PLACE LOUIS XVI A BOULEAUX
» Je ne sais si je pourrai partir avec M. de Montmirail, » parce qu’il conte se métré en chemin d’ici à peu de » jours, et que fay de grands travaux à mettre en » train avant que je puisse partir ; mais je serai certai- » nement à Bordeaux sur la fin d'août ou au commence- » ment de septembre. J’irai aussitôt que je le pourrai, ï car j’ay fort à cœur de presser cette besogne, afin de » faire cesser les bruits scandaleux qu’on débite journelle- » ment sur cette entreprise; mais vous connoissés la » province, il faut se prêter à tous les propos sans s’en » fâcher.
» J’ay vu M. de Gobineau à Versailles 1 ; je ne l’ai pas » pas vu aussi longtems que je l’aurois désiré; je l’ai » laissé avec M. de Montmirail, mais je ne sais pas » encore le résultat de leur conversation 2. »
L’entretien de MM. de Montmirail et de Gobineau avait eu pour but de convenir de la rédaction d’un sous seing privé, par lequel ce dernier était autorisé à faire bâtir sur un emplacement de son choix parmi ceux du Château-Trompette3 4. La maison Gobineau, commencée dès le mois d’aoû't 1786, était terminée et habitée en 1789, et, remarque intéressante à faire, de toutes les maisons qui devaient s’élever sur l’esplanade du Château, elle seule a été construite entièrement4.
1 Gobineau (Thibaud-Joseph de), reçu conseiller au Parlement de Bordeaux, en 1768.
2 Victor Louis, etc., par Charles Durand.
3 «Ce ne fut qu’en 1787 que le sieur de Montmirail étant venu à Bordeaux, il fut passé, entre lui et le sieur Gobineau, un acte public portant vente du terrein qu'il avoit pris pour la somme de 40,000 livres. » ( Mémoire à consulter , etc., par Martignac, in-40, i5 p.).
4 Elle est placée, sur le plan de Louis, à l’entrée de la rue de Vergennes; — cette maison fut construite en grande partie avec des matériaux provenant des démolitions du Château.
Les lettres à Durand fournissent de nombreux détails sur la construction de l’immeuble de M. de Gobineau et sur la vie occupée que l’artiste avait à Paris. Dans ces lettres, Louis disait avoir refondu tous les plans, qui d’abord avaient été faits par son neveu Duval; il parle aussi des détails en grand, dessinés par Roché, mais il confie à Gabriel Durand la direction générale du chantier et lui recommande les intérêts du charmant propriétaire, comme les siens propres. Du reste, la participation de l’inspecteur eut une telle importance que, lors du règlement de ses honoraires, un procès s’ensuivit qui donna lieu à la publication d’un mémoire contenant des faits peu connus sur la vente du Château, et des notes précieuses sur le caractère de Louis1. Sa correspondance nous apprend encore qu’il avait alors de grands travaux à mettre en train, travaux qui n’étaient autres que ceux du Théâtre-Français.
La lettre suivante va nous donner des indications précises sur la mise en œuvre de ce travail important :
« Mon cher Durand, j’ay fait réflexion sur ce que vous » m’avés dit au sujet de Duval. Je crains effectivement » qu’il ne perde son temps à Bordeaux. Je trouve une » occasion de le placer auprès de moy au Palais-Royal. » Je vais commencer la partie où je dois faire un » théâtre ; je l’employerai comme contrôleur de cette » partie. En conséquence, mon cher Durand, faites -le » partir sur le champ. .., car je vais commencer la démo- » lition, et je veux qu’il soit au commencement de ses
i Voir '.Plaidoyer pour le sieur Durand, architecte, appelant d'un jugement , contre le sieur Gobineau , citoyen de Bordeaux, 1792 — In-40, 10 1 pages.
