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même, disant plaisamment : « Je ne sais qui me mène et me soutient. »
Les malades lui étaient si chers, que ce titre seul suffisait à ses affections. Quand il venait quelqu'un se présenter à l’hôpital, elle prenait avec chaleur ses intévêts, et elle plaidait sa cause pour le faire receve Plusieurs fois on la vit pleurer, quand le méde après l'inspection, prononçait qu'il ne pouvait er'e reçu à l’hôpital. La tendresse maternelle qu’elle avait pour ces pauvres gens ne lui permettait pas de s’entretenir de leurs défauts. Elle parlait d’eux assez souvent, mais c'était pour procurer les inoyens de faire du bien, et surtout deles convertir. Cette mème charité faisait que c'était pour elle un sujet de peine quand l'obéissance ne lui permettait point de lenr donner quelques petites douceurs qu’elle eût pu teur procurer à la pharmacie. Mais elle trouvait moyen d'y suppléer, soit en leur accordant ce qu’ils demandaient, soit en leur adressant de bonnes paroles quand il était impossible de satisfaire leurs exigences. « Souvent, raconte une sœur, nous lui reprochions de trop écouter leurs fantaisies et d’être trop facile à leur donner de petits remèdes qui n’ont communément d’autre vertu que de flatter le goût. Elle répondait : « Pourquoi donc ne pas les obliger en ces petites choses, puisqu'il en voûte si peu pour leur faire plaisir? » Les malades, touchés d’une charité si douce, avaient en elle une confiance sans bornes. Quand ils la voyaient arriver dans leur salle, avec un air simple, cordial et enjoué, c'était une allégresse univetselle. Ceux qui pouvaient marcher venaient joyeusement à sa rencontre; les autres l’appelaient auprès d'eux pour en recevoir quelques paroles de consolation, et la petite sœur se prêtait à tout avec une douceur inaltérable. Tous voulaient être pansés par elle, disant qu’elle seule ne leur faisait point de mal. Elle procédait, en effet, à ces pansements avec un soiu, une attention, une délicatesse qui rap-
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pelaient la tendre sollicitude d’une mère pour ses enfants. Une mère n’a nulle répugnance à s'approcher de son enfant, même quand il est couvert d’ulcères , et jamais elle ne lui prodigue plus de soins que quand elle le voit devenir un objet d'horreur à tout le monde. Ainsi agissait la sœur Coulombe, s’approchant des malades les plus dégoûtants, dont la seule vue faisait bondir le cœur. Comme on lui demandait un jour comment elle pouvait se surmonter pour panser des plaies si infectes, elle surtout qui était obligée de s'en approcher de si près à cause de sa mauvaise vue, «Oh ! répondait-elle, je n’ai pas beaucoup de peine, et même j'aime cela. » Un jour qu’elle assistait à une opération que faisait le médecin, et qu’elle avait la figure tout proche de l’ulcère, la lancette, en perçant l’apostume, tit jaillir le pus tout autour et spécialement sur la figure de la sœur Conlombe. Elle se contenta de tirer son mouchoir, et de s’essuyer tranquillement sans témoigner aucune émotion.
Mais ce que la sœur Coulombe cherchait surtout dans l'exercice de la charité, c’était le bien spirituel de ses malades. Sa foi vive lui montrait sous les dehors abjects de la pauvreté et de la souffrance une âme rachetée par le sang de Notre-Seigneur, et souvent plus malade que le corps même. Si elle prodiguait tant de soins à ce corps souffrant, c'était pour passer jusqu'à l’âme et la gagner à Jésus-Christ. Elle profitait avec une sainte adresse de la confiance que lui témoignaient les malades pour les porter à Dieu. Plusieurs d'entre eux étaient malheureusement dans l’état du péché, eten grand danger dese perdre éternellement. C'est alors qu'elle déployait toutes les industries de son ardente charité pour obtenir leur entière conversion. Pendant qu’elle pansait leurs plaies, elle leur parlait avec une onction et une adresse toutes célestes, afin de leur inspirer le goût de la piété cu le désir de se convertir, On lui reprochait un jour de trop parler