‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 125 sur 162 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Une vapeur qui se dissipe. Qu’en vestera-t-il à la mort? Laissons donc aux autres ces niaiseries. » C’est ainsi que, tout en édifiant ses compagnes, elle prenait à tâche de les récréer. « Notrc-Seigneur, écrivait-elle un jour, m'a fait comprendre que ma conduite et mes manières extérieures ne doivent avoir rien d’austère, ni de rude ou de singulier, mais qu’au contraire je dois conserver une certaine gaieté qui d’ailleurs m’est naturelle, un abord aisé et ouvert, des manières simples et faciles, afin de mieux cacher mon secret sous ce voile de la vie commune. » Avec un air si avenant, la sœur Coulombe ne pouvait manquer de se faire aimer et de faire aimer la vertu. Aussi était-elle chérie de ses sœurs,

Elle ne l'était pas moins des malades ; car, bonne avec ses sœurs , elle l’était également avec eux. Le dévouement qu’elle avait montré pour ses pauvres patients à l'hôpital Saint-Patrice se -déployait, dans ses nouvelles fonctions, avec une intensité et une ardeut toujours croissantes , parce qu’elle se voyait chargée d’une responsabilité plus grande ; et si elle commenca à Saint-Patrice son sacrifice dans l’exercice de la charité, on peut dire qu'ici elle se consuma, puisqu'elle y dépensa le reste de ses forces et de sa santé. Jour et nuit, on la trouvait prête à voler au secours de ses chers malades. Elle semblait se multiplier pour se trouver partout. Bien quesa complexion, naturellement délicate, füt déjà notablement affaiblie, elle ne laissait pas à d’autres le soin de faire ce qu’elle pouvait faire elle-même, à moins qu'il ne s’agit d’un travail auquel il fallait admettre ses compagnes , afin de les exercer. « Quelle précaution, raconte une personne à même de la voir souvent, quelle charité n’employait pas la sœur oulombe pour faire les pansements, sans égard aux répugnances de la nature? Eile se réservait les malades les plus difficiles et les plus dégoûtants, lavant leurs plaies, changeant leurs linges avec soin, et de si

Tr ner Pet Au

bonne grâce qu’on eût dit qu’il s'agissait d’une chose très-agréable. Et en effet, par l’esprit de foi qui l’animait , elle tenait pour un grand honneur de panser en union avec la très-sainte Vierge, comme elle le disait elle-même, les plaies de Notre-Seigneur dans la personne de ses membres souffrants. Je l’ai vue quelquefois oindre de l’huile qui brûle devant la statue miraculeuse de Notre-Dame-de-Pitié les parties malades de ces pauvres afiligés , les excitant avec une suavité toute céleste à mettre leur confiance en cette Mère de douleurs. C’était vraiment un spectacle édifiant de la voir les visitant tous les jours , leur témoignant sa compassion, écoutant leurs plaintes et leurs lamentations, puis leur adressant quelques mots d'encouragement et de consolation, les portant à souffrir leurs infirmités en esprit de pénitence et en union avec Notre - Seigneur. Toujours elle réussissait à les consoler, et quelquefois même à les guérir. Elle recommandait à ses compagnes, rapporte encore la même personne, de parler aux malades et de les égayer même, surtout en les pansant, afin de faire diversion à leurs douleurs et obtenir ainsi le moyen de mieux faire leur ouvrage. Souvent, disait-elle, les écouter, leur donner le temps de se décharger le cœur et d'exposer leurs peines , leur montrer de la compassion et de l'intérêt, vaut mieux pour eux qu’une bonne médecine. » Mais, si attentive qu’elle fût aux besoins du corps de ses chers malades, elle était, comme toujours, bien plus préoccupée de leur bien spirituel. Elle les engageait à prier, et s’unissait à eux. « Plus d’une fois, dit une de ses compagnes, en entrant dans la pharmacie , je l’ai trouvée priant avec quelque malade. C'était ordinairement uue pauvre infortunée qui devait subir une opération douloureuse. Elle l’y préparait par une neuvaine , qu’elle faisait avec elle, l’invitant à descendre tous les jours à une certaine heure, où elle la trouverait seule. Alors elle ornaïit d'avance l’image ou la statue du saint ou de

ine chose qui l’anipanser en

e le disait as la perquelquetue miranalades de avité toute re de doude la voir Sa, COMPASentations, agement et firmités en

- Seigneur.

quelquefois ses CoMpa- , de parler tout en les leurs et ob- 1vrage. Soule temps de eines , leur vaut mieux si attentive rs malades, éoccupée de rier, et s’ude ses coml'ai trouvée irement uue ération douine , qu’elle us les jours seule. Alors lu saint ou de

Page 1