THEATRE DU PALAIS-ROYAL A PARIS. 5og
» nouveaux travaux et je veux commencer la semaine » prochaine1. »
La date de cette lettre et le passage de celle du 22 septembre : cc Le Prince m’attend; il est présent dans » mon cabinet et je ne puis ni ne dois le faire attendre, » concordent parfaitement avec le récit de M. Fontaine, à propos du projet alors adopté par le duc d’Orléans, qui, voyant la prospérité de l’Opéra établi aux Boulevards, pouvait croire que « tout espoir de le ramener au Palais- Royal paraissait évanoui; cependant le prince ne voulait pas y renoncer, et, malgré tous les refus qu’il avait éprouvés, il persista à faire construire, du côté de la rue de Richelieu, cette salle de spectacle que les talents de M. Louis devaient rendre à jamais célèbre2. » En attendant l’élévation de ce théâtre, les sieurs Gaillard et Dorfeuille, directeurs d’une troupe foraine, furent autorisés à construire une salle provisoire, bâtie en charpente sur le terrain du jardin des princes. Elle prit le titre de Variétés amusantes3 .
Dès ce moment, Louis conduisit de front, à Paris, les travaux du Théâtre-Français, et, à Bordeaux, ceux de la place Ludovise. Mais la marche de cette dernière affaire était de plus en plus enrayée par les difficultés qui s’élevaient entre les négociateurs de l’entreprise, par l’opposition que le ministre de la guerre faisait au transfert des casernes et par les résistances des officiers du
1 Victor Louis , etc., par Ch. Durand. Lettre du 19 août 1786.
2 Le Palais-Royal, p. 27. Pour la construction du Théâtre-Français, sa malencontreuse restauration et le plan d’ensemble que Louis avait conçu pour le Palais, voir : Histoire du Palais-Royal, p. 224 à 246.
3 Voir sur l’origine des Variétés amusantes : Mémoires secrets , t. XXVIII, p. 3o et t. XXIX, p. 22 et 32.
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Château; et l’architecte de dire à ce dernier sujet : « Ce sont des personnes qu’on déplace et on a de l’humeur à meilleur marché. » Parlant ensuite des chicanes que MM. Montmirail et Gaudran faisaient naître en voulant diminuer la somme qu’ils étaient convenus de lui donner: « Je vois, disait-il, avec bien du chagrin qu’ils gâtent leur » affaire du Château. Ils ne savent à qui se fier. C’est là » le caractère des personnes qui ne connoissant pas une » affaire, ne savent le parti qu’ils ont à prendre. C’est » pitoyable de voir gâter une aussi belle opération. »
Six mois à peine s’etaient écoulés depuis l’ouverture du chantier de la place Ludovise, que déjà bien des points noirs apparaissaient. Louis comprit que les affaires de Bordeaux réclamaient sa présence. Il écrivit à Durand : «Je suis enfin déterminé à partir pour Bordeaux. J’ay » fixé même mon voyage au 3i ou au ier de novembre.
» Ainsi je serai à Bordeaux vers le cinq du mois » prochain. J’ay senti qu’il étoit nécessaire que j’allasse » voir les travaux qui se sont fait depuis mon dernier » voyage; je pourrais passer pour un homme qui n’a pas » soin des affaires qui lui sont confié, par conséquence » paraître négligent et indifférent pour un objet qui doit » absolument intéresser un artiste. D'ailleurs, il faut que » je rende compte au Ministre de la situation des travaux » et de leur état présent. Je ne puis le faire que quand » j’aurai vu par moy même tout ce qui s’est fait. »
Quelle dévorante activité! Mais l’homme était dans la force de l’âge, vivant au milieu d’esprits ardents, alors en ébullition, et menant une existence des plus mouvementées, en compagnie de Ducrest (le chancelier du prince d Orléans), de l’abbé Baudeau et du marquis de Vaudreuil. Puis, quand on songe aux grands événements
TRAVAUX A BORDEAUX
politiques qui se préparaient, les années que nous allons parcourir tiennent du prodige et justifient ces paroles de Louis : « Je vais toujours courant. J’ai tant d’affaires que je n’ai pas le temps de respirer1 2 . »
«Je serai à Bordeaux vers le 5 novembre, » avait-il écrit, et le samedi 4 de ce mois il y arrivait en effet. Pendant son court séjour, Louis s’occupa non seulement du chantier de la place Ludovise, mais de l’établissement des nouvelles casernes au fort du Hâ3, des ouvrages de la maison Gobineau, et fit les plans du château du Bouilh3; il traça même ces derniers sur place, le i3 novembre 1786, comme l’indiquent les dessins appartenant à M. Charles Durand. Pour confirmer ce qu’il lui avait écrit quelques jours avant, il affirmait à son inspecteur que les travaux ne seraient pas interrompus, qu’ils allaient être repris avec vigueur sur une plus large échelle. « Enfin, disait Louis, d’ici à trois mois,, nous aurons le Château évacué de troupes.» Ah! de quelle illusion ne se berçait-il pas? Certes, il ne faut pas une grande perspicacité pour deviner les obstacles qui s’opposaient à l’aliénation des terrains de la forteresse. L’opinion publique, à Bordeaux, était que ces terrains appartenaient à la Ville; qu’ils avaient été concédés irrégulièrement; que l’entreprise était irréalisable, et
