‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 17 sur 162 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

leur âme s’amollir et s’étaient trouvées sans énergie pour accomplir leurs devoirs, avait suffi pour la confirmer dans sa détermination. Son amour pour la modestie et la pureté lui inspirait également un éloignement invincible du luxe, de ces modes et robes indécentes, que le démon de l’impureté invente et introduit dans le monde comme autant de piéges pour perdre les âmes. Elle s’interdit même toute sa vie les mises et les coiffures recherchées, sous lesquelles se cachent le plus souvent la vanité et l’envie de paraitre. « Par la grâce de Dieu , disait-elle un jour, je n’ai jamais porté de fleurs à mon chapeau, ni d’autres ornements superflus. Le bon Dieu m'a fait la grâce de demeurer toujours dans ma simplicité. » Telle était son amour pour cette dernière vertu, qu’elle se fût reproché de mettre trop de temps à sa toilette. C'était pour elle l'affaire de quelques instants, non pas qu’elle füt négligée, car elle fut toujours très-proprement vêtue. Tout était si bien dans son costume, que la critique la plus sévère n'aurait pu rien trouver à reprendre, soit pour la négligence, soit pour la recherche. Toutes ces précautions, que d’autres regardent comme superflues, Adèle les trouvait encore insuffisantes. Convaincue que l’école serait pour sa vertu une des sauvegardes les plus sûres, au lieu de la quitter après sa première communion, comme le font trop souvent bien des jeunes filles, elle la fréquenta avec plus d’assiduité que jamais. C’est ce que nous allons voir.

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