‹ Vie admirable de saint Alphonse RodriguezChapitre 38 sur 87 · Voir la note A · texte numérisé non relu

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60 VIE ADMIRABU'.

sur la vertu d'obéissance : Si, en sa qualité de portier, elle recevait du Supérieur Vordre de n'ouvrir à personne et que le Roi, se trouvant en cette ville, s'en vint à la maison et voulût entrer, son escorte et les gens de sa suite étant aussi à la porterie et demandant qu'on ouvrit au Roi, que ferait-elle? Elle répondrait à Sa Majesté de lui pardonner si elle n'ouvre pas, mais qu'elle a reçu l'ordre de n'ouvrir les portes à personne. Il lui semblait en effet que bien certainement elle n'ouvrirait ni au Roi, ni à aucun des siens, quand même elle serait maltraitée et persécutée par eux, et il lui paraissait voir clairement que dans les rencontres de ce genre qui pourraient survenir, quelques menaces qu'on lui fit, elle ne laisserait pas son cœur se troubler, alors qu'elle le tenait solidement fixé en Dieu par le commandement de son Supérieur. Il ne peut, en effet, y avoir de roc aussi solide que le cœur de celui qui est sous la garde de l'obéissance. Comme Abraham sur le point de sacrifier son fils Isaac, cette personne voyait dans l'ordre du Supérieur, le commandement de Dieu, et, comme lui, elle était prête à l'exécuter. Aussi tous les maux de cette vie ne seraient-ils pas capables de lui faire manquer à l'obéissance; elle ne doutait pas que si elle se chargeait de la cause de Dieu, en lui obéissant, ce même Seigneur prendrait soin de son obéissant serviteur, et ainsi tout tournerait à la gloire de Dieu (1).

1. Le P. Alphonse fit ce qu'il avait résolu dans la circonstance suivante :

« On devait représenter dans notre collecte un1? tragédie pour les élèves de nos écoles. On avait invité le vice-roi, l'évêque, les chanoines, les reliuieux et d'autres personnes de marque. Pour ue pas être à court de place, le supérieur ordonna au portier (qui était notre frère Alphonse) de ne pas ouvrir les portes avant telle heure ; car d'or.iinaire, ces jours-là, la foule venait d'avance et occupait les places destinées aux principaux personnages ; le supérieur ajouta que, pour parer à. toute difficulté, il lui enjoignait de ne pas quitter un instant la porterie. Voilà que

Iii: S VINT ALPHONSE RODRIGUEZ. et

MÉMOIRE écrit en 1606 fl).

414. C'est pour cette personne un affront de recevoir quelque marque d'estime, et elle souffre de tout honneur qu'on lui rend. Si par exemple on la prévient en la saluant, on lui fait de la peine ; c'est pour elle une injure semblable à celle que ressent un homme du monde en recevant un soufflet.

Elle considère les bons traitements comme fâcheux ; ils lui sont des humiliations et des croix ; elle est contente, quoiqu'on lui donne, quelque vil ou insuffisant, mal apprêté ou insipide que ce soit ; elle est plus aise d'avoir un vieux vêtement qu'un neuf; elle voit clairement en effet que le vêtement le plus vil et le plus méprisable est le plus précieux, parce que, si elle sait en tirer parti, son àme avancera davantage dans la perfection.

Elle tient pour un grand bonheur d'être oubliée de tout le monde, parce qu'alors elle s'occupe de sesinté-

le vice-roi et l'évoque, les seigneurs D. Louis et D. Jean Vique, qui étaient frères, arrivèrent à la porterie avant l'heure indiquée par le supérieur. Les personnes de leur escorte avertirent le Frère portier que leurs Seigneuries étaient la; il répondit ce qu'il avait résolu de dire ; et quelques instances qu'il fissent, ils ne purent obtenir, ni qu'il ouvrit, ni qu'il bougeât de sa place. Enfin, quelqu'un étant allé avertir le supérieur de ce qui se passait, celui ci vint en toute bâte, ordonna d'ouvrir et expliqua à leurs seigneuries la cause du retard » (P. Colin, 1. 1, chap. xin).

1. Dans le manuscrit A, le mémoire de 1604 est écrit de la main du P. Arcaina; celui-ci et tous les suivants sont écrits par le Saint lui-même. ^

rets spirituels en conversant avec Dieu ; il y a en effet toujours grandement à négocier avec Dieu, tant est profonde la misère de l'homme, tant son àme faible, ignorante et dénuée de tout bien, est sans cesse exposée à des rencontres dangereuses pour le salut. C'est pourquoi elle prie Dieu de la garder de tout mal et de l'aider, conduire et diriger, afin qu'elle ne soit ni trompée ni abattue par suite de son ignorance ou de sa faiblesse. Lorsque Dieu lui communique sa lumière, elle ne se peut regarder, tant elle a de dégoût de se voir si mauvaise et si infecte ; s'il lui était possible de se fuiretde ne plus se voir du tout, elle le ferait volontiers,comme Ton s'enfuit bien loin d'un ennemi que l'on ne veut plus avoir devant les yeux.