1 Victor Louis , etc., par Ch. Durand. Lettre du 28 octobre 1786.
2 Vieille forteresse bordelaise, construite sous Charles VII, vers 1460.
3 Commune de Saint-André-de-Cubzac (Gironde). Ce château, resté inachevé, appartenait alors à Jean-Frédéric de la Tour-Gouvernet, comte de Paulin, appelé comte de la Tour du Pin, né à Grenoble en 1727, mort sur l’échafaud le 28 avril 1794. Voir les Tableaux généalo* giques de la maison de la Tour du Pin , dressés en 1788, par J. -B. Moulinet, et continués jusqu’à nos jours. (H. Charpentier, Paris, 1873.) Le château du Bouilli appartient aujourd’hui à M. Hubert-Delisle, ancien sénateur. — Ce château fut visité le i5 septembre 1877 par le maréchal de Mac-Mahon, alors président de la République française.
l’inexécution des nouvelles casernes confirmait ce dire. D’autre part, c’était sur la vente rapide du terrain que Louis avait compté pour le succès de son projet, mais il se présentait peu d’acquéreurs, et l’on était à la veille de l’Assemblée des Notables, c’est-à-dire du prologue de la Révolution.
L’année 1787 fut pour Louis des plus fécondes en incidents de toute nature; plus que jamais il dut faire appel à toutes les ressources de sa riche organisation. Ainsi, à peine était-il de retour à Paris, qu’un événement venait ébranler sa confiance et lui faisait écrire : cc II se passe bien des choses relativement au Château Trompette. » Un arrêt du Conseil avait paru le 18 janvier, ordonnant la suspension des travaux et l’anéantissement des ventes faites par M. Regnier. Aussi conseillait-il, si l’on n’avait pas signifié cet arrêt à son fondé de pouvoir à Bordeaux, de n aller que très doucement et de ne mettre des ouvriers à l’œuvre que pour avoir l’air de ne pas tout abandonner. « J’avois déjà, mon cher Durand, une partie » des fonds faits pour bâtir non seulement les douze » maisons, mais la moitié de l’autre partie de la rue... ; » mais tout cela va prendre une autre marche, et ce sont » les circonstances qui me décideront à prendre tel ou » tel parti... J’aurai grand soin de vous dicter ce que » nous aurons à faire, mais il me paroit décidé qu’on » veut dépouiller M. Regnié. C’est le petit Gaudran qui » est à la tête du nouveau parti. Il me paroit décidé qu’on » va nommer une Commission pour se mettre à la tête * des ventes qui se feront dorénavant; je pense que cela » donnera de la consistance et rétablira la confiance1. »
t Victor Louis, etc., par Ch. Durand. Lettre du 3i janvier 1787.
