort le 22 novembre 1775, dans la même résidence. L’abbé de Voisenon est l’auteur d’une comédie en deux actes : Fleur d'Epine , que M"1* Louis mit en musique et qui fut représentée sur le théâtre Favart, à Paris, le 19 août 1776. En 1763, f Académie le choisit pour remplacer Crébillon.
2 Mémoires secrets pour servir à V Histoire de la République des lettres en France depuis 1^62 (Bachaumont). Londres, John Adamson, mdcclxvii, t. I, p 267, 269. Dans une lettre à Voltaire, Voisenon dément la part qu’on lui attribue dans les ouvrages de Favart.
3 Danican (François-André), dit Philidor, compositeur français, né à Dreux le 7 septembre 1727, mort à Londres le 3o août 1796 (F. Didot). D’après Ladvocat, il serait né en 1726 et mort le 3i août 1793.
a fait la musique, dit Favart au comte de Durazzo. Le sieur Louis, habile architecte, a donné le dessin de la décoration, qui sera exécutée sous- ses ordres1.»
De tout ce divertissement et de bien d’autres qui furent donnés à Paris, ce qu’on a peine à concevoir au lendemain d’une ratification de paix si honteuse, nous ne nous arrêterons que sur la peinture de Louis, dont le souvenir se conservera d’autant mieux qu’il en existe une gravure, accompagnée de cette légende : Vue de la décoration élevée au Théâtre italien, en l’année i j63, à l’occasion des Fêtes de la Paix et de l’inauguration de la statue équestre du Roy, dédiée à Monsieur le marquis de Marigny, par son très humble et très obéissant serviteur Louis, architecte, pensionnaire du Roy.
D’après cette gravure, la décoration représentait une colonnade en hémicycle, de style corinthien, s’élevant sur un soubassement, le long duquel étaient rangées des statues assises sur des piédestaux. Au centre de cet hémicycle s’élevait la statue équestre qui rappelait celle de Bouchardon, inaugurée sur la place Louis XV, le 20 juin 1763 2.
Peu de temps après, Louis fit encore l’application de son talent d’architecte décorateur, en confiant à l’habileté de Brunetti3 l’ornementation d’une chapelle dite du Purgatoire ; chapelle que Louis construisit dans le
1 Mémoires et correspondance littéraires, dramatiques et anecdotiques de C.-S. Favart, t. II, p. 1 16.
2 Bouchardon (Edme), statuaire, né à Chaumont (Haute-Marne) le 2 9 ma* *698, mort à Paris le 27 juillet 1762, un an avant l’inauguration de la statue du Roi.
* Brunetti (Gaëtan), d’origine lombarde, peintre d’architecture, « qui décora les hôtels de Luynes, de Soubise et de Rohan, aidé de son fils, habile dans le même genre. » (D'Argenville.)
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faubourg Saint-Antoine, sur le flanc méridional de l’église Sainte-Marguerite ' .
On trouve dans le supplément du tome V de la Description historique de la ville de Paris, par Piganiol de La Force, édition de 1765, page 481, des détails sur cette chapelle, d’après une notice descriptive qui se distribuait alors à la cure de Sainte-Marguerite, et qui doit être aujourd’hui d’une extrême rareté.
La décoration de Brunetti faite sur les dessins de Louis existe encore; en voici la disposition, suivant le récit de Piganiol, dont nous avons constaté l’exactitude :
« Cette chapelle a quarante-sept pieds et demi de longueur sur trente pieds neuf pouces de largeur, et trente-cinq pieds sept pouces de hauteur. Elle est voûtée en plein ceintre, et sa voûte percée dans le milieu d’une ouverture de dix pieds et demi en quarré, d’où ce petit édifice reçoit tout son jour. Sa destination est funéraire, et tous les ornemens lui sont relatifs. Deux grands bas-reliefs, feints en marbre blanc, et de trente-cinq pieds et demi de longueur, tiennent lieu d’entablement à dix colonnes cannelées et d’ordre ionique qui régnent des deux côtés de la chapelle. Un de ces bas-reliefs, à droite, représente la mort du patriarche Jacob, expirant au milieu de sa nombreuse famille. Ses magnifiques funérailles occupent le pareil qui est vis-à-vis. Les entrecolonnes sont décorés par des statues de grandeur
1 L’église Sainte-Marguerite est située rue Saint-Bernard, entre les nos 28 et 3o. Elle fut construite vers t625, mais ce n’était alors qu’une simple chapelle, qui devint succursale en 1634, après la mort de son fondateur Antoine Fayet, docteur en théologie de la Faculté de Paris, conseiller au Parlement et curé de Saint-Paul. En 1712, l’église Sainte- Marguerite, presque entièrement rebâtie et décorée d’œuvres de maîtres, fut érigée en paroissiale pour les besoins de la population du vaste faubourg Saint-Antoine, où les ouvriers se groupaient avec d’autant plus d’empressement que, par lettres-patentes du Roi, de l’an 1657, ils pouvaient y exercer leur métier à l’abri des privilèges des jurandes. La chapelle des âmes du Purgatoire fut construite en 1765, M. de Beaurecueil étant alors curé de Sainte-Marguerite. (Extrait d’une notice très détaillée sur l’église Sainte-Marguerite, insérée dans la Description historique de la ville de Paris, par Piganiol de La Force, 17G5, t. V, p. 125 à 144.)
naturelle, qui ont toutes des rapports à la mort, ou à la brièveté de la vie, ce qui est exprimé par des passages de 1 Ecriture sainte, gravés sur leurs piédestaux.
» Des roses, feintes de stuc, forment la décoration de la voûte, dont les retombées sont portées par les deux grands bas-reliefs décrits ci-dessus. L’autel est feint d albâtre, dans la foi me des tombeaux des premiers chrétiens, et le pavé est distribué en trente tombes, qui imitent le marbre bleu-turquin. Mais ce qui surprend le plus au premier coup d œil, à lentiée de cette chapelle, c’est un grand tableau de trente-cinq pieds de haut, qui en occupe tout le fond, et que l’on voit au travers d’une grande arcade, qui représente plusieurs groupes de Fidèles enlevés par des Anges aux flammes du Purgatoire et conduits dans la voûte céleste. Ce beau et savant tableau... est éclairé par une ouverture pratiquée au dessus du renfoncement où il est placé, que l’on ne voit point, et dont l’effet est des plus singuliers et des plus heureux.
» Toute la belle ordonnance de cette chapelle a été exécutée sur les desseins du sieur Louis, architecte >. »
L’auteur du tableau qui fait le principal ornement de cette chapelle, était Briard, premier pris de peinture en 1749, et qui se trouvait encore à l’École de Rome à l’arrivée de Louis, d’après la lettre de Natoire du 22 septembre 1756.
L’année 1765 est une année mémorable dans la vie de l’architecte Louis. Selon M. Vaudoyer, ce serait l’époque de son mariage; mais, d’après les Mémoires de Madame de Genlis, il aurait eu lieu plus tard. Ce qui est beaucoup plus certain, c’est qu’il faut placer ici le voyage de Louis en Pologne, à la cour du roi Stanislas Auguste Poniatowski; événement d’une grande influence sur la destinée de l’artiste et qui doit être l’objet d’un chapitre spécial.
1 Description historique de la ville de Paris , 1763, t. V, p. 482.
SÉJOUR EN POLOGNE