II
loi VTE ADMIRABLE
gneur de toute gloire et de tonte majesté qui y règne, est celui-là même qui souffrit tout cela et beaucoup plus encore que ce qu'elle en aperçoit sur le crucifix ; et, s'excitant en son cœur, elle dit à Dieu : « Seigneur, qui donc ne mourra pas d'amour pour vous? Comment se peut-il que tout le monde ne meure pas d'amour pour un tel Maître, qui par amour a souffert ainsi pour tous les hommes? Qui ne voudra servir un tel Maître? » On voit par là combien les saintes images sont précieuses: grâce à elles, l'homme voit ce qu'il doit à Dieu; il sort de sa torpeur en considérant combien un Dieu d'une si haute majesté a fait et fait encore pour lui. Il s'enflamme ainsi de son amour ; il s'excite à le servir, à le contenter et à lui plaire. Or, ce sont surtout les images de Jésus et de sa Mère qui atteignent ce but, parce qu'elles font connaître et aimer ceux à qui nous devons tant.
La reconnaissance qu'elles excitent ne doit pas se berner aux paroles, quoique ce soit une chose bonne et sainte ; mais elle doit procéder de l'amour de Dieu, et elle est alors la reconnaissance du cœur, reconnaissance d'autant meilleure et plus agréable à Dieu, que l'amour divin est plus fort. C'est en effet du parfait amour que l'a me a pour Dieu que découle la parfaite reconnaissance de l'àme envers lui et envers la Sainte-Vierge sa Mère.
1 S6. Cette personne a encore une peine qui la tourmente beaucoup : c'est d'être bien traitée. Elle est contente quand on l'oublie, car alors elle peut, lui semblet-il demeurer, recueillie en Dieu, son centreet son tout. A l'exception de Jésus et de Marie, elle ne désire rien en ce monde; elle voudrait donc que tout le monde l'oubliât et elle voudrait aussi oublier tous les hommes ou ne s'en souvenir que pour les recommander à Dieu.
« Laisse-toi et tu me trouveras ; quitte tout et tu trouveras tout » la grâce et la gloire.
13T. Il arrive aussi que le démon veut l'embarrasse? par des difficultés relatives aux choses de Dieu; en lui demandant, par exemple, comment ou pourquoi Dieu ne fait pas en sorte que tous les hommes se sauvent, puisqu'il les aime tant. Cette personne se dérobe sans répondre, sans argumenter avec le démon, suivant ces paroles de l'Apôtre : « Nâ cherchez pas à savoir plus qu'il neconvient desavoir (I)». Laissant le démon, sans répliquer un mot, elle s'en va trouver Jésus et Marie, et se elle jette à leurs pieds comme un petit entant. Elle ne veut pa?, leur dit-elle, en savoir plus long qu'un enfant à la mamelle, elle les prie de l'accueillir et de disposer d'elle à leur gré. Comme elle est ainsi tout occupée à traiter avec Jésus et Marie, en se faisant petite comme un enfant, elle ne fait plus attention à ce que le démon lui allègue et ne pense qu'à être tout entière à Jésus et à Marie ; voilà son remède, son refuge et son appui. Aussitôt elle est délivrée, la tentation a disparu.
Elle voit clairement que les tribulations, les persécutions, les tentations des démons, les humiliations, les maladies et toutes les adversités viennent de la main de Dieu pour servir au salut de l'homme. Dieu les lui envoie afin qu'il se corrige de ses défauts, acquière les différentes vertus et se sanctifie; car ses épreuves lui font pratiquer la vertu, et si elles lui manquent, les vertus et la sainteté lui feront aussi dél'a t. Comme tout vient de la main de Dieu, rien ne peut no: s arriver, adversité ou prospérité, bien ou mal, qu'il ne le veuille