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Les lettres des 3 février, 20 mars, 4 et 28 avril, parlent des études destinées au château du Bouilh, et surtout des plans intérieurs. Louis recommande aussi « les détails qu’il y a à faire dans une maison que le marquis de Saint Marc vient d’acquérir à Bordeaux 1 », et quant à ce qui concerne la maison de M. et de Mme Gobineau, « ne m’épargnés pas, disait-il, vous savez que je suis tout à leur service. » A ces préoccupations, il faut en ajouter d’autres beaucoup plus graves. Louis, inquiet sur la situation de M. de Montmirail, dont il prévoyait la ruine par les intrigues de Gaudran, et pour se garantir de ce qui lui était dû, se vit dans la nécessité d’exiger une caution sûre. Cela ne fut pas obtenu sans d’ennuyeux procès, et c’est au milieu de tous ces fâcheux embarras que survint le renversement du ministre de Calonne, forcé de dévoiler à l’Assemblée des Notables le déficit des finances de l’État et donnant, par ordre du Roi, sa démission le 9 avril 1787. Si la joie publique fut grande à cette nouvelle, il n’en fut pas de même pour Louis :
«Vous sentés, mon cher amy, que la chute de M. de » Calonne m’a beaucoup affecté; mais c’est seulement » par l’amitié que je lui a vois voué, car cela ne changera » en rien tout ce qui concerne le Château Trompette. » On doit être bien rassuré sur cette affaire; je vous » donne bien ma parole que ce projet ne sera jamais » troublé dans toute son exécution; vous sentés que j’ai » de fortes raisons pour vous assuré de cela2. »
1 Les termes de cette lettre ne semblent pas se rapporter à l’ancien hôtel du marquis de Saint-Marc, situé cours d’Albret, 91, construit d’un seul jet, entre cour et jardin, et qu’on attribue à Louis. Cet hôtel est aujourd’hui la propriété des Hospices civils de Bordeaux et le siège de leur administration.
2 Victor Louis } etc., par Ch. Durand.
Pendant que tous ces évènements s’accomplissaient, Louis poursuivait activement au Palais-Royal la construction de la salle de spectacle dite des Variétés *, et faisait, au milieu du grand jardin, établir un cirque, qui devait être achevé après un an de travaux1 2.
Quoique toujours pressé, le vaillant artiste écrit encore: « J’espère, malgré les affaires dont je suis chargé, pouy> voir aller à Bordeaux le mois prochain (juin); mais je » n’y resterai que quelques jours, car j’ay bien à faire » ici. » Cela se conçoit et l’on ne peut être surpris de l’inexécution de la nouvelle promesse qu’il exprimait à Durand le 7 juillet 1787 : « Je n’ay que le temps de vous » écrire ces deux mots, mais soyés tranquille sur l’affaire » du Château. Je met tout en usage pour que le pauvre » M. de Montmirail ne soit pas compromis, car, entre » nous, le sieur Gaudran a gâté toute cette affaire. J’aurai
1 Le 6 février 1787, le duc d’Orléans prit l’engagement, envers les sieurs Gaillard et Dorfeuille, de faire construire une salle de spectacle rue Richelieu et dite Salle des Variétés , « le tout conformément au plan que Son Altesse Sérénissime a fait dresser par Louis- Victor Louis, son premier architecte, demeurant rue de la Michodière, paroisse Saint-Roch. — Lesdits plans au nombre de deux, dont l’un pour le rez-de-chaussée et l’autre pour le premier étage. » Cet acte fut passé devant Me Rouen, notaire à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, avec bail pour trente années, à partir du ier avril 1789 (remis au 18 avril 1794), à raison de 24,000 livres de redevance annuelle. Signé : « le duc d’Orléans, Dorfeuille, Gaillard, Louis, Girard et Rouen, notaires. » ( Archives nationales , série O, n° 20,270, Salle des Variétés, actuellement des Français.)
2 « Afin de satisfaire l’impatience du public, l’architecte de M. le duc d’Orléans, le sieur Louis, vient de faire composer et imprimer une Lettre sur le cirque qui se construit au milieu du jardin du Palais-Royal, avec de longs détails sur les plans, coupes et élévations de ce bâtiment. Sans entrer dans ces descriptions, qui ne sont bonnes et intelligibles que pour les gens de l’art, le résultat est une arène uniquement consacrée à des exercices équestres et particuliers à la Maison du prince et aux fêtes qu’il lui plaira d’y donner; après la saison de ces jeux et fêtes, elle sera convertie en un jardin d’hiver en y transplantant les arbustes qui seront sur la terrasse formant le pourtour supérieur de ce monument...» [Mémoires secrets, t. XXXV, p. 248.)
