CHAPITRE Vi
Esprit de prière de la sœur Coulombe.
Avant de parler des grâces singulières obtenues par le secours des prières de la sœur Coulombe, arrêtonsnous un instant à considérer cet esprit de prière qui était en elle comme la respiration et la vie de son âme,
Tous les chrétiens doivent prier, mais plus encore les personnes chargées du soin des autres, et, en particulier, la sœur hospitalière qui désire faire du bien à
l'âme aussi bien qu’au corps de ses chers malades. La prière, en effet, est l’instrument secret de la conversion des âmes, et Dieu lui-même prend, plaisir à voir les âmes pures gémir devant lui en faveur des pécheurs, qui lui ont coûté tout son sang. La sœur Coulombe avait compris cette nécessité de la prière ; elle en avait expérimenté l'efficacité. Aussi on peut dire que sa prière étaitcontinuelle, plus encore que parle passé.Elle tenait ordinairement à la main une petite statue de la sainte Vierge, qu’elle baisait à chaque instant. « Je voudrais bien, disait-elle quelquefois, en avoir une plus grande. J'achève de manger celle-ci, » ajoutait-elle en riant. Pendant le jour son âme s'élevait sans cesse devant Dieu, mème quand elle semblait le plus occupée. Le soir, en se couchant, elle prenait son crucifix d’une main, et sa petite statue de l’autre. Elle s'endormait toute remplie des pensées de Dieu, tellement que son sommeil même était une véritable prière, et qu’elle pouvait dire avec l’épouse des Cantiques : Je dors, mais mon cœur veille, Elle prenait ses délices à veiller la nuit dans les salles, non-seulement parce qu’elle pouvait soigner ses chers malades, mais aussi parce qu’elle satisfaisait alors son *ttrait pour l’oraison par des entretiens plus longs avec Dieu. Ce temps lui paraissait plus convenable qu'aucun autre pour la prière, parce que le silence y est plus profond, et, de plus, parce que les heures de la nuit étant celles où Dieu est ordinairement le plus offensé, elle aimait à le dédommager, par ses ferventes oraisons, de tous les outrages qu’il recevait. Une personne du dehors, qui venait quelquefois veiller avec elle, eut souvent occasion d’admirer son esprit de prière. « Tout le temps qui nous restait après le service des malades, dit-elle, nous l’employions à parler de Dieu ou à des exercices de piété. La petite sœur ne manquait jamais alors de m’amener dans la chapelle pour y faire le Chermia de croix, faisant à chaque station la méditation tout haut et sans
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