Livre VII, | 49 de la vie manuscrite du Bienheureux
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la nature de la communication surnaturelle qui éclaira alors son esprit, excita sa volonté et le IL parler.
Dès que l'on connut la révélation faite à l'humble Alphonse, avec toutes les circonstances que nous avons rapportées, et que l'on entendit que l'une des lins principales pour lesquelles Dieu avait envoyé la Compagnie au moule, était celle de défendre ce privilège et de propager le dogme de .Marie Immaculée, non Seulement les intelligences qui pouvaient chanceler un peu dans la foi relativement à ce dogme, lurent tranquillisées, mais les enfants de saint Ignace s'enflammèrent d'un saint enthousiasme pour répondre fidèlement à la belle mission que le ciel leur confiait. La nouvelle de la re\< lation se propagea' a\ee une ra;iidile étdhhsnté, grâce à une circonstance providentielle. Le Bienheureux eut celte révélation dans les dernières années de sa vie, pendant le gouvernement du Père .Michel Juan, qui était encore Recteur quan 1 Alphonse mourut. Le jour même de sa mort, le 31 octobre 1617, le P. Recteur écrivit une longue lettre, dans laquelle il relatait succintemenl la vie et les vertus du défunt; et il représentait le fait en question avec toute la force que permettait la brièveté de la lettre. Voici les paroles du Pi re, extraites de la version latine dont on se servit au procès de Béatification : Annis plus (jnadraginta offfium Immaculalx Coneepiionis quotidie reritnrU, in qùod mijstëriuril prceciptio studio ferebalur. Et culliim illuiii Deipàrœ accepiissimuni esse quadam die ab ipsa audivit. Qaum itaqùe ad ëurii amplectendttm omnes ad horUnetur, milv qv/indâtti et aliis coVcijii sodalibus, qui simul tubiscitm éràrit, dixit ûnam ex causis, ob ({lias nostram religionem, srilicet Societdietn Jesu, Christùs Dominas instituerai, hnnc fuisse, ut immàcùlatafn Couceptionem votinn facerel alqtte propurptaret. Hic autenï tanlo fervore emisit, vt majorent nunquam aliquis in ëà riotàverii : ëtsùbjécii ea se non de suo protulisse sed accepisse diviniius. »
Laudetur Jf.sus Chuistus, et Beat a Vikgo I.yi maculât a.
DK SAINT ALPHONSE HODIUGUKZ. 339
Note D EXHORTATION SPIRITUELLE DU SAINT FRÈRE, SUR SAINT IGNACE (t)
« Vins tuas, Domine, aemonstra miM. ■ (Ps. wiv, 4).
L.a fiile du roi Pharaon., raconte-t-on, se promenait un jour avec ses dames d "lionneur, sur les rives du Ni Ij lorsqu'elle aperçut sur le fleme une petite corbeille. Elle se la fit apporter et y trouva un très bel enfant qu'elle adopta >t fit éle\er, en le comblant de témoignages d'affection. Cette fille du roi Pharaon est une figure de la Vierge Marie. Notre- Dame, fille du Père étemel, mère de Dieu et épouse du Saint— Esprit, laquelle allai t avec ses dames d'honneur, les Vierges, considérer avec les yeux de son intelligence toute céleste, les rives du Nil, c'est-à-dire les rivages de ce bas-monde, et le regardant avec des yeux pleins de miséricorde et d'amour, y aperçut un enfant plein de beauté, qu'elle fit retirer de ce fleuve et élever dans son p lais en lui témoignant un amour extrême. Cet enfant fut saint Ignace. Il était plongé dans le3 eaux du monde, et tant qu'il y vérut, il ne fut qu'un enfant dans la vertu. Mais lorsque Notre-Dame l'en eut retiré, en le convertissant à. Dieu par ses prières, et qu'elle l'eut élevé elle-même, il cessa d'être un enfant et devint Un homme. Ceux, en effet, qui sont dans le monde, peuvent s'appeler des enfants ; et ce. ix qui l'ont quitté, des hommes. Grâce aux prières de cette Reine du c;el, D;eu opéra donc par Ignace deux grandes choses. Mais, afin que nous puissions en par er comme il convient, supplions cette même souveraine de nous en obienirla grâce, et pour l'y obliger davantage, disons un Ave Maria.
Via s tuas, Domine1, demonstra mihi.
Dans la Sainte Ecriture on raconte que Moïse, voyant un Egyptien frapper ceux du peuple de Dieu, fut emflammé d'un
1. Extraite du second volume des Œuvres spirituelles, pages 242 à 246.
tel zèle pour ses frères, qu'il tua cet homme et quitta alors les palais du roi et de sa fille pour se retirer dans le désert et y garder les troupeaux.
Ceci s'applique à saint Ignace, lequel, mû de Dieu comme un autre Moïse, vaillant et courageux comme lui, tua aussi, en y employant toutes ses forces avec la grâce de Dieu, un homme qui avait gravement affligé le peuple de Dieu et offensé Dieu lui-même, par ses péchés. Mais an lieu de tuer un autre homme comme fit Moïse, ce qui n'exige pas beaucoup de valeur, il se dompta et se donna la mort à lui-même, ce qui est le plus grand exploit qu'un homme puisse faire en cette vie (i). Beati mortui, qui in Domino moriuntur (2). Saint Ignace ne se borna pas d'ailleurs à se tuer en se mortifiant, mais il tua le démon et le monde, en les foulant aux pieds.
Cela doit aussi être l'objet de tous nos soins. C'est d'ailleurs ce que notre B. Père nous recommande si instamment dans les Règles, lorsqu'il nous dit de suivre Jé-us-Christ, qui est « la voie qui conduit à la vie », en cherchant l'abnégation et la mortification continuelle de nous-mêmes. C'est là que doit se porter notre sollicitude ; nous devons nous y exercer jour et nuit, en prenant garde, non de rechercher les douceurs, mais de nous maltraiter comme de véritables humbles. Ce doit être le sujet de notre oraison ; car une oraison d'où l'on ne retire par le fruit de la mortification, est suspecte.Veillons donc sur ce point, que notre Bienheureux Père estimait tant; de peur que, au moment de notre mort, nous ne nous trouvions avoir beaucoup de feuilles, mais peu de fruits.
I. David tua un lion et le géant Goliath ; niais il ne déploya pas en cela autant (te courage" que lorsqu'ils se vainquit eu dansant devant l'arche de Dieu, et s'exposant ainsi aux moqueries. Samson vainquit avec une mâchoire d'âue beaucoup de Philistins; mais il remporta une plus arande victoire, en se vainquant lui-même, lorsqu'il trompa Dalila sa femme, et lui résista en ne lui faisant pas connaître d'où venait sa force. Salomon, ce roi si sage, fut vaincu par ses femmes, qui le firent adorer les idoles, tandis que, s'il s'était vaincu lui-même, il aurait plu à la divine Majesté et ne l'aurait pas irritée. {Note du Saint.)