LIVRE V
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476 YIE D'ADÉLÉ COULOMBE. :
aux malades, et ainsi de s’exposer à se fatiguer et à perdre du temps. Elle répondit : « Je ne me reproche pas cela. Ces pauvres gens ont tant besoin qu’on les encourage; ils sont plus édifiés lorsqu’on leur parle pour le bien de leur âme qu’ils ne le seraient de notre silence. » — « Je l'ai vue, dit une personne du monde qui se plaisait à veiller les malades avec elle afin de jouir du spectacle de sa charité, je l’ai vue exercer son zèle dans les salles, et c'était une chose admirable. Quelquefois de pauvres malades souffraient horriblement et commençaient à se livrer au désespoir. Alors cette petite sœur s’approchait avec un modeste et doux sourire du lit de ces infortunés, et, pour mieux s’insinuer dans leur âme, elle leur adressait quelques mots de consolation. « O mon frère, ou bien ma sœur, si c’é- «tait une femme, comme vous souffrez ! disait-elle. Oh! «que je serais heureuse de pouvoir vous soulager! » Puis elle Jui suggérait, avec une onction toute divine, les pensées les plus touchantes de la foi. « Regardez, « disait-elle, regardez Notre-Seigneur, qui a tant souf- « fert pour vous, en leur montrant le cruciäix attaché «au lit des malades et le leur faisant baiser. Dans les « plaies de Jésus, vous trouverez du moins la patience
« pour endurer votre mal. » Ces courtes paroles et autres semblables, que lui suggérait, selon l’occasion, son cœur toujours plein de Dien, étaient comme un baume salutaire pour ces pauvres âmes souffrantes, qui apprenaient à baiser amoureusement la main de Dieu, qui les châtiait pour les ramener à lui. Elle n’en disait pas beaucoup à la fois, pour ne pas les fatiguer
ni lesennuyer; mais le peu qu’elle disait tait si plein de grâce, que tous se sentaieut souiagés après l’avoir entendue, comme si une veriu secrète fût sortie de
cette âme sainte, ainsi qu'autrefois il en sortait de
Notre-Seigneur pour adoucir toutes les souffrances.
Mais, ce qui était encore plus touchant peut-être, et non moins admirable, c’était de voir la sœur Coulombe
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