On lui fait de la peine en la louant. C'est la tromper en L'If.'t, puisqu'elle ne voit et n'a en elle rien de bon ; lui dire qu'elle a quelque chose de bon ou qu'elle fait quelque bien, c'est donc pure tromperie.

Si on loue quelqu'un qui ne se connaît pas, il court risque de s'entler, au sujet de ce qu'il n'a pas, et de se perdre ; aussi celui qui en loue un autre, lui cause un grand dommage, en le trompant manifestement. Au contraire, celui qui dit ses fautes à un autre, le désillusionne et fait à son égard une œuvre excellente : aussi doit-on l'avoir en particulière estime et affection, et même le remercier pour un aussi grand bienfait. Ceux qui me connaissent bien, me tirent d'erreur en m'avertissant de mes fautes, et ils nie font du bien ; ceux au contraire qui m'honorent et m'appellent saint, me font du mal, ils ne me connaissent pas; c'est pour bêla qu'ils disent du bien de moi; s'ils me connaissaient, ils en diraient du mal, parce qu'ils verraient seulement du mal en moi.

Un jour, il arriva ce qui suit à cette personne. Un

riche et brillant chevalier de la ville de Majorque (1), qui avait environ trente ans, perdit sa femme. Quelques jours après, il vint au collège et cette personne eut occasion de lui parler. Quoique veuf depuis si peu de temps, il était vêtu comme s'il eût dû bientôt se remarier ; c'est pourquoi cette personne, voyant qu'il ne portait pas les A'ètements de deuil, se mit à lui parler de Dieu. Elle lui manifesta tout d'abord son étonnement de le voir si élégamment vêtu. «Est-ce pour cela, lui dit-elle, que Dieu a appelé à lui votre femme? » Elle voulait lui faire entendre par là que Dieu ne lui avait pas enlevé sa femme pour qu'il se remariât, mais pour qu'il rentrât en lui-même et se mit à servir Dieu sérieusement. Elle se mit alors à lui dépeindre, comme elle a coutume de le faire toutes les fois qu'elle traite avec les personnes du monde, la vanité et la brièveté de la vie, l'éternité des peines de l'enfer et leur intensité: elle lui lit voir combien il était raisonnable de se tenir prêt à paraître devant Dieu, en le servant et en vivant comme on voudrait l'avoir fait à l'heure de la mort.

Je crois que cette conversation fut assez longue. Dieu toucha tellement le chevalier de ces paroles, qu'il se détermina à rentrer en lui-même, à étudier et àse faire clerc. 11 devint ensuite par sa vertu un sujet de grande édification pour toute la ville. Un jour, il vint à la maison et dit à cette personne que s'il portait l'habit clérical, c'était à cause des paroles qu'elle lui avait dites, paroles qui l'avait remué au point de le faire changer de vie. Il ne s'en tint pas là ; quelques jours plus tard, conversant avec cette personne et une troisième, il redit devant celle-ci ce qui avait causé son

{. Ce jeune homme s'appelait Pierre Santacilia,

changement: Dieu peut faire de grandes choses avec des instruments de rien. Depuis qu'il est prêtre, il vient souvent dire la messe au Collège ; il a fait faire pour son usage un calice fort riche, deux belles chasubles, l'une blanche, l'autre rouge, une aube et tout ce qu'il faut pour dire la messe; tout cela est dans notre sacristie. Il persévère dans la vertu, à la grande édification de tous. Gloire en soit rendue à Dieu 1

Un jour, cette personne résolut de se priver de sel à ses repas et voici plus de vingt ans qu'elle n'en a mis ni dans les légumes cuits, ni dans les œufs à la coque, ni dans la viande, ni en quoi que ce soit. Elle s'est privée d'aller à la campagne; et pendant l'espace de trente ans, elle n'a demandé cette permission qu'une seule fois ; c'était pour la consolation d'un Frère qui désirait aller à la campagne avec elle, afin de parler de Dieu. S'il arrivait que l'obéissance l'envoyât à Notre- Dame du Mont (1), elle se privait de prendre une seule fleur et aussi de regarder les fruits des arbres et ceux de la vigne pour ne pas satisfaire son goût en ce point. Elle ne prenait rien et ne disposait de rien à la maison. Un jour que l'obéissance l'avait envoyée faire une commission, elle s'oublia et prit deux ou trois fèves dans un champ; mais se rendant ensuite comptede ce qu'elle avait fait, elle s'en fut à la maison et laissa les fèves sur la table sans oser en disposer.

