LIVRE VI
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à tour sans interruption, Je vois aussi la nécessité de prier pour la persévérance des justes, pour l’augmentation de la gloire de Dieu, pour la sanctification des personnes qui lui sont consacrées, et, en particulier, pour ma chère communauté, laquelle devient depuis longtemps l’objet de ma grande sollicitude. Je sers aussi l’attrait de prier pour notre saint Père le pape et pour l’Église de Rome, afin qu’elle triomphe bientôt des ennemis qui l’assiégent. L'Église militante tout entière se présente à moi avec ses pauvres combattants, ses pécheurs, ses mourants, ses agonisants, ses justes, ses vierges, ses prêtres, ses prélats et son Pontife suprème; et en union avec Jésus, mon unique trésor, et avec son auguste Mère, je sens que mon âme s’exhale par une prière que rien ne peut interrompre, ni les travaux extérieurs, ni les rapports multipliés
avec res sœurs et les étrangers. Au contraire, tout ce :
que ’e vois chaque jour me confirme dans la pensée que mon cœur ne doit appartenir qu’à Dieu seul, En effet, n’est-ce pas une grande lecon pour nous que de voir l’activité des gens du monde pour plaire et pour faire fortune ? On n’épargne rien pour attirer les regards, et les nuits entières passées dans les assemblées du monde ne paraissent pas fatigantes dès qu’on a pu plaire à une pauvre et misérable créature. Hélas! que faisons-nous done, nous relirieuses, et que deviendrons-nous, si nous n'avons pas autant d'empressement pour plaire à Dieu et pour orner notre âme de vertus que ces mondains en ont pour parer leur corps périssable et pour se procurer des plaisirs vils et passagers? Cette vue me confond toujours. Je demeure alors tout abimée dans mon néant; je gémis de voir que la beauté suprême de mon Dieu est si peu connue, non-seulement des gens du monde, mais des personnes religieuses mêmes et de moi en particulier, qui ai si lougtemps cherché le repos dans les objets créés. Oh! oui, je voudrais avoir des larines de sang pour pleurer mon
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égarement et celui de tant d’âmes qui, quoique religieuses, s’occupent trop de ce qui se passe ici-bas, au lieu de remplir leur esprit de l’unique pensée de Dieu. C’est pour cela que, toute défiante de moi-même, je lève les yeux vers les montagnes pour voir d’où me viendra le secours (1), et je puis dire avec le Roi-Prophète qu’en effet fout mon secours vient du Seigneur, qui a fait le cielet la terre (2). Oui, je sens vivement, j'aime à le répéter encore, je sens que sans Jésus je ne puis que chanceler, tomber et périr. Tout me vient de lui : il est seul mon unique soutien et mon unique appui; il est plus la vie de mon âme que mon âme n’est la vie de mon corps ; car, sans mon âme, je n’aurais p'us, il est vrai, de vie corporelle, mais je ne cesserais pas de vivre en Dieu, au lieu que sans Jésus je serais morte entièrement à son amour. »
Parlant ensuite des dispositions de mort spirituelle que Dieu mettait en elle, elle ajoute : « Notre-Seigneur semble vouloir me faire participer au mystère de sa sépulture, et me presse de m’ensevelir à tout le créé pour y vivre dans l’oubli et le mépris, semblable à la petite chenille dans sa chrysalide. La nature me livre les plus rudes assauts, et, après un combat de cinq jours, je puis à peine prononcer mon fiat. Ce bon Maître m'a poursuivie sans trève ni relâche. Il m'a montré lundi dernier, après la sainte communion, un petit échantillon de son infinie sainteté, pour me faire voir combien ce qu’il exigeait de moi était juste. La vue des travaux qu’il me faut faire m'épouvante. Ce Dieu trois fois saint paraît exiger de moi une pureté si grande, que je me perds dans cette vue. » Cet écrit est daté du 5 juin 1861.
Ces derniers mots nous font enirevoir les desseins de sainteté que la Bonté divine allait bientôt accomplir en cette innocente et pure victime.
(1) Ps, cxx, 1. —- (2) Id, 2.
eu à pro long et si sain bonr laiss.
1e relibas, au le Dieu.
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» Cet écrit
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