‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 143 sur 162 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La sœur Conlombe entre dans l’esprit de victime. — Vertus admirables qu’elle fait paraître. — Elle soupire après le bonheur du ciel.

Dieu, qui devait tant se complaire dans l’oblation et limmolation de cette victime pure, l’avait revêtue par avance de son esprit de sacrifice, et lui avait même annoncé, par des lumières extraordinaires, le choix qu’il avait fait d’elle pour l’immoler à sa gloire. C’est la sœur Coulombe elle-même qui va nous raconter cette faveur divine. Elle écrivait done, le 143 iuin 4861, alors que sa santé commençait à souffrir de graves altérations : « Mardi dernier, avant la sainte coinmunion,

| Notre-Seigneur m'inspira le désir de prier pour la

sanctification de la communauté. Il me reprocha de | n’y avoir pas assez pensé jusqu’à présent. J’offris ma communion pour cela; et, pendant mon action de | grâces, je crus voir Notre-Seigneur jetant sur moi des regards d’une miséricorde infinie, qui me choisissait comme victime, malgré ma misère et mon néant. J'é- | tais dans l’étonnement et la confusion la plus pro- | fonde. Tout le long du jour je sentis que la grâce | continuait d'opérer en moi, jusque-là qu’oubliant de manger je ne pouvais faire autre chose qu’acquescer à cette vertu divine, qui m’absorbait tellement que je ne pouvais que prononcer ces deux mots : « O0 mon

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« Dieu ! Ô mon Dieu! » Puis je retombais de tout mon poids dans l’abime de mon néant et de ma bassesse. J’eus aussi une claire vue de ce qu’il me faudrait souffrir pour être ainsi victime. Le soir, comme j'avais veillé la nuit précédente, je pus rester au chœur environ une heure, et il me sembla que Notre-Seigneur confirma tout ce qu’il m’avait fait connaitre durant ia journée, et qu’il voulait se servir de cette pauvre fille pour eu faire une victime. Le mercredi, après la sainte communion, je fis mon entier sacrifice avec le secours de la grâce. Depuis ce temps, je suis parfaitement indifférente à tout et abandonnée à tous les desseins de Dieu. »

Le 23 juin suivant, elle indique, dans un long écrit, les vives lumières que Notre-Seigneur lui donnait sue les dispositions dont elle devait se revêtir en qualité de victime : « Ce matin, dit-elle, en m’éveillant, la première pensée qui est venue me frapper est celle de ne vivre et de ne respirer que pour Dieu seul. Depuis longtemps je demande à Notre-Seigneur de m’enseigner ce qui lui sera le plus agréable. J'aurais un si grand désir de lui plaire en tout, et je n’ai encore obtenu pour toute réponse que ces deux mots : é’anéantir et l’'abandonner. Puis elle se peint elle-même sans queson humilité s’en doute, en représentant comment doit vivre une âme vraiment anéantie et vraiment abandonnée.

Mais ce n’était pas seulement par ces vives lumières. que Notre-Seigneur la préparait à son office de victime; il lui envoyait aussi des épreuves pour la purifier de: plus en plus. Elle écrivait, sept jours après : « Notre- Seigneur semble vouloir me lancer de nouveau sur la grande mer des épreuves et des désolations intérieures. J’éprouve, sans en trop savoir la raison, une désolation, un isolement, un abandonnement si complet à l'intérieur que je pleure malgré moi. C’est une peine, un chagrin que je ne puis exprimer, et ce me semble.

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