-4T. Dieu a conduit cette personne par la voie suivante, en ce qui concerne l'obéissance. En premier lieu, elle croyait par la foi, que le commandement du Supérieur était l'ordre de Dieu Notre-Seigneur ; et sans plus s'enquérir, elle exécutait aveuglément sans rien

i. Nom de )a maison de campagne.

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voir et seulement à l'aide delà foi, qui est credere quod non vides (P. Après cela. Dieu lui communiqua une lumière d'en haut, par laquelle elle connut comment l'on iissance procède de Dieu, de sorte qu'elle ne regardait plus rhomme,mais Dieu d'où venait l'obéissance. Ensuite, elle connut que cette vois, du Supérieur n'était ; as celle qui l'appelait ou lui commandait, mais celle de Dieu.

Le mode d'obéissance que Dieu lui fit connaître plus lard semble être plus parfait que l'obéissance de foi, qui est credere quod non rides ; elle consiste à faire ce qu'elle voit et sait que Dieu lui a ordonné défaire, en voyant comment cet ordre procède de Dieu ; ou encore en voyant cet ordre comme le voient les anges, c'est-àdire en Dieu lui-même, qui se révèle à elle quoique avec moins de lumière qu'aux anges qui le voient face à face. Danscemole d'obéissance, l'obéissant ne se souvient pas pendant l'exécution qu'il obéit à un homme, mais seulement de Dieu qui lui commande et lui parle par la bouche de l'homme ; de Dieu, vers qui il a les yeux tourné-, à l'exemple des anges du ciel. Oculi mei semper ad Dominum (2).

Ceux qui imitent les anges en obéissant, ne s'arrêtent à aucun raisonnement; mais ils exécutent avec une obéissance aveugle, ce qui leur est commandé, quand même la chose ordonnée serait impossible ou très difficile, ou inutile; quand même il semblerait que c'est folie ou imprudence; s'il s'agissait par exemple d'immoler son fils, comme Abraham en reçut l'ordre. L'obéissant exécute alors en effet ce qu'il sait être l'ordre de Dieu, et cela est toujours un grand acte de

i. « Croire re que tn ne vois pas. »

■1. Ps., xxiv, 15. « .Mes yeux sont toujours élevés vers le Sei- •jueur. •

vertu. Il est vrai que, pour atteindre un si haut degré dans l'obéissance et pour l'exercer dans des choses de cette nature, il faut, comme notre bienheureux Père, s'être rendu aussi parfaitement obéissant que les anges: Si le Pape, disait-il. m'ordonnait de m'embarquer au au port d'Ostie, sur la première barque que je trouverais et que cette barque n'eût ni mat, ni gouvernail, ni voiles, ni rames, ni aucune des choses qui sont nécessaires pour naviguer et traverser la mer, je le ferais et j'obéirais non seulement avec paix, maisencore avecjoie et allégresse.

L'obéissance que nous demande notre bienheureux Père, est si relevée que peu arrivent à connaître et pénétrer sa grandeur, et bien moindre encore est le nombrede ceuxqui l'ont implantée dans le cœurcomme notre bienheureux Père. Cependant, qui aura plus de prudence, de sagesse et de discrétion que celui qui fait. la volonté de Dieu ? Et c'est ce que fait celui qui obéit aveuglément à son Supérieur, en croyant que tout ce que le Supérieur ordonne est l'ordre de Dieu Notre- Seigneur et procède de Dieu ; cette conduite est en usage parmi les Saints et elle doit être imitée de quiconque veut parfaitement obéir.

Le sommet de cette sublime vertu se découvre quand il arrive que le Supérieur donne à l'inférieurdes ordres dont l'exécution est difficile ou même impossible, ou expose à de grands dangers ; comme dans le cas d'Abraham, ou dans celui où se plaçait notre bienheureux Père. Il est vrai que pour pratiquer une si héroïque vertu, il faut être animé d'un esprit d'obéissance aussi parfait que celui des anges. Mais Dieu donne à l'âme, pendant l'action, ''assurance qu'avait Abraham ; elle sait avec certitude que •' it Dieu qui lui fait ce commandement; elle sait uu'e-l! ■ ' litàDieu en l'exécutant

et qu'elle réussira à en venir à bout ; enfin son assurance est aussi grande que si la chose était déjà faite, de sorte qu'elle obéit sans lie moindre trouble, pans la plus légère inquiétude. Quand on est parvenu à obéir avec cette parfaite sécurité, qui ressemble à celle des an^es et qui procure à l'âme paix, tranquillité etrepos, on a atteint le sommet de l'obéissance. Nulle intelligence humaine n'est capable de comprendre ce qu'une âme possède alors de paix, de tranquillité, de certitude et de repos en Dieu, excepté celui qui l'a expérimenté lui-même.

