‹ Vie admirable de saint Alphonse RodriguezChapitre 76 sur 87 · LE PÈRE JEAN AGUIRRE · texte numérisé non relu

LE PÈRE JEAN AGUIRRE

Le Père Jean Aguirre naquit à Oropesa, dans le royaume de Tolède, enseigna la grammaire à Concentaina et en d'aulres \illes du royaume de Valence. Il entra dans la Compagnie vers le milieu de 1560, enseigna la grammaire dans les Collèges de Gandie et de Majorque et fui Préfet des études. Il eut un grand goût pour les missions. Allant seul un jour de Barcelone à Tarragone, il entra dans une maison, à Villafranca, pour demander l'aumône, et se mit à enseigner la 'loclrine chrétienne et à exhorter a la confession. Le jour suivant, il vint tant de monde qu'il demeura cinq jours à entendre les confessions. Il était très austère pour lui-même, extrêmement mélancolique et scrupuleux.

Pendant tout le temps qu'il fut au collège de Majorque, en compagnie du vénérable Frère, il traita familièrement avec lui des choses spirituelles. L'obéissance l'envoya ensuite en Catalogne et il alla s'embarquer au porl de Soller, qui est à trois lieues de la ville. Le Frère Alphonse eut aiors la révélation que, si le Père s'embarquait, il serait pris par les Maures et, à sa prière, un habitant de la ville écrivit au P re C"C, Supérieur de Majo que, le danger auquel il exposait le Père Aguirre Le PèreCoe, au rei.u de l'avis, doutant s'il devait le laisser partir, mit la chose à la majorité des voix ; à l'unanimité, on fut pour le retour du Père Ag ire.

Le Père Aguirre courut un autre danger, spirituel cette fois et par suite plus grave, pendant qu'il résidait au collège de Gandie, dans le royaume de Valence.

Dominé par une humeur mélancolique, qui le tourmentait beaucoup, il entra comme en frénésie et risqua de mourir sans se reconnaître et sans recevoir les Sacrements; il mon-

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