‹ Vie admirable de saint Alphonse RodriguezChapitre 57 sur 87 · Luc, x, 16. t Celui qui vous écoute, m'écoute · texte numérisé non relu

Luc, x, 16. t Celui qui vous écoute, m'écoute

blés, naturellement le cœur se révoltait au dedans. Alors, elle réprimait fortement sa révolte et l'apaisait, jusqu'à ce que le cœur ne se soulevât plus.

C'est là une mortification très salutaire. Si elle fait détaut, il n'y a aucun progrès possible. C'est pourquoi il faut, avec l'aide de la grâce, se faire violence devant Dieu : comme un cavalier qui, en usant du frein et des éperons, fait faire ce qu'il veut à un cheval vicieux. On retire un grand fruit de cette mortification.

Grâce à la victoire qu'elle avait emportée sur ellemême, cette personne arrivait à la porte toute pacifiée, et elle ouvrait comme si l'on n'eut sonné qu'une fois et tout doucement.

Souvent elle se trouvait très fatiguée de corps et ne pouvait se mouvoir qu'avec peine, et en même temps elle jouissait intérieurement d'un merveilleux repos.

Une quatrième chose était celle-ci. Comme elle s'était si fort accoutumée à ouvrir à Jésus-Christ, elle se trouvait en un instant auprès de celui auquel elle allait ouvrir ; et pleine de joie et d'allégresse, elle le recevait comme on reçoit un ami qui vient du dehors. Elle ne se souvenait plus alors des hommes, mais seulement de son Dieu ; et sans qu'elle pensât à pareille chose, il lui apparaissait, quand elle allait ouvrir et elle le voyait venir avec la très Sainte-Vierge et une multitude innombrable d'anges.

Il lui arrivait parfois, étant bien fatiguée, de chercher quelqu'un, sans pouvoir tout d'abord le rencontrer. Lorsque après avoir passé beaucoup de temps à sa recherche, elle parvenait à le trouver, elle l'abordait, et lui remettait le message sans lui laisser soupçonner sa peine.

MEMOIRE écrit en janvier 1611.

160. Un jour, le Père Provincial (1) venait de s'asseoir pour nous faire une exhortation dans notre église ; nous étions tous assis, et il allait commencer,lorsque cette personne futcomme frappée au cœur d'un coup de foudre ou d'un éclair, qui n'était autre chose qu'une très vive lumière concernant la volonté divine (a). Elle comprit que le cœur est le sceau de la volonté divine ; et que la volonté de Dieu est que l'àme en s'exerçant intérieusement en présence de Dieu à mortifier sa volonté, acquière cette grande chose, à savoir : qu'il ne se rencontre plus dans son cœur autre chose, ni pour soi ni pour les autres, que sa divine volonté. Le moyen qu'elle employait pour y parvenir, était de s'abandonner entièrement à la volonté divine.

Un jour qu'elle servait la messe au Père Recteur (2) dansla petite chamelle, et qu'elle recommandait ceci à Dieu, elle reçut de grandes lumières: Dieu lui répéta avec instance au fond du cœur combien il estimait la remise entière de l'àme entre ses mains, eu quoi consiste le sommet de la perfection. Il lui dit, en l'encourageant,

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