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» meme bien du mal à rétablir le crédit de cette entre- » prise. J emploie tout et j’espère beaucoup. Je vous » écrirai par le courrier prochain, car je n’ay, pour le » présent, un quart d’heure à moy 1 . »
Une des causes qui retardaient surtout la démolition du Château était la résistance du comte de Ségur, ministre de la guerre, au transfert des troupes; mais peu de jours avant l’avènement à ce ministère du comte de Brienne2, Louis avait obtenu, le 18 mars 1788, l’approbation des plans et devis des corps des casernes à construire sur les emplacements du Châieau-du-Hâ, sis en la ville de Bordeaux, livrables en dix-huit mois, le tout pour la somme de douze cent mille livres, moyennant laquelle somme l’architecte s’obligeait à prendre à sa charge les dépenses de ces bâtiments3.
Seulement, de l’approbation du projet à son exécution, il y avait une distance à franchir, et Durand prévoyait des obstacles au sujet desquels Louis lui répondait, le 3o septembre 1788 :
cc J’ay reçu votre lettre; il me paroît que vous n’êtes » pas rassuré sur l’affaire du Château-Trompette. Vous » devés croire cependant que je veille à ce que mes » intérêts ne soient pas absolument infructueux pour » moy ; mais, quand au ministère, vous ne devés en rien » craindre, car il ne peut nous faire aucun tort, puisqu’il » ne peut que veiller à ce que le Roy ne perde pas » absolument tout; n’ayant plus de privilège, ce n’est » qü’autant que nous ne nous entendrons pas que les
1 Victor Louis, etc., par Ch. Durand.
2 Loménie-Brienne (comte de), secrétaire d’Etat au département de la guerre, de 1787 à 1788; il eut pour successeur le comte de Puységur.
3 Vente de terrains , etc., consentie à M. Louis. — In-40, sans nom d’imprimeur, p. 3.
» ministres pourront mettre le né dans cette affaire. » M. Régnier, bien convaincu de cette pensée, m’est
» venu trouver pour me dire qu’il . falloit nous lier
» ensemble pour chercher à bâtir les cazernes. J’ai pensé » que ce que vous m’aviés proposé, il y a quelque tems, » pourroit fort bien nous mettre en état de faire ce » bâtiment; ce moyen est venu de lui-même. Il me » propose de me vendre du terrein; que je vendrais ce » même terrein, et que l’argent provenant de cette vente » nous mettrait à même de bâtir. J’ay accepté; mais » avant que de déterminer avec lui, je veux savoir quel )) terrein vous me conseilliez de prendre, afin de pouvoir » le vendre tout de suite ; quel prix on pourroit en avoir » de la toise, afin que je détermine la quantité qu’il faut » qu’il me vende pour fournir aux dépenses des cazernes. » J’inserre, dans ma lettre, un petit plan gravé, afin que » vous mettiés dessus des indications qui puisse me régler » d’une manière sure.
)) J’attends de vous une prompte réponse; je partirai » tout de suitte. Il ne faut pas cependant croire que je » pense qu’on puisse vendre, dans la quinzaine que » je passerai à Bordeaux... Donnés moi, sur ce que je » vous demande, tous les éclaircissements et renseigne- » ments possibles. Je n’attends que cela pour terminer. » C’est M. le comte de Brienne qui m’a engagé à me » charger de ce bâtiment ; il a bien senti qu’en chargeant » une compagnie de cette entreprise, on ne finirait jamais. » Ainsi, nous nous passerions de tout le monde, et je » crois que c’est le seul moyen à employer pour finir. » M. Régnier vendroit bien ses terreins, une fois les » cazernes en train, et je crois que les miens ne me » resteraient pas. »
MH