CHAPITRE II
Adèle devient un modèle d'application à l’école. — Ses progrès, — Son zèle pour le‘bien de ses petites compagnes.
Il n’est que trop ordinaire de voir les enfants qui ont communié se relâcher à l’école. Il n’en fut pas ainsi 2*
d’Adèle. Loin de se démentir, elle ne fit que redoubler d’ardeur après sa première communion. Voici ce que nous apprend, sur cette époque de sa vie, une de ses anciennes compagnes de classe. « Son assiduité était remarquable; jamais elle ne s’absentait, et, quand le moment de se rendre à l’école était venu, rien ne pouvait la retenir, ni le froid, ni la pluie, ni la neige. Quelque temps qu’il fit, elle partait aussitôt, afin de se trouver en classe à l'heure marquée, et ne rien perdre des leçons de ses maïtresses. Si parfois des raisons graves l’obligeaient à arriver trop tard, on voyait à sa figure qu’elle en était peinée. Elle ne manquait jamais alors de s’excuser. En allant à l’école, comme en revenant, c'était toujours ce même air modeste et recueilli qu’elle avait avant sa première communion. Elle marchait les yeux baissés, sans jamais regarder de côté et d'autre, ni s'arrêter à voir les curiosités. Si quelques compagnes voulaient la retenir et l’amuser à voir ce quiétait dans les magasins : « Non, non, disait- « elle doucement, nous n'avons pasletemps ; marchons « vite pour être rendues à l’heure. » Et ainsi elle passait son chemin sans faire attention à ce qui était autour d’elle. Ses entretiens alors étaient toujours édifiants, roulant le plus souvent sur des matières d'école ou de religion. Elle ne pouvait souffrir qu’on se moquât des autres, ni qu’on parlât mal de qui que ce soit. Sa tenue en classe n'était pas moins frappante. Travaillant toujours sous l’œil de Dieu, dont elle ne perdait jamais de vue la présence, elle ne parlait que quand elle était interrogée; alors elle se levait de si bonne grâce, s’exprimait avec tant de facilité, et en mème temps avec tant de modestie, que ses compagnes ne savaient ce qu’elles devaient le plus admirer, ou de la justesse de ses réponses, ou de sa profonde humilité. Du reste, aucune n’était surprise de ses succès, car toutes connaissaient son application au travail. Adèle, en effet, était avare de son temps à l’école encore plus
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