‹ Vie admirable de saint Alphonse RodriguezChapitre 9 sur 87 · XVI LETTRE APOSTOLIQUE · texte numérisé non relu

XVI LETTRE APOSTOLIQUE

dance extraordinaire des dons célestes, par lesquels Dieu voulut rehausser l'humilité d'un tel serviteur, en même temps qu'il le fortifiait et le consolait au milieu des persécutions prolongées et terribles que les puissances des ténèbres lui faisaient sans cessb souffrir d'une façon à peine croyable. La dernière de ces épreuves lui arriva peu de temps avant sa mort; ellepourraitparaîtremoinsrude(carledémon épargna alorsson corps, qu'il avait dans d'autres circonstances réduit à la dernière extrémité) et cependant elle fut de telle nature qu'elle eût pu abattre entièrement son esprit, et, en lui ôtant les biens les plus précieux de l'âme, l'amener à désespérer de son salut.

En effet, il sembla au très saint vieillard qu'il était dans le danger imminent de perdre l'amitié de Dieu, sans pouvoir échapper à ce péril ; qu'il l'avait mérité par ses fautes passées; et que ni Dieu ni la Mère de Dieu ne voudraient délivrer un homme si misérable, qui avait abusé de tant et de si grands dons. Aussi tout en larmes, il criait, le jour et la nuit, vers Dieu et sa divine xMère, en leur demandant miséricorde, et il s'efforçait de réciter ses prières accoutumées. C'était en vain: par suite d'une illusion du démon, il avait même oublié l'oraison dominicale; il n'avait devant les yeux que ses péchés passés et l'éternelle séparation de Dieu, qui le précipimii dans l'abîme. Son unique consolation était de demander fréquemment à ses compagnons de réciter devant lui les prières qu'il avait oubliées.

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