LIVRE V
s'installait au milieu d'eux, comme un petit predicateur, et leur parlait avec un., étonnante facilité, soit en anglais, soit en français, sur. toutes sortes de sujets de piété. Les malades, rangés autour d'elle, écoutaient avec avidité et étonnement les helles choses qu'elle leur disait, et ceux qui sont encore vivants s’en souviennent et ne se lassent point de louer le zèle de la sœur Coulombe, non-seulement pour leur so!agement corporel, mais aussi pour le bien spirituel de leurs âmes.
Il n’est pas étonnant qu’une charité si pure, et dont les actes se répétaient tous les jours, ait avi d’admiration ceux qui en étaient témoins. Tous, catholiques et protestants, Ce aadiens et Irlandais, faisaient à l'envi l'éloge de la petite sœur pharmacienne, si dévouée et si attentive à tous leurs besoins. Les Irlandais, la voyant toujours sur pied et infatigable à les servir, l’appelaient : fe walking, la sainte qui marche. On a même entendu des protestants qui se disaient en parlant d’elle : She is a saint, c’est une sainte.
Tous ceux qui ont été soignés par elle en ont conservé le plus précieux souvenir, notamment plusieurs prêtres et aussi les ecclésiastiques du grand séminaire qui, étant malades, venaient se rétablir à l'hôpital Saint-Patrice. De retour au séminaire, ils se plaisaient à témoigner que les religieuses de cet hôpital, et surtout la petite sœur pharmacienne, les avaient tellement édifiés, que quelques jours passés dans cette maison leur valaient une retraite. Les direct-"1rs euxmêmes ont remarqué plus d’une fois les heureux effets de ce séjour sur les séminaristes.
Au milieu d’une vie si active, la sœur Coul:mbe ne laissait pas que de jouir d’une grande liberté interieure, fruit de son entière dépendance au bon plaisir de Dieu. C'est ce qu’elle témoigne dans l'écrit suivant, que les personnes surchargées d’occupations ne liront pas sans profit : « De mon abandon total à l’Esprit-Suint, vient
faire l'instruction à tous les malades à la fois. Elle
en Te
en moi une certaine liberté qui préside à toutes mes actions, liberté qui est connue de peu de personnes et qui me fait agir intérieurement avec calrie et avec plaisir, n’ayant que Dieu en vue. J’entenüs parler ici d’une liberté dont la racine est à l’intérieur ; car pour la liberté purement extérieure, elle est ordinairement accompagnée d'indépendance, de fierté, de désobéissance et de bien d’autres défauts. De celle-là, je n’en veux pas, et n’en veux jarnais avoir. Mais la mienne, c’est une grande aisance à faire mes actions, sans m'occuper des considérations humaines ou de propre intérèt, Cet oubli de toutes choses créées met l’âme dans la nécessité de ne penser qu’à Dieu et de ne travailler que pour lui. Elle est ferme dans son devoir, et ne se laisse jamais vaincre par le respect humain, Comme cette âme ainsi véritablement libre n’a plus d’ambition ni de désirs pour les choses de la terre, elle demeure toujours tranquille dans ses souffrances et les contre: temps. Quoiqu’elle paraisse surchargée, elle ne l’est pourtant pas: son action est libre comme son cwrr, Dans les accidents fâcheux, elle est toujours la mène, parce que partout elle reconnaît la volonté de Dieu. Elle s’humilie, craignant d’être la cause même des calamités publiques, et elle s'abandonne à la divine Providence. Comme l’âme intérieurement libre cherche Dieu en toute simplicité, elle veut aussi être simple dans ses manières. De là la gaieté et la joie qui l’accompagnent partout, avec les malades et avec les sœurs, même quand on l’humilie, soit en particulier, soit en public. Si elle a de la peine, elle tâche de ne la point faire paraitre. Si on lui parle brusquement, elle s’efforce de calmer les esprits par des paroles douces. Enfin elle demeure dans une grande égalité d’âme qui la rend ferme comme un rocher au milieu de toutes les vicissitudes de la vie. »
La sœur Coulombe se peint ici trait pour trait sans s'en apercevoir, C’est bien cette vertu toujours agis-
Pruc
utes mes sonnes el » et avec parler ici car pour airement désobéis- \, je n'en 1 mienne, ions , Sans de propre met l’âme de ne tradevoir, et | humain.
e n’a plus terre, elle ances et les iée, elle ne omme son oujours la volonté de ause mème à la divine bre cherche ètre simple pie qui l’acec les sœurs, lier, soit en ne la point it, elle s’efoles douces.
é d'âme qui eu de toutes
pur trait sans pujours agls-
sante, mais toujours libre, toujours aimable, Aussi on ne peut être surpris du succès qu’elle obtenait. Ce serait ici le lieu de parler des guérisons et des conversions, fruit d’une charité si chrétienne; mais elles formeront un chapitre à part.