‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 122 sur 162 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Voyez son âme, qui s’en va dans l’autre monde. Ah! je sacrifierais volontiers toutes les jouissances du paradis pour la gagner à Jésus-Christ! » Puis elle disait à saint Joseph, avec une simplicité qui faisait rire les sœurs : « Bon père, si vous ne convertissez pas ce malade, emmenez-le ailleurs; je ne veux pas qu’il meure ici. » Elle faisait pour lui le Chemin de la Croix, offrait la sainte communion, allait même jusqu’à abandonner en sa faveur le mérite de toutes ses bonnes œuvres pendant plusieurs jours, engageant ses sœurs à en faire autant. [n’y avait nul moyen qu’elle n’employât pour obtenir ce qu'elle souhaitait si ardemment. Mais Dieu, dont les grâces sont comptées, avait épuisé en faveur de celui-ci la mesure de celles qu'il devait lui accorder. Il mourut donc dans son gbstination.

C’est ainsi que la sœur Coulombe et ses compagnes remplissaient les devoirs de sœurs hospitalières. Dieu donnait de grandes bénédictions à leurs travaux, parce qu'ils étaient fécondés par la prière et fondés sur l’esprit d'anéantissement. C’est ce que témoigne la sœur Coulombe elle-même dans une lettre que sa supérieure l'avait chargée d'écrire aux sœurs hospitalières de France, à l’occasion de la distribution des offices. « Pour remplir ces offices, disait-elle, nous serions au désespoir, si nous nous arrêtions à considérer notre faiblesse. Mais ce qui ranime notre confiance, c’est que nous attendons tout du divin Maître, qui, comme nous le voyons par le choix qu’il a fait de nous, se sert de ce qu'il y a de plus faible pour opérer ses œuvres. Et quand même nous ne ferions d'autre bien cette année que de faire admirer la puissance et la miséricorde de Dieu, quiemploie d'aussi pauvresinstruments pour faire ses ouvrages, nous serions contentes. Dans cet hôpital, il nous vient des malades de tous les pays : il s’en est trouvé de sept natious différentes à la fois. Voilà comment Dieu a permis que cette belle maison, si bien située, destinée à servir aux anabaptistes, soit devenne

un lieu de refuge pour les malades et les affligés, du milieu desquels s'élèvent vers le ciel tant de voix reconnaissantes qui bénissent Dieu de trouver ici un asile. »

En effet, un grand nombre d'âmes égarées sont venues trouver dans cet hôpital la santé de l’âme et du corps, et souvent la grâce de bien mourir. Ce qui faisait dire à M. le chapelain, témoin de tant de conversions, que Dieu se plaisait à y conduire de pauvres pécheurs, afin qu’après une vie bien orageuse, passée dans le péché, ils eussent le temps et la grâce de se reconnaître. Ces grands biens semblent avoir été pressentis par Mgr de Montréal, qui écrivait de Paris à Ja supérieure, en 4855, ces paroles remarquables : « Portez vos regards dans le lointain, et voyez ces pauvres âmes qui, attirées par la charité catholique et religieuse, se détourneront des voies de l’erreur pour entrer dans celle de la vérité. Comprenez bien que ces âmes égarées ne voudraient pas d’abord écouter le prêtre, que même elles s’en défient et le fuient. Mais il n’en est pas ainsi de l’hospitalière qui soigne le corps de ce pauvre malade. En reconnaissance des soins qu'il reçoit, il lui ouvre son cœur, il l'écoute, il la croit, il se courbe devant elle. I] lui faut, en présence de son dévouement, admirer et aimer une religion qui inspire de si sublimes sentiments. »

Cependant, quelque utile que fût l'hôpital Saint- Patrice, et quelque glorieux qu'il fût à la religion, il n'entrait pas dans les vues de la Providence de le conserver longtemps, et, après huit années d’existence, il devait se confondre avec celui de la ville, dans le grand hôpital du Mont-Sainte-Famille, inimense établissement nouvellement construit, où les sœurs hospitalières, désormais réunies en une seule maison, continuent, sur une plus vaste échelle, saus diviser leurs forces ct en se conformant à l'esprit de leurs règles, les merveilles de leur dévouement. C’est là qu’il nous faut suivre maintenant la sœur Coulomhe.

ligés, du ix r'econn asile. »

sont vene et du e qui faie CONVEre pauvres se, passée râce de se été pres- Paris à Ja es : « Pors pauvres e et relireur pour en que ces écouter Île le fuient.

qui soigne ssance des l'écoute, il t, en préne religion

ital Saintreligion, il de le conxistence, il ns le grand établisseirs hospitaisou, CONiviser leurs aurs règles, qu’il nous

Page 1