‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 128 sur 162 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

qui leur étaient faites. Si la chose arrivait, elle prenait à part le coupable et lui disait : « Îl ne convient pas, Monsieur, de rire ainsi de nôs malades. Croyez-moi, si vous voulez être un bon médecin et gagner la confiance de vos patients, ne vous moquez jamais d’eux. » Ces paroles étaient dites d’un ton si doux et si charitable; elle choisissait si bien son temps, que les autres ne soupconnaient même pas qu’elle lui faisait la monition, s’imaginant plutôt qu’elle parlait de quelque autre affaire. Si la faute était notable , elle ne disait rien pour le moment, se contentant de remarquer le délinquant; mais aussitôt que l’occasion s’en présentait, elle le reprenait en particulier avec un heureux mélange de prudence et de fermeté, qui l’obligeait à ne plus y revenir. Un jour, un de ces jeunes gens s'était assez gravement compromis , et, sachant que la vigilante pharmacienne avait découvert sa faute, il fut quelques jours sans venir. La sœur le fit prier par un de ses confrères de vouloir bien passer à la pharmacie, dans le temps qui lui serait le plus commode, parce qu’elle avait quelque chose à lui communiquer. Le jeune homme ne put se refuser à cette invitation. 11 vint donc. Que lui dit-elle? On n’en sait rien; tout ce qu’on sait, c’est qu'il avoua ses torts et remercia même la sœur, lui promettant de suivre exactement à l'avenir ses charitables avis. Plusieurs de ces jeunes gens, lors de sa maladie au Mont-Sainte-Famille, ont avoué qu’elle avait fait grand bien à leur âme. Aussi étaient -ils sincèrement affligés. Ils demandaient de ses nouvelles, et ne se lassaient pas de faire l’éloge de ses vertus. « Oh! quelle bonne sœur! disaient un jour deux d’entre eux. Quelle petite sainte! C'était vraiment une mère pour nous. » Voici ce qu’un autre écrivait après la mort de

la sœur : « J’ai toujours eu la plus haute estime pourla

sœur Coulombe; je n’oublierai jamais les sages avis

qu'elle m'a donnés. Un jour, elle me prit à part et s’attacha à me faire sentir combien il était important pour

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