LIVRE VI
la sainte qu’elles invoquaient, quelquefois même y tenait une lampe allumée durant toute la neuvaine, Pour ne point gêner ses sœurs dans leurs travaux, elle se servait pour toutes ces petites dévotions d’un cabinet attenant à la pharmacie, Elle y avait presque d’un bout de l’année à l’autre quelques objets de piété qu’elle ornait avec goût et symétrie, et qu’elle exposait à la vénération des visiteurs, Tantôt elle faisait le mois de l'Enfant Jésus; tantôt c'était le mois de saint Joseph, d'autres fois le mois de Marie, le mois du Sacré-Cœur. Quelquefois aussi, elle exposait les images de nos saints fondateurs et fondatrices, pour lesquels elle avait une affection toute filiale. Elle était heureuse quand on venait visiter sa petite chapelle. Elle y invitait tour à tour avec une joie enfantine les personnes de la maison, nos sœurs, et même les clercs médecins lorsqu'ils venaient pour quelqueaffaire à la pharmacie, ou que deux ou trois attendaient dans le parloir l’arrivée des autres,
C'était un bonheur pour elle quand elle avait pu ob-
tenir qu’on donnûit ainsi à Notre-Seigneur, à la trèssainte Vierge ou aux saints quelque marque de dévotion et de piété. Mais sa joie était au comble, lorsqu'elle avait pu procurer la guérison et surtout la conversion de quelqu’un de ses malades. »
Ces chers malades, elle les aimait tant qu’elle s’oubliait pour eux et ne s’apercevait pas qu’elle était malade elle-même. Sa santé, en effet, commençait à s’altérer ; mais la charité avait un tel empire dans cette âme qu’elle maitrisait son corps, auquel elle ne pensait presque plus. « Je la voyais, rapporte une de ses compagnes d'office, se consumer pour ses malades , et si je voulais l’arrèter, elle me disait : « Non, non, je sais trop bien ce que c’est que de souffrir, » En effet, pour soulager les malades, elle aurait fait dix fois le voyage dans les salles sans se plaindre, luttant contre ses propres douleurs, qu’elle négligeait poursoulager celles des autres.
be 2
Elle avait aussi à soigner les prêtres malades, et même les ecclésiastiques du grand séminaire, qui, depuis la suppression de Saint-Patrice, étaient obligés de venir en ville. Tous ceux qui ont été là l’objet de ses soins, comme ceux qu’elle avait assistés à Saint-Patrice, ont conservé de ses vertus un précieux souvenir. Elle ne les voyait pourtant qu'autant que cela était nécessaire pour ses fonctions; mais, vénérant en eux la personne de Notre-Seigneur, elle les soignait avec un respect ci profond, qu’ils en étaient grandement éditiés. Jamais elle ne leur parlait que de choses de piété, et encore brièvement; mais ce qu’elle disait faisait une impression si vive, qu’un jour un ecclésiastique nouvellement arrivé à l’hôpital disait après l’avoir entendue : « Quelle est donc cette sœur quiest aujourd’hui venue me voir? Oh ! si vous saviez les belles choses qu’elle m'a dites! » Un prêtre qui était resté plusieurs mois dangereusement malade à l’Hôtel-Dieu, et qui par là mème avait eu le temps d'apprécier la sœur Coulombe , écrivait après sa mort à une des religieuses de l’Hôtel-Dieu, les lignes suivantes : «La sœur que vous pleurez était une sainte. Elle m’a longtemps soigné à l’hôpital. Dieu la permis pour mon édification et pour mon bien spirituel. J'ai pu entrevoir les richesses intérieures de cette âme sainte qui brülait sans cesse du feu divin. Que de vertus! que de perfections ! C'était un cœur vide des choses terrestres , mais tout plein de Dieu. Comme elle devait bien invoquer l’Esprit-Saint ! Et comme cet Esprit, docile à sa voix, devait se plaire à habiter en cette âme pure et la remplir de ses dons divins ! Jai la douce confiance qu'après avoir pris un soin si charitable de mon misérable corps sur la terre cette servante de Dieu prendra les intérêts de ma pauvre âme danse ciel, et m’obtiendra la grâce de remplir les fonctions de la dignité sublime dont jesuis revêtu. »
La pharmacienne doit aussi avoir des rapports fréquents, comme on l’a dit, avec les personnes du dehors,
, et mème depuis la s de venir ses Soins,
itrice, ont ir. Elle ne nécessaire a personne
n respect si jés. Jamais , et encore ane impresuvellement ne : «Quelle ue me voir?
m'a dites! »
dangereuse même avait ibe , écrivait tel-Dieu, les pleurez était hôpital. Dieu on bien spintérieures de lu feu divin.
un cœur vide Dieu. Comme Et comme cet à habiter en $ divins ! J'ai soin si charire cette sera pauvre àme nplir les foncevêtu. »
rapports frées du dehors,