Dieu a communiqué à cette personne une partie de cette sécurité dans l'obéissance, sans parler des autres faveurs qu'il accorde ordinairement à ceux qui travaillent à se mortifier et à détruire en eux l'amour et le jugement propres. .4'/ majorent Dei gtoriam.

■48. Un jour que cette personne méditait sur la mort et sur la brièveté de la vie, arriva à Majorque un juriste venant de Naples, où. il avait rempli un emploi aussi important (d'après le dire de ses domestiques), que celui du Vice-Roi de Majorque. Cet homme était ambitieux ; ce qu'il me dit, nie le prouva manifestement ; et il cherchait les moyens de monter plus haut en grade. Il vint donc ici avec des recommandations du Vice-Roi de Naples et d'autres grands Seigneurs; enfin, il était muni de lettres pour le Roi. Il me fit part de ses projets; il se rendait à la cour pour satisfaire son ambition : mettre à profit ses talents et la faveur dont il jouissait était son unique préoccupation.

Il vint au Collège. Il y avait fait ses études, et cette personne, qui se souvenait de lui, ressentit intérieurement un grand désir de lui parler, désir qui venait d'en haut; elle lui dit donc qu'elle voulait l'entretenir et il

accepta parce qu'ils se connaissaient déjà. Lorsqu'il revint an Collège quelques jours après, ils eurent l'entretien projeté. La conversation roula sur les sujets différents que chacun d'eux avait en tête: le juriste énumerait les recommandations dont il était chargé pour le Roi et pour la Cour ; il mettait à nu ses projets ambitieux et ses rêves de grandeur ; de son côté le Frère mettait tous ces rêves à néant en leur opposant la brièveté de la vie, le danger qu'il y a d'offenser Dieu et de se perdre, la grièveté du péché et l'éternité des peines de l'enfer; à mesure que son interlocuteur s'élevait parla considération de la faveur dont il jouissait, il cherchait à l'abattre par la crainte des jugements de Dieu, et il déconcertait ses vues. L'entretien dura assez longtemps. Enfin le juriste se retira.

Ce que lui dit le Frère pénétra si avant, et Dieu, dont le bras est tout-puissant, remua tellement son cœur, qu'il fut changé en un autre homme. Il revint au collège un jour ou deux après; on ne saurait imaginer à quel point il était transformé. Il suivit les conseils du Frère et abandonna la voie qui conduisait à la cour, avec toutes les faveurs qu'il ambitionnait.il commença dès lors une vie recueillie et pénitente, se mit à jeûner et à l'aire oraison. EnfinDieu le convertit entièrement et il sedétermina à tout quitter.llmit sesaffairesen ordre et entra à la Chartreuse, où, en laissant tout, il trouva tout. Aujourd'hui il a fait profession et persévère avec beaucoup de courage et d'humilité.

Un tel changement opéré en lui en si peu de temps, deux ou trois jours, était manifestement l'œuvre du ciel ; ce qui lui faisait estimer davantage cette grâce insigne. Il dit plusieurs fois au Frère que c'était à lui après Dieu, qu'il la devait ; Dieu, il est vrai, avait inspiré au Frère, avant qu'il ne le vit, un grand désir

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de lui parler, désir de telle nature qu'il le pressait sans cesse, et l'obligeait d'obéir. Avec un morceau de bois, Dieu peut faire des merveilles, et c'est ce qu'il fit avec la verge de Moïse ; mais cela n'empêche pas le morceau de bois d'être un simple morceau de bois. Dans la suite, ils parlèrent souvent ensemble de Dieu et de la conduite à tenir pour avancer dans la vertu.

-49 Un jour que cette personne se trouvait en un lieu d'où l'on voyait la mer, elle aperçut une grande armée navale; et sans qu'elle y eût pris garde ni qu'elle eût pensé à une chose semblable, au moment où elle aperçut cette flotte, elle vit que Jésus marchait en tête ; une armée d'Anges remplissait les vaisseaux et la Vierge Marie fermait la marche ; ainsi le premier était Notre-Seigneur, sa Mère venait la dernière, tous deux protégeant la flotte en lui formant comme une avant-garde et une arrière-garde. Au sujet de cette vision, elle reçut l'explication suivante : Soutenu par cette armée céleste, le Roi devait partir en personne à la tête d'une grande armée pour repousser et assujétir les Maures, dont le pays se convertirait avec une grande facilité à la foi chrétienne.

Cette personne sentait au fond de so i cœur que la chose aurait lieu aiusi sans qu'elle put résister à ce sentiment ni le rejeter ; quoiqu'il y ait maintenant plusieurs années qu'elle a eu cette vision et qu'elle cherche à l'écarter, elle ne peut chasser de son cœur la pensée qu'elle se réalisera un jour; il lui semble que la victoire sera telle, qu'aucun roi chrétien n'en a jamais remporté de semblable et quelle procurera une grande gloire à Dieu et le salut de bien des âmes.

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