‹ Victor Louis, architecte du Théâtre de BordeauxChapitre 30 sur 86 · RETOUR DE LOUIS A PARIS · texte numérisé non relu

RETOUR DE LOUIS A PARIS

SES TRAVAUX DU PALAIS-ROYAL, DE L’ÉGLISE SAINT-ELOI DE DUNKERQUE, CONSTRUCTION DU THEATRE DES VARIETES ET DU THEATRE FRANÇAIS, PREMIER PROJET DE LA PLACE LOUIS XVI A BORDEAUX.

Le retour de Louis à Paris précéda de fort peu de temps la mort de Soufflot, qui expira, dans les bras de son ami l’abbé de l’Épée, le 29 août 1780. Par suite de ce décès, l’Académie d’Architecture nomma pour son successeur M. Boullée1. Au mois de novembre elle avait examiné « avec attention les dessins des » monuments exécutés et à exécuter des sieurs Perlin, » Guerne, Liegeon et Louis», et plusieurs de ces architectes aspirants2 furent mis au nombre des candidats à l’élection d’un membre de la seconde classe. Le scrutin du 4 décembre ne fut pas favorable à Louis; l’Académie lui préféra Paris3, l’inspecteur des monuments de Bor-

1 Boullée (Étienne-Louis), architecte, né à Paris -le 12 février 1728; admis à l’Académie le i5 septembre 1762 comme académicien de seconde classe, et nommé à la première le 4 décembre 1780; il devint membre de l’Institut en 179D, et mourut le 6 février 1799.

2 Registres de V Académie royale d' Architecture, vol. X, p. 232 à 234.

3 Voir la note biographique de la page 168, où, par erreur, nous avons indiqué l’année 1781 pour sa réception à l’Académie, au lieu de 1780. A propos de cette rectification, nous dirons, pour faire concorder l’arrivée de Paris à Rome en 1 772, d’après le Dictionnaire de M. Lance, et sa présence à Bordeaux en 1774, d’après les documents que nous avons produits, qu’il faut que son séjour en Italie ait été de bien courte durée.

«Paris fut chargé, par l’Assemblée nationale, de construire cette «fameuse armoire de fer destinée d’abord à renfermer les formes,

deaux, qui avait été si rudement traité par l’intendant Esmangart en 1774. Mais quels que fussent les motifs de l’insuccès de Louis, il dut se souvenir de ce qu’il écrivait en 1 777 : ce L’absence refroidit les amis; les jeunes artistes prennent place et se font des protecteurs. »

Cependant, tout le monde ne l’avait point oublié, notamment le duc de Chartres, qui le nomma son architecte et le chargea bientôt de la direction d’une « vaste entreprise ».

« Depuis un an, Louis-Philippe-Joseph, fils de Phi- » lippe d’Orléans, jouissait du Palais-Royal, que, par » anticipation d’hoirie, son père, après son mariage » secret avec Mme de Montesson, lui avait cédé.

» Déjà, le duc de Chartres se préparait à y faire des » améliorations, lorsque, le 8 juin 1781, après une » représentation d 'Orphée, la salle de l’Opéra prit feu, et » tout, en peu d’instants, fut encore de nouveau con- » sumé par les flammes. Après ce grand événement » dont nous avons été témoins, on s’occupa avec un » empressement extraordinaire de réparer les dégâts, et de » montrer les progrès que les arts, et surtout l’architec- » ture, avaient faits. Tous les talents furent appelés; les » architectes les plus habiles présentèrent des projets, et » dans le nombre, les plans de M. Louis, qui, par la » construction récente de la Salle de spectacle de Bor- » deaux, s’était fait un nom, et qui était déjà chargé des » embellissements du palais, obtinrent la préférence1.»

” planches et timbres employés à la confection des assignats, et qui, plus » tard, reçut en dépôt la Constitution. Cette armoire existe encore aux » Archives nationales... » (Lance.)

1 Parallèles entre plusieurs résidences de souverains. — Paris, 1834, in-40, accompagné de 60 planches, par Fontaine, architecte du Roi, p. .102. Cet ouvrage, en ce qui concerne le Palais-Royal, est une deuxième édition de celui que l’auteur avait publié en 1829.

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