XIV LETTRE APOSTOLIQUE
ciel de leur vol tumultueux et d'horribles cris stridents; et elle s'efforçait de les dissiper et de les détruire. Celles-ci offraient la plus vive résistance, et bien qu'elles eussent été amoindries et rudement frappées, elles recommencèrent le combat une seconde et une troisième fois, jusqu'à ce qu'enfin leurs corps, mis en pièces, eussent jonchés le sol.
Le P. Jean-Baptiste Marti nez, confesseur d'Alphonse, lui expliqua ainsi le sens de cette vision : Il entrerait prochainement dans la Compagnie de Jésus et il y remporterait d'éclatantes victoires sur le démon, en combattant sous l'invocation et sous la garde du Très Saint Nom de Jésus.
Aucun autre devoir ne l'empêchant plus de suivre l'appel de ciel (car depuis la mort de sa femme, les enfants qu'il avait eus de son mariage, étaient morts aussi), il résolut donc de se consacrer à Dieu dans la Compagnie de Jésus, et il y fut reçu à Valence, le 31 janvier de l'an 1571, dans sa quarantième année. Comme il était déjà avancé en âge et ne pouvait se remettre aux études, il prit rang parmi les frères coadjuteurs, ce qui lui plut singulièrement, car il était très humble. Aussi rendit-il à Dieu de vives actions de grâces de ce qu'enfin, après les misères et les dangers du siècle, il se trouvait en sûreté et avait atteint le port de la religion.
Là, il donna tant de preuves de toutes les vertus, et spécialement des vertus d'humilité, d'obéissance et de pénitence, qu'il offrit un admirable spectacle