‹ Vie admirable de saint Alphonse RodriguezChapitre 68 sur 87 · MORT DU FRÈRE ALPHONSE RODRIGUEZ ET MERVEILLES DONT DIEU L'HONORA · texte numérisé non relu

MORT DU FRÈRE ALPHONSE RODRIGUEZ ET MERVEILLES DONT DIEU L'HONORA

Le Frère Alphonse avait éprouvé dans son corps d'innombrables souffrances, beaucoup d'afflictions en son'àme, de grands tourments et nombre d'embûches de la part du démon, qui l'avait persécuté tant dans le corps que dans l'âme: en un mot, il avait beaucoup souffert, suivant ce que Dieu lui avait dit. Maintenant il devait être consolé: car à l'égard des siens, Dieu est plus libéral dans la répartition des biens que dans celle

i. P. Marimon, vie manuscrite, 1.111, SS-, 5.-13.

Le P. Jean Marimon naquit à Siueu, l'uue des principales villes du royaume de Majorque. Jl entra dans la Compasnie le 4d*ce*ibre io'80. à l'àre de 17 ans, et mourut le 2 lécpinbre 1627. dix ans aprè; le Bienheureux Alphonse. Au collèce de Moutésion, il euseisna deux uns la pranunaire <t neuf ans la theoloeie morale; il fut trois ans ministre ftdeux fois recteur, de 1618 a 1622 et de 162o jusqu'à sa mort. Il ne pouvait parier ni entPit Ire parler des vertus d'Alphonse, dont il fut le premier biographe, sans verser d'abondantes larmes de tendresse et de dé>. oiiou.

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des épreuves et des maux, qu'il leur envoie ou qu'il permet. D'ailleurs, il lui avait promis, non une fois mais plusieurs, qu'il le consolerait à sa mort ; et bien que suivant ces paroles: Cum dederit dilectis suis somnum, ecce hœredilas [i)~, il eût pu, pour accomplir sa promesse, se borner à donner à l'àme de son serviteur, l'héritage de la gloire éternelle en lui envoyant le sommeil de la mort; néanmoins il voulut le réjouir dès cette vie, avant de le conduire au ciel après sa bienheureuse mort.

C'est pourquoi trois jours entiers avant sa mort, comme le Frère venait de communier une dernière fois, toutes ses souffrances cessèrent à la fois ; son visage devint beaucoup plus frais et plus clair que lorsqu'il était en pleine santé; il parut coloré; et nous qui, pendant tant d'années, l'avions connu ici et avions vécu avec lui, nous ne ie vîmes jamais plus vénérable, et plus beau.

Pendant ces trois jours, Alphonse (suivant ce que nous crûmes tous) fut plongé dans une très haute et très suave extase, où il jouit dès cettevie du souverain bien qu'il allait bientôt posséder parfaitement. De temps en temps, il ouvrait des yeux, pleins d'allégresse et il disait : « Oh! Jésus! » Si on lui parlait, quelque fort que ce fût, il ne répondait à personne et il ne donnait aucune marque qu'il entendit ce que l'on disait. Seulement, quand l'infirmier voulait lui donner du bouillon, il ouvrait la bouche et avalait sans difficulté. Pendant tout ce temps, il ne manifesta par aucun signe extérieur qu'il souffrit quelque chose; tandis qu'auparavant, lorsqu'il endurait des douleurs intenses et multipliées, il les laissait voir, ce qu'il fit

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